Fardeau du Judaïsme de Jérémy Sroussi Véreux comme un Juif en France...

Judaïsme - le - par .
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Ma plume est aujourd'hui pénible. Cette semaine, pas de fiction ni de nouvelle ou de parabole de ma part, mais simplement des mots ordinaires pour dépeindre une triste réalité. Après avoir longuement hésité, je me livre à vous sans plaisir sur un sujet qui me tourmente depuis quelques mois et dont le le malaise s'est accentué ces derniers jours... 

 

Les mots me viennent d'ailleurs aisément car les méandres de ma peine et de ma colère coulent à flot. Vous saurez, je le crois, vous reconnaître dans l'état des lieux qui va suivre puisque vous en êtes tous les acteurs principaux. Tantôt victimes, souvent coupables. 

Je n'ai ni explication ni solutions à apporter à cet insidieux fléau, mais simplement l'envie de pousser un solide coup de gueule. 

Magouilles, Impayés, Escroqueries, Arnaques, Taxe Carbone, Mi-va-mi, Sentier, Lederman-production, Malversation, Fraude, Projets sans lendemain, Duperie, Malhonnêteté, Corruption, ect... pour la partie la plus visible et contemporaine.

 

Salaires flous et inéquitables dans nos Institutions Communautaires, Combines grotesques autour des mutuelles de lunettes, Scandale vite étouffé à propos d'une certaine marque de saucisses cachère, Allocations familiales touchées depuis Israël, Restaurants qui doublent leurs prix pendant Pessah, Vols aux prix excessifs pour la terre sainte, ect... pour la face cachée de l'Iceberg.   

 

Oui, le Juif a un problème avec l'argent.

Et puisque assurément time is money voici déjà pour vous, chers messieurs du Sentier, les mesures en tailles américaines pour le costume du traître de la communauté qui écrit ces quelques lignes: 34/32

Je paie comptant.


Amis lecteurs, la question que je vous pose aujourd'hui est simple: Existe-t-il parmi vous ou votre entourage une personne ayant déjà été victime d'un de ces frères Juifs ?

Votre sourire entendu à ce sondage me désole à l'avance de son résultat.

Il y a effectivement de vieilles rengaines exprimées ici et là qui ne trompent pas... 

«Ne fais jamais affaire avec un Juif», obtiendrait par exemple la palme du pragmatisme.

 

Il se trouve dans notre communauté davantage que dans les autres cultures (pratiques exacerbées en Israël), une propension à arnaquer, tromper, voler, marchander son prochain; juif ou non juif d'ailleurs. Il n'y pas de profil type à ces Madoff du quotidien, sinon qu'ils sévissent dans pléthores de professions. 

 

Cela va du petit combinard à la sauvette qui cherche à gagner toujours plus et par tous les moyens jusqu'au chef d'entreprise d'une PME à la radinerie chevillée au corps et dont le leitmotiv est de payer toujours moins ses salariés. 

Chaque métier a sa déontologie du vice. Il serait trop fastidieux pour moi de les décrire tous, je vous laisse aussi le soin de les identifier. Aucun type de Juif n'échappe à cette déplorable manière d'agir : Séfarades, Ashkénazes, vieux briscard, jeune entrepreneur, barbus, femmes, traditionalistes, imberbes, tous sont concernés...

Véreux comme un Juif en France...


C'est pourquoi, je vomis la totalité de ces histoires entendues de trop nombreuses fois et qui font état, par exemple, d'un patron Juif souvent rempli de mièvrerie le samedi à la Synagogue et entubeur professionnel la semaine. Cet individu revêtant l'habit d'honnête homme le Shabbat se transformera le lundi en patron détestable. 

Cette racaille juive qui n'hésitera pas à voler la veuve ou l'orphelin pourvu que son salaire mensuel soit à la hauteur de l'estime qu'il se porte

Cette cupidité qui frappe le naïf, laquelle se nourrissant de la confiance accordée aux gens qui vous ressemblent... (De façon plus légère, il serait aussi convenable de rappeler que certains dans la communauté tendent trop facilement la main, mais on s'écarterait alors de notre sujet, quoiqu'il soit affaire d'argent une fois encore...).

 

En France, l'idée générale qu'on se fait du monde Juif est de se représenter cette communauté comme partisane de l'entraide. Cela est juste, mais à quel prix ?


Quand on a été victime une fois, deux fois et davantage encore de ces bandits ordinaires, trois choix s'offrent alors à nous : soit on devient pareil qu'eux (fripouille par atavisme), soit on travaille dans les milieux non-juifs, diminuant ainsi nettement le risque de se faire avoir, soit enfin on décide de dénoncer. 

 

Alors oui, j'ai fait le choix de tirer le signal d'alarme au risque de faire du Hilloul Hachem (profanation du Nom Divin...). 

Mais n'inversons pas les choses : ce sont bien ces agissements douteux, ces comportements nébuleux, ces coups-bas lamentables dont nous sommes victimes au quotidien et mis en pratique depuis des décennies (voire davantage...)  qui nous font du tort et qu'il faut pointer du doigt. 

Cette manière ancestrale d'appréhender le commerce alimente l'antisémitisme de papa. 

 

Bien entendu, il n'y a pas de honte à bien gagner sa vie mais on peut-être doué pour les affaires sans pour autant arnaquer son prochain. 

Justement, parlons-en de cet amour du prochain... Cette parole parmi les dix sacrées, si souvent malmenée, commencerait déjà dans le respect de l'autre, dans la manière de traiter son interlocuteur d'égal à égal...

Ce peuple qui n'a pas son pareil en matière d'humour perd toute sa fantaisie lorsque il est question de gros sous. Les comédies de La Vérité si je mens ou de Coco m'ont un temps amusé, mais à présent je me presse d'en pleurer de peur d'être contraint d'en rire.

C'est pourquoi j'aimerais que la Communauté Juive de France se réveille.

Je rêve d'une France où mes coreligionnaires deviendraient moins âpres au gain, où l'argent ne deviendrait pas l'unique moteur de leur vie, où des Béné-Israël  ne choisiraient pas uniquement leurs études en fonction de l'attrait financier que susciteraient leurs débouchés, où des fils d'Aaron ne prendraient pas tous la même direction et pour qui l'intérêt de leur vocation choisie deviendrait sincère et primerait sur le reste.


Enfin, je fais ce rêve de n'avoir plus cette crainte (ou fierté pour les plus écervelés) lors d'un sujet du journal télévisé faisant état d'un nouveaux scandale financier, qu'un nom à consonance hébraïque conclut le reportage. 

Cette même appréhension que l'on peut retrouver chez certaines familles de Noirs et d'Arabes, qui confortablement assises devant la télévision, rougissent de honte -de peur d'être stigmatisées- en s'apercevant que l'un des leurs est mêlé à une énième nuit d'émeute.

 

C'est parce que j'aime viscéralement mes semblables, ma religion et mon peuple que je suis aujourd'hui exaspéré et surtout déçu. Lorsqu'un de nos proches fait une bêtise, il est de notre devoir de la lui signaler. Je ne veux pas qu'un historien quelconque s'interroge dans un siècle ou deux sur cette communauté disparue qui formait alors un si joli ensemble, ce peuple originel du Livre qui s'est saboté par la volonté de gagner toujours plus, dégoûtant les siens jusqu'à l'abjuration, rompant ainsi son équilibre céleste et son harmonie immémoriale.

 

 Car j'ai bien peur que cet égoïsme, mal du siècle de notre société, ronge les lanières en cuir de nos Téfilines et jaunisse notre Talith trois fois millénaires.

 

Je suis bien entendu conscient que tous les Juifs de France n'agissent pas ainsi, et que les religieux ne sont heureusement pas tous à mettre dans la même Tsédaka. Ces pratiquants, parmi lesquels je fais d'ailleurs partie, ne représentent pas notre religion mais uniquement eux-mêmes. Il n'empêche, on est en droit d'en attendre davantage de ces érudits. Par l'Etude, ils savent que la Torah nous enjoint d'abord l'honnêteté et la droiture dans notre rapport à l'autre (j'entends par là tout homme sans distinction aucune). Ces anti-héros à papillotes engendrent beaucoup de dégâts par leur comportement paradoxal: debout et discrets pendant la Amida, inclinés et carnassiers dans leur business. Heureusement que notre actuel grand Rabbin, homme qui semble aussi intègre que profond, balaie à lui seul ces voyous.

 

Enfin, les fanatiques de la toute prudence, ces résistants de la neutralité préféreront sûrement se moucher dans ce papier plutôt que de m'entendre dire raison. Esquive légitime au tout noir ou tout blanc, ils s'obstinent dans le gris. Gris dès l'aube, idées grises, gris aigris. Avec leur condescendance naturelle, je les entends déjà me qualifier de manichéen prosaïque, me perdant dans mes amalgames les plus délirants et ma superficialité la plus profonde. 

 

Si cela vous rassure, attribuez donc cet état des lieux à la fougue de mon jeune âge, moi qui n'aurait forcément pas encore discerné les délicatesses de la vie, chien fou sans expérience, marchant à contre-sens avec mes gros sabots. Mais comprenez-le bien bande de pisse-froid, j'ai bien trop vu et surtout trop bien entendu pour ne pas clamer mon désarroi; alors restez-en marge je vous prie, ce n'était de toute façon pas à vous que ce cri du cœur s'adressait.

 

Mais rien n'est immuable. L'une des splendeurs de notre religion réside dans la repentance. La plupart des personnages mis en cause ci-dessus comprendront tôt ou tard leurs égarements. On a chacun les mains salies d'une substance qui nous est propre, mais il faut simplement faire attention que cette matière n’avilisse pas l'homme qui se trouve en face de nous. Nous sommes les seuls garants de notre unicité. Et concernant nos frères qui continueraient à arpenter des chemins tortueux, je conseillerais à tous ceux qu'ils trouveront sur leurs routes ce proverbe Yiddish : 

«Quand un voleur vous embrasse, comptez vos dents»

 

Jérémy Séroussi

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