Israël: le président Katzav refuse de démissionner malgré les pressions

Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
    Israël: le président Katzav refuse de démissionner malgré les pressions

Le président israélien Moshé Katzav, soupçonné de viols et de harcèlements sexuels, a refusé dimanche soir, dans l'immédiat, de se démettre provisoirement de ses fonctions comme lui suggère de le faire le procureur général.

"Je suis victime d'une basse campagne de calomnie et il ne faut pas laisser un lynchage médiatique porter atteinte à l'enquête en cours. J'ai l'intention de me battre jusqu'au bout pour prouver mon innocence", a annoncé Moshé Katzav dans un communiqué. Le président a souligné qu'il n'avait pas l'intention de démissionner "à ce stade, ajoutant qu'il voulait "attendre la décision" du conseiller juridique du gouvernement Menahem Mazouz, qui fait également office de procureur général. M. Mazouz, qui doit décider de l'éventuelle inculpation du président, lui a demandé dimanche de se démettre provisoirement de ses fonctions. "Etant donné la position particulière du président de l'Etat qui symbolise la souveraineté et l'Etat, il serait judicieux que le président prononce son auto-suspension", a estimé Menahem Mazouz.
 
Ce retrait provisoire serait "le reflet de ce qu'attend l'opinion de l'institution de la présidence de l'Etat et de la confiance qu'il lui porte", a-t-il poursuivi. "La Knesset (parlement) étant seule habilitée à prononcer la fin du mandat du président de l'Etat, elle devrait envisager d'utiliser ses prérogatives en fonction de la voie que le président aura choisie", avait également indiqué le procureur. La procédure de destitution prévoit la réunion d'une commission spéciale de 20 députés du parlement pour un débat en présence du président ou de son représentant. Si 75% des membres de cette commission spéciale se prononcent pour la destitution, cette mesure doit ensuite être approuvée en plénière par 90 des 120 députés de la Chambre.
 
L'avis de M. Mazouz fait suite à un arrêt de la Cour suprême du 22 octobre. Elle avait donné une semaine à M. Mazouz pour expliquer pourquoi le président Katzav n'avait pas présenté sa démission ou une suspension de ses fonctions. Cet arrêt a aussi exigé de M. Katzav qu'il réponde à ces questions dans le même délai imparti, mais son bureau n'a pas été en mesure d'indiquer dimanche comment ce dernier entendait réagir. Au terme d'une enquête de trois mois, la police israélienne avait recommandé à M. Mazouz d'engager des poursuites contre M. Katzav, notamment pour viol et harcèlement sexuel.
 
Depuis lors, M. Katzav s'efforce d'assumer ses fonctions comme si de rien n'était. Pourtant, selon un récent sondage, 52% de ses compatriotes pensent qu'il a commis un viol, contre 23% pensant le contraire, et 25% sans opinion. S'il est inculpé par M. Mazouz, M. Katzav risque de 3 à 16 ans de prison ferme. Selon la loi, les poursuites qu'il encourt ne devraient être engagées qu'après sa démission ou sa destitution afin de ne pas entacher la fonction présidentielle. Plusieurs ministres, notamment Tzipi Livni (Affaires étrangères) et Youli Tamir (Education) ont publiquement appelé à sa démission. Le président israélien est élu pour un mandat de sept ans par la majorité des 120 députés de la Knesset, et le mandat de M. Katzav s'achève normalement en juillet 2007. Avant même l'inculpation attendue de M. Katzav, une course à sa succession a commencé pour ce poste essentiellement représentatif et honorifique.
Les médias israéliens ont évoqué de nombreux rivaux potentiels, dont les plus en vue sont le vice-Premier ministre Shimon Peres, le député du Likoud (droite) Réuven Rivlin, l'ex-Grand rabbin d'Israël Meir Lau, ou la députée travailliste Colette Avital.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi