Israël: fouilles sous la mer Morte

Sciences - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

mermorte5.gifJÉRUSALEM - En Israël, des chercheurs ont commencé à forer sous le lit de la mer Morte pour tenter de dénicher des trésors scientifiques ensevelis sous 500 000 ans de boue et de sédiments.

Les caractéristiques uniques de la mer Morte — qui, à 422 mètres sous le niveau de la mer, est l'endroit le plus bas de la planète — devraient permettre aux scientifiques de mettre à jour une sédimentation stratifiée distincte qui pourrait répondre à des questions dans des domaines aussi variés que la géologie et l'archéologie, en plus de jeter un nouvel éclairage sur les changements climatiques.

Les chercheurs affirment que la carotte qui sera extraite à 500 mètres sous le fond de la mer pourrait alimenter des années de recherches, chaque strate pouvant donner naissance à une nouvelle hypothèse.

«C'est comme lire un livre, a dit Ulrich Harms, un chercheur allemand qui dirige le Programme de forage continental international, un des principaux bailleurs de fonds du projet. C'est une archive parfaite des sécheresses et des inondations, des changements climatiques survenus sur une longue période.»

Le projet a été conçu par deux scientifiques israéliens qui croient qu'un forage sous le lit de la mer Morte pourrait permettre de découvrir des informations ratées par des opérations précédentes sur les berges.

Zvi Ben-Avraham et Mordechai Stein se sont adressés au programme allemand il y a une dizaine d'années, mais le début des travaux a été retardé en raison des affrontements en Israéliens et Palestiniens. Mais signe du réchauffement survenu entre les deux parties, des chercheurs palestiniens et jordaniens participent aujourd'hui au projet.

Seul le fleuve Jourdain se jette dans la mer Morte, et aucun cours d'eau ne s'en échappe. Cela veut dire que les sédiments qui s'y sont accumulés depuis des millions d'années sont essentiellement intacts. Cela permettra aux scientifiques d'examiner la carotte qui sera extraite et de déterminer quel climat prévalait à quel moment.

«Nous pourrons savoir si le temps était sec ou pluvieux il y 368 494 ans, ou s'il y a eu un tremblement de terre», a dit M. Ben-Avraham, qui mène des recherches sur la mer Morte depuis plus de 30 ans.

La boue a une couleur plus légère en temps de sécheresse et plus foncée lorsqu'il y a eu des inondations. Des sédiments mal alignés témoignent d'un séisme.

En plus des sismologues, les archéologues qui étudient les tremblements de terre bibliques pourront essayer de réconcilier leur ligne de temps avec celle suggérée par la mer Morte. Les anthropologues qui s'intéressent aux déplacements des premiers humains — dont plusieurs auraient traversé le bassin de la mer Morte — pourraient quant à eux obtenir de nouvelles données pour étayer leurs théories.

Le projet de 2,5 millions $ US, d'une durée de 40 jours, est mené par 40 scientifiques en collaboration avec des collègues provenant de six pays.

La carotte serait extraite en sections d'environ trois mètres. Ces sections seront expédiées vers l'université de Bremen, en Allemagne, où elles seront congelées et préparées pour être étudiées.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi