Libres, après plus de deux mois de prison souterraine

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carte-chili.gifLa délivrance au bout de 69 jours: un par un, les mineurs bloqués depuis plus de deux mois sous terre au Chili ont commencé à quitter la cavité où ils étaient retenus prisonniers, grâce à une nacelle de secours leur permettant de regagner la surface. Mercredi, au bout d'une douzaine d'heures d'opération, 17 des 33 hommes avaient été extraits de la mine de San José, dans le désert d'Atacama.

Accueillis par leurs proches, acclamés par toute une population qui a suivi leur incroyable épreuve, leur retour à l'air libre s'est déroulé devant les caméras du monde entier.

L'inquiétude qui a accompagné les derniers jours des préparatifs de ce sauvetage a pris fin mercredi, à 0h11 locale, lorsque le plus solide des mineurs, Florencio Avalos, 31 ans, numéro deux de l'équipe, 31 ans, a émergé de la nacelle en forme de missile, coiffé d'un casque de chantier et portant des lunettes de soleil pour protéger ses yeux. Il a adressé un large sourire après avoir remonté le puits de secours sur une longueur de plus de 620 mètres.

Parmi les 17 hommes à être déjà sortis mercredi en fin de journée se trouvaient le plus âgé et le plus jeune des mineurs. Les opérations de sauvetage, méthodiques, se déroulaient sans rencontrer de problèmes significatifs et semblaient en voie de prendre fin dans la nuit.

Sous un tonnerre d'applaudissements, Florencio Avalos a serré dans ses bras son fils de sept ans et son épouse, puis le président Sebastian Piñera, profondément impliqué dans une mission devenue une affaire de fierté nationale.

Il a été suivi une heure plus tard par le plus exubérant du groupe, Mario Sepulveda, dont les cris sont parvenus aux sauveteurs bien avant l'arrivée de la nacelle à la surface. L'homme âgé de 40 ans a étreint sa femme et offert des pierres venues du fond en guise de souvenir à des secouristes hilares.

"J'ai eu une chance extraordinaire", a-t-il lancé alors qu'il attendait l'arrivée d'un hélicoptère de l'armée qui devait l'évacuer vers l'hôpital de Copiapo, où tous les mineurs doivent rester 48 heures sous observation médicale. "J'étais avec Dieu et le diable. Et j'ai tendu la main vers Dieu".

Personne, depuis que des documents écrit existent, n'a survécu sous terre aussi longtemps que ces 33 hommes. Pendant les 17 premiers jours, après l'effondrement de 700.000 tonnes de roches autour d'eux le 5 août, nul ne savait même qu'ils étaient en vie. Et, dans les semaines qui ont suivi, la planète entière a été stupéfiée par leur endurance, la solidarité et l'unité qui prévalaient au sein du groupe.

Après l'arrivée en surface des huit premiers mineurs, le ministre de la Santé Jaime Manalich a expliqué que tous étaient en bonne santé, et qu'aucun n'exigeait de traitement spécial, pas même l'un d'entre eux, souffrant de diabète. Masques à oxygène et lunettes de soleil leur ont été fournies pour leur remontée, suivie par une caméra vidéo.

Au bout de plus de deux mois d'attente et d'angoisse, le Chili a donc laissé éclater sa joie et son soulagement après le succès de la première opération de secours.

A Copiapo, d'où sont originaires 24 des mineurs, le maire d'une ville en fête avait donné quartier libre aux élèves afin que parents et enfants puissent suivre le sauvetage "dans la chaleur du foyer".

De l'Amérique du Nord au Moyen-Orient en passant par l'Europe, des chaînes d'information ont suivi l'événement en direct. Le pape Benoît XVI a déclaré en espagnol qu'il continuait avec espoir à confier le sort des mineurs à la "bonté divine".

Press TV, chaîne d'Etat iranienne en langue anglaise, a elle aussi suivi l'opération en direct. Jusqu'à ce que le début de la première visite d'Etat au Liban du président Mahmoud Ahmadinejad vienne lui voler la vedette.

Le président des Etats-Unis Barack Obama a rendu hommage aux sauveteurs, dont une équipe d'Américains, tandis que son homologue français Nicolas Sarkozy, qui doit accueillir le président Piñera à Paris la semaine prochaine, saluait le "succès" de l'opération et le "courage exceptionnel", et la "grande dignité" des mineurs.

Après la remontée du cinquième mineur -Jimmy Sanchez, 19 ans, le plus jeune, père d'un bébé-, les sauveteurs ont fait une pause pour lubrifier les roues de la nacelle, puis ont repris l'opération.

Le neuvième à revoir la lumière du jour, Mario Gomez, 63 ans, le plus âgé du groupe, est tombé à genoux en prière, empoignant le drapeau chilien, avant d'être relevé par son épouse.

Souffrant de silicose après avoir commencé à travailler dans une mine à 12 ans, soumis à un traitement médical, il est sorti avec un masque à oxygène spécial, selon M. Manalich.

Seul étranger parmi les 33, le Bolivien Carlos Manami a ensuite reçu la visite à l'hôpital du président Piñera et de son homologue bolivien Evo Morales.

Le dernier mineur qui devait quitter la cavité est Luiz Urzua, dont l'autorité et le tempérament de meneur auront permis aux hommes d'endurer plus de 15 jours d'attente sans le moindre contact avec l'extérieur, avant que les sauveteurs ne leur fassent parvenir par un puits étroit des vivres supplémentaires et des informations du monde d'en haut.

Aux couleurs du drapeau national, la nacelle de secours avait été baptisée Phénix, évocation de l'oiseau mythique qui renaît de ses cendres et symbole du retour à la vie pour les emmurés de l'Atacama.

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