La paracha de la semaine: Bo ; Le sacrifice de l'agneau pascal.

Judaïsme, Paracha de la semaine - le - par .
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Trois plaies vont encore s'abattre sur l'Egypte avant que le Pharaon ne se résigne à se plier à la volonté divine: les sauterelles, les ténèbres et la mort des premiers-nés. C'est en annonçant cette dernière plaie que D.ieu transmet à Moïse les consignes pour les préparatifs ultimes du départ. Et dans la nuit du 15 Nissan, les masses juives s'ébranlèrent, dans un silence de mort, en direction de la Mer Rouge.

L'ordre de consommer avant le départ, en famille, un agneau dont le sang aura servi à marquer le seuil de chaque maison d'Israël, est significatif à bien des égards. Tuer un agneau, animal sacré de l'Egypte, constituait une véritable provocation: ne risquait-on de voir se déclencher un massacre général de tous les auteurs de cette provocation, d'autant plus faciles à identifier que leur maison portait l'empreinte du sang de la "divinité" égorgée ? Le Midrach décrit longuement les réactions observées tant parmi les Hébreux que parmi les Egyptiens à la suite du commandement de l'agneau pascal. Lorsque les Egyptiens virent leurs dieux sur le point d'être sacrifiés, ils pleurèrent, car ce spectacle était plus dur à supporter que toutes les plaies. Mais ils n'osèrent pas faire du mal aux juifs. Ces événements eurent lieu un chabbat d'après la tradition. C'est le chabbat Hagadol, le chabbat qui précède Pessah au cours duquel les Bené Israël traînèrent ouvertement les dieux égyptiens dans leurs maisons pour les égorger sans que les Egyptiens ne protestent Celui-ci fut pour les uns et les autres un test décisif, et permit de départager ceux qui craignaient D.ieu. Si le premier camp fut dans l'ensemble celui des Egyptiens, il se trouva néanmoins certains Hébreux, toujours selon le Midrach, qui n'osèrent pas égorger l'agneau, par crainte des Egyptiens. A l'inverse, sur certaines maisons égyptiennes, on put observer la marque du sang de l'agneau.

L'ange de la mort épargna toutes maisons qui portaient le signe de la crainte de D.ieu, et c'est ainsi que fut constitué le peuple d'Israël, communauté de tous ceux, quelle que soit leur naissance, qui avaient réagi positivement au test de l'agneau. Tandis que les Hébreux qui craignaient Pharaon restèrent en Egypte, pleurant la mort de leurs premiers-nés.

Aujourd'hui comme dans le passé, la Communauté d'Israël est constituée par des hommes courageux qui veulent être dignes de participer au destin juif. Au contraire, ceux qui croient pouvoir cacher leur condition et leur identité, sont promis au sort des autres peuples et disparaîtront dans la masse .

Dans cette sidra Bo, si riche en événements fondamentaux, s'achève en quelque sorte le séjour des Enfants d'Israël en Egypte. Ainsi commence la grande aventure du peuple hébreu. Plus exactement, maintenant naît le peuple d'Israël. Jusqu'alors les enfants d'Abraham, d'Isaac, de Jacob formaient une famille, une tribu, puis une minorité persécutée.

Au moment où cette minorité se résout non plus seulement à lutter passivement, malgré le courage des uns et des autres, elle agira de manière unanime dans un geste de révolte envers l'oppresseur et d'obéissance à D.ieu, le libérateur C'est un peuple qui se forme , c'est un peuple qui naît. Il est essentiel de constater que lors de sa naissance, le peuple hébreu a précisément été confronté à la première intrusion de D.ieu dans l'histoire des peuples, que c'est de cette intervention que le peuple auquel nous appartenons s'est constitué et a commencé sa longue marche à travers toutes les époques de notre histoire.

 

CLAUDE LAYANI

 

 

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