Photographe juive : Eva Weiss la transgressive

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Eva Weiss la transgressive

 

Photographe juive :Eva Weiss la transgressive

Photographe juive :Eva Weiss la transgressive

Eva Weiss la transgressive

evaweissphotography.com
Photos par Eva Weiss modèles : Lois Weaver & Peggy Shaw.

Quoique fashionnista new-yorkaise la photographe Eva Weiss n’a rien d’une femme légère : sans être pour autant collet monté. Les cols Claudine ne sont pas de son fait et sa vie ne rentre pas dans des cartons. Rien n’y est fait pour être empilé. Tout est disponible.

Elle n’est pas de ces artistes qui prônent des orgies de vermillon dans leur tête. La sienne est hantée d’imaginaire transgressif. Elle appelle des lisières mais sans impudeur : l’artiste casse en  troublant les chics et le chiqué. L’extérieur est à l’intérieur. L’intérieur est à l’extérieur. Et qu’importe si la vue tue.

En ce sens les égéries d’Eva Weiss représentent les "modèles" parfaits de la femme libre et le plus souvent lesbienne. Elle s’amuse à souligner comment de la femme « normale » illustrent à la condamnée de la société il n’y a qu’un pas, qu’une similitude. L’artiste le rappelle dans des visions frontales et poétiques pleines d’éros et d’humour.

Une telle œuvre ne peut laisser indemne puisque le suspens et l'éclat des images créent un transfert. Eva Weiss désaxe des assises. Paradoxalement, au cœur de l’enfermement s’entame un franchissement. Eva Weiss sort la femme de son lieu d’incarcération au nom d’espoir suscité par la séduction des égéries scénarisées. Ce que le voyeur redoute de traverser, de transgresser est soudain offert. Son être se trouve lui-même dénudé car la créatrice possède le mérite rare de décaper le miroir de l'autosatisfaction du mâle. Et soudain le rapport à l'altérité provoque un autre passage que celui, obligé, du désir.

Sa « vocation » de créatrice est d’ouvrir ce qui en l’être semble impénétrable en perçant l’ineffable. Se crée un passage entre le corps que nous séquestrons et celui qui nous échappe. C’est pourquoi les œuvres sont aussi coriaces que belles : leur poésie fait muter le silence de l’être, ses doutes et ses mystères avec un certain sens du rite dont jaillit l’essentiel face à la superbe comme au ridicule Il arrive même que de telles images soulèvent des questions que nous ne nous n’imaginions pas nous poser.

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