Le foie gras serait-il cacher malgré l'estampille du Beth-Din ? la réponse est non.

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Photo hiver 2010 519.jpgVoici un article qui tombe à point en cette période festive !

Le foie gras n'est pas cacher même avec l'estampille du Beth-Din la raison en est simple et évidente sauf pour ceux qui sont suffisamment cynique pour essayer d'attester du contraire.

En effet, un animal cacher veut dire propre à la consommation à savoir que l'animal doit d'abord faire partie de la catégorie des animaux permis dit purs, tués suivant le rituel religieux, et ne présentait aucune maladie, ni même souffrance.

Un foie gras est un foie malade, l'animal à souffert , son foie de 70 grammes se verra passer à prés de 700 grammes par la méthode d'un gavage digne de la pire des tortures.

On peut ignorer la souffrance de l'animal mais dans ce cas la consommation du foie gras est une aberration de l'interprétation de la cacherout et de la Thora dans son ensemble.

Voici un article qui vous expliquera pourquoi le foie gras ne répond pas aux critères de la cacheroute malgré le fait qu'il soit considéré cacher par le Beth-Din du Rabbin Yeshaya Dalsace

Claudine Douillet

Un Juif kasher digne de ce nom devrait éviter de manger de ce produit, même lorsqu’il est estampillé par le Beit Din et servi sous « surveillance rabbinique ».

La raison est très simple : pour fabriquer du foie gras, on gave les oies et les canards en leur introduisant un tube dans la bouche, ce qui non seulement les fait souffrir, mais les blesse également à la gorge.

On les force à ingurgiter une nourriture qu’ils ne veulent pas. On rend ainsi leur foie malade et c’est cette maladie qui en fait toute la saveur culinaire !

Dans cette pratique il y a quelque chose de profondément vicieux et cynique à la fois ! Personne ne devrait donner la main à une telle barbarie.

Du point de vue purement halakhique, cela relève de deux interdits principaux : celui de faire souffrir un animal et celui de consommer d’un animal malade (trefa).

La question de la souffrance est évidente, il suffit de voir les méthodes de gavage pour s’en rendre compte.

La question de la maladie est plus complexe, car on peut discuter des symptômes. Non seulement le foie est malade et une oie dans la nature ne présente pas de tels symptômes mais engraisse, sans développer de pathologie. Mais le gavage provoque en général une déchirure de la paroi interne de la gorge et en tout cas de fortes irritations, ce qui rend l’animal trefa, comme c’est indiqué dans le Talmud H’oulin 42a.

Nombreux furent les rabbins à s’élever contre la consommation de foie gras pur cause de trefa :
Le Kitsour Shoulkhan Aroukh (46.29) du rabbin Shlomo Dantzig (Hongrie 19e siècle) et plusieurs autres autorités rabbiniques mettent en doute la kashrout des oies gavées.

Le Taz (rabbi David Halévy, Pologne 17e siècle) recommande de s’abstenir de consommer des oies gavées (voir signet 18 sur Rama YD 33.9) ; Divrei H’aim 2.39 (rabbi Halberstam 19e siècle en Galicie) recommande également aux « craignant Dieu » de s’en abstenir et signale que dans sa communauté on ne gave pas les oies.

C’est à cause du risque de trefa que d’après Shevet Halevy 9.153, le Hazon Ish s’y opposait en Israël, même si des autorités précédentes l’acceptaient en Europe. Il faut bien comprendre ici la force de l’habitude qui faisait qu’en Europe de l’Est la consommation d’oie était régulière et qu’on ne faisait donc pas trop attention à l’état de leur gorge.

Le Rav Ovadia Yossef (Israël 20-21e siècle) en particulier (YO 9.3).
Le rabbin Shlomo Amar (Israël 20-21e siècle - Shema Shlomo YD 4.1) considère qu’un Beit Din ne doit pas donner son consentement au foie gras (à cause de trefa) car il existe toujours un doute.

Il faut ajouter que la gorge déchirée n’est pas seule en cause et que l’état du foie en fin de gavage est tel que l’oie ne peut plus vivre, elle respire avec difficulté, ne peut plus bouger, ni même se nourrir seule ! Elle est donc au seuil de la mort, donc trefa, du fait de sa maladie.

Mais l’interdit de faire souffrir un animal est moralement beaucoup plus grave et remet en cause tout le processus de gavage. L’animal souffre aussi bien physiquement que psychiquement, il est soumis à une pression constante et sa fin de vie est immonde.

Le rabbin David Rosen (ex Grand rabbin d’Irlande) est particulièrement clair : « Ce devrait être évident pour tout observateur objectif que le pâté de foie gras est complètement Treif ! Je ne vois pas comment un être humain décent peut justifier de manger du foie gras, et je ne vois pas comment tout Juif décent peut le justifier par des raisons halakhiques », ajoute le même rabbin Rosen.

En 2003, la Cour Suprême israélienne (juridiction laïque) a interdit le gavage des oies tel que pratiqué classiquement avec un tube. La Cour a déclaré que la Knesset pourrait permettre la production de foie gras à la condition que le ministère de l’Agriculture soit en mesure d’émettre des règlements qui « garantiraient l’utilisation de moyens aptes à réduire considérablement les souffrances causées aux oies. »

Israël était alors un des principaux producteurs mondiaux de foie gras, la décision de la Cour Suprême d’Israël est donc d’une grande incidence et d’une grande force symbolique et représente même une première juridique mondiale.
Voici un extrait du verdict du juge Rivlin :
« Quant à moi, il n’y a aucun doute dans mon cœur que les créatures sauvages, comme les animaux, ont des émotions. Ils ont été doués d’une âme sensible et ressentent des émotions telles que la joie et la tristesse, le bonheur et le chagrin, l’affection et la peur. Certains d’entre eux nourrissent des sentiments affectifs particuliers envers leur ami-ennemi : l’homme.

Personne ne nie que ces créatures sentent également la douleur qui leur est infligée par un préjudice physique ou une intrusion violente dans leur corps. La seule justification du gavage artificiel est la nécessité de conserver une source de subsistance pour les agriculteurs et d’améliorer le plaisir gastronomique des consommateurs ... Mais cela a un prix - et ce prix est de réduire la dignité de l’homme lui-même. »

L’affaire suivit son cours, la Knesset vota en 2005 une loi interdisant le gavage malgré une forte pression du secteur agricole. En 2006 la Cour Suprême exigea de la Knesset une mise en application de la loi non respectée par les éleveurs. Le gavage a quasiment disparu d’Israël pourtant grand producteur de foie gras il y a peu.

Le fait qu’il n’est pas rare de trouver du foie gras lors de réceptions kasher, notamment en France, montre la difficulté pratique à faire respecter toutes les règles de la kashrout face aux enjeux économiques qu’un tel marché représente et la faiblesse de la position rabbinique sur ce sujet.

Mais ce n’est pas parce que les rabbins chargés de la kashrout au Beit Din sont plus scrupuleux sur la question de savoir qui a touché une bouteille de vin ouverte plutôt que sur la question autrement plus essentielle de savoir comment est élevé un animal, qu’ils ont raison !

Il me semble donc évident, qu’il faut éviter de consommer du foie gras quand bien même celui –ci serait servi sous autorité rabbinique et estampillé kasher.
Le fait même que ce met soit délicieux, (je suis le premier à adorer cela), ne rend que plus méritoire le fait de s’en abstenir.

On peut donc à ce propos utiliser la forme classique affirmant que « le rigoriste amènera sur lui-même une bénédiction » « המחמיר תבא עליו ברכה ».
Rabbin Yeshaya Dalsace

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