Romancière juive : Annick Walachniewicz nuances et biais dans la fidélité à la Shoah

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Annick Walachniewicz nuances et biais dans la fidélité à la Shoah

Annick Walachniewicz : nuances et biais dans la fidélité à la Shoah

La romancière juive belge Annick Walachniewicz est une des  premières à insister  l’aspect « Shoah Business » qui ne peut que faire mal à ceux qui l’ont vécue comme à leurs familles et descendants. Elle met en évidence le traumatisme qu’ont vécu les enfants des survivants de la Shoah. Avec son « Il ne portait pas de chandail » et à travers sa narratrice l’auteure montre comment le silence des « revenants » est complexe.

D’une part parce qu’une telle expérience reste intransmissible et d’autre par les survivants voulaient épargner à leurs enfants et petits enfants ce poids quitte à inventer des mensonges de préservation (« La petite n’a pas besoin de savoir ça »). Mais chacun sait  qu’un tel silence est source de bien des troubles (parfois moraux, parfois physiques)  Et il arrive que les enfants des déportés deviennent aux aussi des enfants du silence.

Les secrets finissent  néanmoins à se dire mais de manière parfois plus ou moins « coupables » ce qui est un comble. Mais pour  la narratrice du livre le passage par l’écriture entraîne la guérison. Mais le chemin a été long.  La démarche est complexe, multiple et se déplace de l’histoire d’une génération à une autre. Mais certains retours sont de véritables traumas : une femme qui entre dans le musée d’Auschwitz et découvre comme première image la valise de morts qui portaient son propre nom ne peut rester indemne.

Annick Walachniewicz montre comment la manière de trouver sa propre place est soumise à divers mouvements entre le silence de l’après-guerre et une clarification qui parfois brouille les pistes. La créatrice possède l’astuce d’appuyer ses démonstrations sur une fiction où tradition n’est pas absente. Et ce afin de ne pas  brouiller les cartes tant il n’est pas facile de rameuter l’expérience de la monstruosité tout comme la taire revient à  étouffer des vies au nom de la « légitimité » d’un non savoir sur ce qui s’était passé.

Annick Walachniewicz « Il ne portait pas de chandail », L’Arbre à Paroles, Amay (Belgique), 2018.

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