Le gouvernement passe l'éponge pour Michèle Alliot-Marie

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mam.jpgLa ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie, mise en cause pour des vacances en Tunisie et un cadeau d'un homme d'affaires jugé proche du régime Ben Ali, peut rester après avoir fait son mea culpa, a dit jeudi le porte-parole du gouvernement François Baroin.
L'opposition de gauche demande sa démission en raison des largesses accordées fin décembre par Aziz Miled, qui avait accordé son soutien à l'ancien président tunisien Zine ben Ali, chassé du pouvoir par la rue le mois dernier.

Sur France info, François Baroin, porte-parole du gouvernement, n'a pas défendu cette pratique mais a pris acte des explications de sa collègue sur France 2, mercredi soir.

"Michèle Alliot-Marie s'est expliquée, elle a même fait son mea culpa, elle a dit qu'elle ne le referait pas. Je crois honnêtement que c'est un ultra-épiphénomène au regard de la situation au Moyen-Orient qui nous préoccupe beaucoup plus", a-t-il dit.

"C'est un sujet qui est déjà derrière nous. Ça montre qu'elle n'est pas droit dans ses bottes, elle a fait un mea culpa, et voila, l'affaire est close", a-t-il ajouté, en référence à une déclaration du Premier ministre Alain Juppé en 1996 niant toute faute dans une affaire de logement.

La chef de la diplomatie française a également reçu le soutien mesuré de Nadine Morano, ministre chargé de l'Apprentissage et de la formation professionnelle.

"J'estime qu'elle n'a pas fait une faute", a dit cette dernière sur i>télé et Radio Classique. "En ce qui me concerne, je ne serais pas partie en Tunisie mais je ne suis pas ministre des Affaires Etrangères."

Michèle Alliot-Marie a passé ses vacances de fin d'année 2010 en Tunisie avec ses parents et son compagnon Patrick Ollier, autre membre du gouvernement, alors que les manifestations violemment réprimées avaient déjà commencé depuis le 17 décembre.

Le patron tunisien qui lui a prêté son avion pour un déplacement intérieur, Aziz Miled, avait exprimé son soutien au régime Ben Ali.

Michèle Alliot-Marie reconnaît ne pas avoir payé l'avion mais assure l'avoir fait pour son séjour.

VILLEPIN DENONCE "UNE ERREUR"

La ministre présente Aziz Miled comme une "victime" du régime Ben Ali, mais il est apparu qu'il a cosigné l'an passé une tribune appelant le président à se présenter à l'élection de 2014 et qu'il figure sur la liste des personnes dont la Suisse a gelé les avoirs après la fuite du président.

Le 11 janvier, de retour à Paris, Michèle Alliot-Marie a proposé à l'Assemblée nationale l'aide de la France au régime Ben Ali pour réprimer les manifestations. Le 12, des autorisations de livraison de grenades lacrymogènes ont été signées par son ministère et celui de François Baroin.

"Ce n'est pas du matériel de guerre, c'est du matériel de maintien de l'ordre. le processus était normal, il n'y a rien de choquant à cela", a dit François Baroin.

Sur LCI, l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius a jugé la diplomatie française affaiblie.

"L'addition d'une cécité vis-à-vis de ce qu'était le régime tunisien, d'une certaine complaisance plus une incompréhension de la politique moderne, ça donne ce résultat qui affaiblit énormément la diplomatie française.

Sur France inter, l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a condamné des relations "d'intimité ou de trop grande proximité".

"Je pense qu'il y a eu des erreurs qui ont été commises et il faut être capable d'en tirer les leçons", a-t-il dit.

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