Totem et Thora de Raphaël Draï

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thumbnail.jpgEt la lumière fût. Ainsi pourrait-on parler de cet ouvrage, il exprime avec ferveur et clarté les innombrables questions que nous passons en silence. Se résignant souvent à la lecture d'un verset  qui peut paraître obscur.

Ici tout est décortiqué, l'application de la méthode freudienne, prend son essor, face à ce qui semble complexe, il n'y avait qu'absence de mots.

Raphaël Drai à l'image d'un éthymologiste, méthodiquement nous relève , devrai-je dire nous réveille, sur des versets de la Thora endormis sous le poids  de "nasse ve nichma" "fait et comprend".

C'est là qu'intervient la psychanalyse, elle l' intervertit les termes afin de "comprendre ce que nous faisons".

Le titre Totem et Thora en apposition au titre du fameux ouvrage de Freud Totem et Tabou révèle avec le même cheminement le sens de l'altérité, de la relation à l'autre, de la famille, du chemin parcourus pour arriver à la parole, qui induit in facto à la pacification des actes. Il n'est plus question de tuer, ni de voler, ni de violer, ni de haïr mais de dépasser ces pulsions morbides en reconnaissant ces limites.

Ainsi dans ce texte repris dans le livre voici ce que l'on y découvre :

" Si ton ennemi à faim donne lui a manger, si il a soif donne lui à boire, ainsi tu attireras des charbons ardents sur sa tête et Dieu t'en récompensera" (Pv,25,21) (sic)

"Lorsqu'un être est objet de haine il doit ipso facto se confronter au désir de mort à son encontre de celui ou de celle qui le hait. Cependant cet affect-là, présente une particularité : son excès. A l'instar de l'amour - son inverse - il survit à la mort même de l'objet haï comme la magnifiquement compris le jeune Racine dans La Thébaïde ou les frères ennemis. C'est pourquoi le proverbe de Salomon reste déconcertant : Face à un tel affect si destructeur, au lieu de s'en défendre comment se montrer accueillant et hostpitalier ? (sic) L'on doit ainsi discerner deux moments dans l'attitude préconisée par le dit Proverbe : pour commencer "accueillir", la pulsion, certes, mais en vue d'en faire autre chose. (sic) Face à la manifestation de l'affect haineux, il est indispensable de ne pas se laisser décontenancer mais bien de lui faire face, attitude qui implique qu'il fût reconnu au lieu d'être dénié. (Sic)Il faut savoir discerner , quoi qu'il en paraisse, la recherche obscure, tourmentée, d'un interlocuteur et, sans doute d'une limite, cette limite que le haïsseur ne sait pas trouver de lui-même en soi même.

Faut-il comprendre que la haine d'autrui est avant tout haine de soi, une haine intravertie et introceptive dont le haisseur attende que l'on délivre, comme on l'a montré ailleurs à propos de la mitsva qui enjoint d'aider à décharger l'âne de l'ennemi, ployant sous sa surcharge (Ex, 23, 5) ? (sic) Revenant de l'image du concept, cela signifie sans doute que faire face à l'affect de haine, renverse en quelque sort cet affect sur lui-même, qu'il le convertit. (Sic) qu'il commence à sintégrer dans un processus de prise de conscience, lequel incitera à une "récompense divine", autrement dit à un surcroît de vie. (sic)  Le Maharal postule ainsi une relation de causalité entre la haine et le manque. (Sic) La psychanalise nous apprend qu'il est en effet, d'autres "issues" contrastées, sinon d'autres arrangements divergents, mais possibles, au regard de ce que le manque engendre à savoir, et pour l'exprimer cursivement, d'une part à la contre-protestation "virile" ou d'autre part l'angoisse de castration, le désistement et la culture délétère d'un sentiment dinfériorité."

L'attitude a adopté face au sentiment de haine,  si magistralement expliqué nous informe de l'annulation de la pensée que l'on croit, à tort, sortie tout droit de la parole sinaïque, celle de la loi du Talion alors qu'elle se rapproche sans conteste de celle du nouveau testament " A son ennemi tendre l'autre joue" il ne s'agit pas de fanfaronerie mais bien de reconnaître, d'anticiper ,  de s'élever voir de faire prendre conscience à son "ennemi" qu'il n'est que l'ennemi de lui-même, , sa haine, sentiment excessif, n'est que la révélation de son propre manque  et de ne pas savoir intégrer ce manque , de ne pas accepter sa propre limite au point de ne pas se le pardonner et d'en faire porter la faute à l'autre et le haïr de lui renvoyer l'image de sa propre faille.

Cet ouvrage, vous apprendra sur la structure même des sentiments ainsi banalisés, et des relations qu'ils engendrent. C'est une découverte du sens, que l'on espère vous rapprochera de l'autre et surtout de vous même.

Claudine Douillet

 

Raphaël Draï Totem et Thora

Edition Herman

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