Histoire du monde: Lara Fabian, artiste trop engagée?

Femmes de paroles - le - par .
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lara-fabian-toutlesfemmes2009.JPGArticle paru dans "Rtbf.be"

On parle du Liban et d'un vif débat concernant la chanteuse belge Lara Fabian. Sous la pression, elle a annoncé l'annulation de deux concerts. Certains libanais voient en elle une artiste trop engagée en faveur d'Israël. D'autres estiment qu'elle est un symbole d'un 'terrorisme intellectuel' qui régnerait au pays du cèdre. Les explications de Robin Cornet.

"Je ne chanterai pas sous les menaces, je marche avec la haine mais avec la tolérance", écrit Lara Fabian sur Facebook, renonçant à deux concerts prévus pour la St Valentin près de Beyrouth. Une décision que l'artiste serait cependant en train de reconsidérer. Pour l'heure, les affiches n'ont pas été retirées de la façade du Casino du Liban. Les autorités ne se sont en tout cas pas opposées à sa venue.   

      Depuis deux semaines, Lara Fabian alimente les débats dans la presse libanaise. Elle est la dernière cible d'une organisation qui fait campagne pour le boycott des "partisans d'Israël". Des activistes qui ont déjà obtenu l'annulation de spectacles d'artistes comme Gad Elmaleh ou Patrick Bruel. Ils reprochent à Lara Fabian une série de choses, dont un duo chanté en hébreux avec une vedette israélienne lors de célébrations à Paris pour les 60 ans de la création de l'Etat d'Israël. Son management soutien qu'elle n'a jamais pris de positions politiques mais ses détracteurs affirment qu'elle n'a jamais affiché un tel soutien pour les palestiniens.

      Dans le journal Al Akhbar, des éditos défendent le boycott comme un mode d'activisme pacifique. "Cela a montré son efficacité dans les années 80 dans la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud". D'autres journaux appellent à respecter la liberté d'expression de la chanteuse et s'inquiètent pour les droits des artistes au Liban. "Ces boycotts n'affectent pas Israel mais le Liban, sa scène culturelle et sa réputation dans le monde", écrit L'Orient Le Jour. Le quotidien rappelle qu'il y a un an et demi, le groupe de rock Placebo, à qui il était reproché d'avoir joué à Tel Aviv au lendemain de l'attaque contre la flotille pour Gaza, avait bénéficié d'une protection policière renforcée et qu'il avait pu éviter l'annulation de son concert. L'état aujourd'hui semble absent, juge le journal.

"Que le gouvernement prenne ses responsabilités", dit le député Samy Gemayel qui réclame une position claire des autorités. "Des films sont interdits, on parle même d'interdire la venue de joueurs de basket. Nous nous isolons", affirme-t-il. Dernièrement, le film Tintin est sorti sur les écrans libanais mais le nom de Steven Spielberg avait été supprimé des affiches. Et dans les écoles de la capitale, on a même fait enlever des extraits du journal d'Anne Franck repris dans des manuels scolaires.

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