Ecrivain juif : Lili Goldberg la femme debout

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LILI Goldberg un gros besoin d'amour

Ecrivain juif : Lili Goldberg la femme debout

Lili Goldberg, « Un gros besoin d’amour », Elkana éditions, Jérusalem, 118 pages, 13 Euros.

Le livre de Lili Goldberg ouvre sur le présent toujours troublé par la conscience déchirée d’une femme dont le testament vient de la brèche que la Shoah créa entre passé et futur. Lili Goldberg fait « jouer » l’écriture dans cette brèche. « Un gros besoin d’amour » montre un corps douloureux mais qui se force à vivre un autre corps.

Un corps qui n’est plus neutre Un corps en propre car réuni. Il oblige Lili Goldberg à devenir attentive enfin au sien. Le vide jeté dans son moi durant tant de temps disparaît. Malgré la fatigue l’auteur devient la survivante en survie par le fait que son écriture existe enfin. On pense alors à Paul Celan et ses « inoubliés » où le poète allemand écrit : «Sur tout ce deuil qui est le mien. j’ai perdu le mot qui me cherchait : Kaddish ».

Le corps - en dépit de la douleur - est arraché à la mort afin de créer une nouvelle phénoménologie de l’existence. Il y a donc un rire jaune comme il y eut une étoile de même couleur. Le premier dépend de la seconde. Du moins pour ceux qui durent la porter. Et si l’auteur d’ »Un gros besoin d’amour » n’a pas vécu l’expérience de la Shoah elle y a échappé de peu.

Pendant trois ans elle vécut cachée. Elle a connu la peur. Une peur confuse au traumatisme incommensurable. Il le serait à moins. Longtemps Lili Goldberg est restée à l’état de dépouilles vivantes là où vie et mort se trouvent inextricablement mêlées. Ce qui fut inimaginable permet donc à l’écrivain de vivre malgré tout. Et de résister. Les fragments sont les étoiles pulvérisées au nom d’une étoile que l’artiste n’a pas porté – ce qui l’a sauvé. Le livre devient le souvenir de ce qui fuit d’abord sans souvenir clair, le témoignage d’une pensée qui se cherchait. Il y aura donc une vie après mort dans une lueur d’automne.


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