Un tableau de Jacob Jordaens donné au Musée d’Israël

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Jordaens_Roi-d7c06-9104f.jpgJacob Jordaens (1593-1678)
    Le Roi boit, vers 1645
    Huile sur toile
    Jerusalem, Israel Museum
    Photo : Israel Museum

Jerusalem, Israel Museum - Le Roi boit est l’un des sujets les plus célèbres dans l’œuvre de Jacob Jordaens, et l’un de ceux qu’il peignit le plus souvent.
La plus ancienne version est celle du Staatliche Museum de Cassel, qui date des années 1630 [1], puis viennent notamment [2] celle du Louvre (1638-1640), du Musée des Beaux-Arts de Bruxelles (1640 environ), de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg peu après et du Kunsthistorisches Museum à Vienne (1640-1645). Chacune d’entre elles est d’une composition différente, multipliant les personnages truculents dans un banquet où tout le monde bâfre dans une trivialité bon enfant.

Saul and Gayfryd Steinberg, de New York, viennent d’offrir au Musée d’Israël un tableau de Jacob Jordaens (ill.) reprenant ce thème [3], peint vers 1645. Le « roi » - il s’agit bien sûr d’un monarque d’opérette, désigné par le sort lors de la fête de l’Epiphanie - est à chaque fois chez Jordaens le personnage le plus âgé de la famille. Il vient d’être couronné et porte un verre à sa bouche pendant qu’un membre de sa famille, habillé comme son fou et placé juste derrière lui, crie : « le Roi boit ! ». Un personnage, en bas à gauche, vomit ce qu’il a bu, tandis que l’enfant assis sur les genoux de sa mère à droite est en train d’uriner.
Jordaens transcende la réelle vulgarité de la scène (on n’aimerait guère faire partie de ces agapes) par une technique picturale exceptionnelle. On appréciera notamment la très belle nature morte centrale qui ne cède en rien aux meilleurs maîtres du genre.

Cette toile, désormais accrochée aux cimaises du musée, a une provenance prestigieuse puisqu’elle a fait partie successivement des collections de Lord Burlington jusqu’en 1753, puis du duc de Devonshire jusqu’en 1922. En 1924, elle fut acquise par le comte Laurent de Meeus de Bruxelles avant d’être cédée en 1981 à Saul and Gayfryd Steinberg.

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