Ahmadinejad cette semaine au Liban, à la frontière avec Israël

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carte-liban.gifMahmoud Ahmadinejad se rend mercredi au Liban, où il visitera notamment le fief de son allié le Hezbollah, en lisière de la frontière israélienne, illustrant l'emprise croissante de l'Iran au pays du Cèdre, source de souci pour les pays occidentaux et leurs alliés locaux.

Ceux-ci, qui sont majoritaires au parlement mais cohabitent avec des représentants politiques du mouvement armé chiite au sein d'un gouvernement d'unité nationale, se plaignent que le très anti-sioniste Ahmadinejad considère leur petit pays comme "une base iranienne en Méditerranée".

Le président iranien recevra un accueil chaleureux de la part des membres du Hezbollah et de leurs alliés de la milice chiite Amal, dirigée par l'influent président de la Chambre des députés, Nabih Berri, invités à se masser le long du parcours entre l'aéroport et Beyrouth en brandissant des drapeaux des deux pays et des portraits d'Ahmadinejad.

Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, a estimé que le Liban se devait de rendre hommage à l'Iran qui, bienfaiteur aussi du mouvement palestinien Hamas, pour son soutien aux "mouvements de résistance de la région", et notamment lors de l'offensive israélienne contre les combattants chiites libanais à l'été 2006 au Sud-Liban.

Lors d'un discours prononcé samedi, Nasrallah a rappelé que, au lendemain de ce conflit bref mais intense qui n'a pas permis à Israël de briser les reins du Hezbollah, l'Iran avait contribué grandement à la reconstruction de la région et des faubourgs sud de Beyrouth, les deux bastions du Hezbollah.

"D'où est venu cet argent ? De donations ? Non, pour être franc, de l'Iran", a-t-il dit. Le Hezbollah chiffre cette aide à un milliard de dollars. Les experts occidentaux pensent que l'Iran aurait aussi réarmé un mouvement qualifié de terroriste qui admet disposer de plus de 30.000 roquettes et missiles.

AHMADINEJAD À UN MEETING À BEYROUTH-SUD

Mais l'influence iranienne au Liban ne s'arrête pas là. Téhéran a proposé d'aider le pays à moderniser son réseau électrique vétuste, de financer des projets hydrauliques et de compenser les armes américaines dont la fourniture est suspendue par les objections d'ordre politique du Congrès américain.

Le président iranien devrait signer un accord de prêt d'un montant de 450 millions de dollars pour ces projets de nature civile ainsi qu'un accord de coopération dans le domaine de l'énergie alors que le Liban s'apprête à attribuer en 2011 des licences d'exploration dans ses eaux méditerranéennes.

En août dernier, la République islamiste avait offert de dépêcher des troupes en soutien à l'armée libanaise à la suite d'un incident frontalier meurtrier entre le Liban et Israël, incitant les parlementaires américains à suspendre l'aide financière à cette dernière.

De source diplomatique, on souligne que toute fourniture d'armes iraniennes au Liban se ferait en violation des sanctions internationales infligées à l'Iran au titre de ses activités nucléaires sensibles, que les Occidentaux jugent susceptibles de déboucher sur la fabrication de l'arme atomique.

Lors de sa visite, dont les Etats-Unis on dit craindre qu'elle ne sape la souveraineté du Liban, le président Ahmadinejad doit prendre la parole à un meeting organisé dans la banlieue sud de Beyrouth par le Hezbollah, dont le chef compte aussi intervenir.

On ignore si celui-ci, qui vit dans la clandestinité depuis 2006, sera physiquement présent où s'il s'adressera à la foule par le truchement d'une liaison vidéo, comme il en a maintenant pris l'habitude de crainte qu'Israël ne mette à exécution sa menace de le liquider.

LE PRÉSIDENT IRANIEN À LA FRONTIÈRE D'ISRAËL

Son déplacement au Sud-Liban, terre chiite où patrouillent les casques bleus de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), se fera à titre privé, au terme de la partie officielle de sa visite à Beyrouth.

Mahmoud Ahmadinejad, qui, à plusieurs reprises, a prédit qu'Israël serait un jour "rayé de la carte", doit se rendre dans les localités de Kana et Bint Jbeïl, laquelle, située à quatre kilomètres seulement de la frontière israélienne, avait été sévèrement bombardée par Tsahal lors du conflit de l'été 2006.

Ahmadinejad a affirmé le mois dernier que toute attaque d'Israël contre l'Iran conduirait à sa disparition en tant qu'entité politique. Israël, pour sa part, redoute par-dessus tout que l'Iran se dote de l'arme atomique et n'exclut pas une "frappe préventive", bien que Washington y soit hostile.

Durant la partie officielle de sa visite, le président iranien sera reçu par le président Michel Souleïmane, Nabih Berri et le Premier ministre sunnite Saad Hariri, fils de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, assassiné sur le front de mer de Beyrouth en février 2005.

La visite d'Ahmadinejad intervient dans un contexte de tension interne au Liban dû à la possible mise en cause de membres du Hezbollah par le tribunal spécial mis sur pied par l'Onu pour juger les auteurs ou commanditaires de l'attentat au camion piégé qui a coûté la vie à Rafic Hariri et à 22 autres personnes.

Le Hezbollah a présenté le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) comme un instrument entre les mains d'Israël mais Saad Hariri a refusé à ses partenaires minoritaires gouvernementaux de dénoncer les investigations qu'il mène pour faire la lumière sur la disparition de son père.

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