Ecrivain juif :Shmuel T. Meyer poétique de la ville

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Shmuel T. Meyer, « Ah j’oubliais l’effarante beauté des lieux », Editions Métropolis, Genève

Shmuel T. Meyer : poétique de la ville

Shmuel T. Meyer, « Ah j’oubliais l’effarante beauté des lieux », Editions Métropolis, Genève

 

Entre poésie et nouvelle Meyer crée un chant à la ville de Genève et à sa femme de cœur. Les deux deviennent les égéries d’un livre passionnant où elles dialoguent : « Tu as de la chance m’avait-elle dit, il ne pleut pas. Cette soudaineté climatique était-elle à proprement parler une chance ? J’aimais Genève sous la pluie, sous la neige, sous la bise, bleue de son séchard venu du nord, grise de son Joran descendu du Jura avec fracas, irritée de son foehn. J’aimais Genève comme cette femme qui me menait vers la ville. ».

 

Suivent une séries d’historiettes, de portrais sur le vif d’inconnus et marginaux entre des allers-retours Jérusalem-Genève.

Les ballades sont captivantes au cœur de la ville qui – selon une problématique chère à Baudelaire - change plus vite que le cœur des mortels. Rencontres intempestives, souvenirs se mêlent de manière subtile. Dans un tripot de Plainpalais l’auteur offre sa tournée à des poivrots, plus loin il rencontre un auteur mort et projette dans un monde fantomatique et fantasmatique : « À l’angle de la rue des Alpes, un vieillard chauve l’avait abordé, robe de chambre pourpre damassée et lèvres purpurines : – Vous cherchez votre chemin ? – Non, je cherche le vôtre ».

 

Frontières et seuils du temps et de l’espace deviennent pour Meyer une manière d’explorer ce qui tient à l’incessant devenir de son « moi » et maintient le néant à distance. Il flaire le grain de peau de son aimée comme il croque l’asphalte de chocolat des rues. Il prend le temps qu’il faut pour faire l’amour ou divaguer au bord du Léman. Chacun y garde sa manière de vaquer. Et si vivre ce n’est qu’une fois mort qu’on rentre dans la chronologie ; c’est au présent et dans sa poétique que l’auteur écrit dans la fusion avec l’amoureuse et la ville.


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