Paracha de la semaine :VAYETSE Le rêve de Jacob

Judaïsme - le - par .
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le rêve de Jacob paracha de la semaine

VAYETSE Le rêve de Jacob

Le début de la sidra vayétzé nous raconte l'un des épisodes les plus connus de la vie du patriarche Jacob. "Jacob quitta Beér-Chéva et se dirigea vers 'Haran. Il arriva en un lieu où il passa la nuit, car le soleil s'était couché... Il eut un songe. Une échelle était solidement dressée sur terre et son sommet touchait au Ciel. Et voici des anges de D.ieu qui montaient et descendaient sur cette échelle".

Le rêve de Jacob est célèbre . Il a été interprété, commenté, paraphrasé de toutes les manières, dans tous les genres. On ressent une certaine pudeur à récidiver...

Qu'il soit permis de relire notre texte, en toute simplicité dans l'atmosphère du fugitif qui brutalement se trouve déraciné, projeté sur la route de l'exil que ces descendants sont contraints de prendre, dans tous les siècles, de tous les pays, dans la rigueur implacable d'un destin déroutant. Son coeur est lourd. Sa conscience sans doute, un peu troublée. La convention avec Esaü sur le droit d'aînesse, l'insisitance de la mère poussée par une préscience qui rend toute résistance vaine, pèsent sur son âme simple et pure.

Il marche, perdu dans ses réflexions amères. la nuit le surprend quand il tombe sur un endroit qui dans le texte est désigné comme une halte déterminée, une station prévue. Il passe la nuit à cet endroit est fait un rêve extraordinaire.

Le symbolisme puissant de ce rêve a donné lieu à de multiples interprétations. Chacun évidemment contient une parcelle de vériité. L'échelle représente pour beaucoup la vie humaine. A chaque homme échoit d'en gravir une marche après l'autre et de s'approcher ainsi par petites étapes de la perfection divine. A première vue, notre image pourrait faire croire que l'on peut atteindre les sphères supérieures de l'esprit en se détachant lentement de la base, c'est-à-dire de la vie matérielle. Sur le plan strictement individuel cela peut-être à la rigueur une solution possible. Sur le plan collectif par contre, il nous semble que cette méthode aboutisse finalement à un échec.

Pour un Juif convaincu la vie et le judaïsme se confondent. Chacune de ses démarches doit être conforme à l'enseignement de la Torah. Nous ne pouvons pas simplement passer sous silence qu'il est dit de l'échelle de Jacob qu'elle était "moutsav artsa", solidement plantée sur terre. De plus, les anges ne l'empruntaient pas uniquement pour monter au ciel, mais aussi pour en descendre. On ne pouvait, pensons-nous, mettre en relief de façon plus éloquente, le souci constant du Judaïsme de ne pas couper les aspirations spirituelles de l'homme de sa situation inéluctablement terrestre. Le judaïsme, au sens réel du terme, veut être un pont entre le ciel et la terre, entre D.ieu et les hommes.

La suite du récit semble bien confirmer notre interprétation du songe de Jacob. Le patriarche appelle l'endroit où D.ieu s'est révélé à lui Beth El, maison de D.ieu. Cette expression seule suffit à souligner sa nostalgie de se retrouver à la fois dans une communauté humaine (l'idée de maison) et divine (l'idée de D.ieu).

De la même façon s'éclaire le coeur de Jacob dont l'énoncé indispose à première lecture"Si D.ieu est avec moi et me garde sur la route que j'emprunte, s'Il me donne du pain à manger et des vêtements pour me couvrir et si je retourne en paix à la maison de mon père, alors l'Eternel sera mon D.ieu".

Ces conditions matérielles que Jacob pose à D.ieu ont de quoi surprendre, car on se soumet inconditionnellement à Lui. Souvenons-nous, pourtant de l'exemple d'Abraham qui avait osé plaiser courageusement le salut de Sodome et de Gomorrhe pour faire éclater aux yeux de tout le monde le principe d'une justice immuable. Jacob, son petit-fils, emploie peut-être le même langage pour rappeler une vérité non moins importante, à savoir que la misère économique et sociale éloigne l'homme de son Créateur.

Sur une terre aussi riche que la nôtre, elle est réellement un blasphème. A nous d'y remédier.

Reconsidérons l'échelle de Jacob. Si nous en scions la base terrestre, elle d'abat. Si nous en scions les sommets célestes, elle tombe. Si nous la coupons en deux, elle s'écroule. Car dans le Judaïsme, l'action sociale , la prière et l'étude forment les éléments inséparables d'une seule entité qui est toute entière liturgie

L'échelle du songe de Jacob symbolisait donc la relation particulière de D.ieu avec l'homme, dans notre cas particulier l'ancêtre Jacob, ou, brisant les limites du temps et de l'espace, elle préfigure l'histoire des descendants de Jacob

Claude Layani

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