Un ouvrage bien caché : Le Livre d'Hanna

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livrehanna.jpgGéraldine Brooks, "Le Livre d’Hanna", traduction d'Anne Rabinovitch. Ed. Belfond, 414 pages, 22€

Le Livre d’Hanna, une histoire de pages sacrées retrouvées à Sarajevo .
Correspondante de guerre pour le Wall Street Journal pendant quatorze ans, Geraldine Brooks signe avec Le Livre d’Hanna un roman remarquable. L’histoire de la Haggadah, un recueil de prières juives retrouvé dans les ruines de Sarajevo. De main en main, d’année en année, de pays en pays, l’auteur fait voyager le lecteur pour (r)établir la vérité sur le parcours d’un ouvrage d’une valeur inestimable. Un récit livré à travers le regard et le métier d’Hanna, restaurat­rice de manuscrits anciens.

Comment est née l’idée de cet ouvrage ?

C’était il y a bien longtemps, alors que Sarajevo essuyait une terrible guerre. J’étais correspondante pour le Wall Street Journal. Il y avait alors beaucoup de rumeurs sur ce manuscrit appartenant au patrimoine bosniaque et qui avait disparu. Personne ne savait ce qui avait bien pu arriver à cet ouvrage de grande valeur. Marché noir ? Echange avec Israël… On entendait tout. Après la guerre, le fameux ouvrage a été retrouvé, caché pendant de nombreuses années dans le coffre-fort d’une banque par un bibliothécaire musulman. J’ai été très intriguée par cette histoire, et j’ai eu envie d’en savoir plus, mêlant réalité et fiction.

C’est une belle histoire qui servira d’exemple à l’humanité.

Malgré la part romanesque, vous avez fait un travail énorme de documentation…

Faire des recherches, me perdre dans une bibliothèque, dévorer des livres, ça me passionne. Pour moi, l’essence du livre devait être basée sur des faits réels. La fiction, elle, m’a donnée de la liberté. Il ne s’agissait pas unique­ment pour moi de relater des faits, ou de reconstituer l’histoire, mais de donner à mon lecteur un intérêt pour cette histoire captivante.

Qu’est-ce qui vous a le plus surprise dans ces recherches ?

Quand j’ai appris que la veuve de ce bibliothécaire musulman était toujours en vie. C’était le meilleur témoin que je pouvais avoir.

Pensez-vous que vous auriez agi comme ce bibliothécaire dans la même situation ?

Personne ne peut savoir ce qu’il aurait fait dans pareil cas. En tout cas, c’est une belle histoire qui, je pense, servira d’exemple à l’humanité. Un tel courage ne peut être qu’admirable.

Faire voyager le lecteur, à travers l’histoire, de la Vienne du XIXe siècle aux Balkans en passant par l’Allemagne des nazis, était important ?

Je voulais raconter le parcours de cet ouvrage à travers ses créateurs et ses protecteurs venant chacun de pays différents.

Géraldine Brooks, "Le Livre d’Hanna", traduction d'Anne Rabinovitch. Ed. Belfond, 414 pages, 22€

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