La solution finale: Sherlock Holmes n'est pas mort

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                        La solution finale: Sherlock Holmes n'est pas mort

perroquet.jpgArticle paru dans "Cyberpresse",le 28/01/08

Le romancier américain Michael Chabon a le vent dans les voiles. Il a gagné le prix Pulitzer pour Les extraordinaires aventures de Kavalier & Clay (2004), et tout le monde attend la version française du monumental Yiddish Policemen's Union, qui doit paraître cette année. Chabon aime bien jouer dans les coulisses de l'Histoire, surtout celles de la Deuxième Guerre mondiale.
    

Mais ne vous attendez pas à des histoires tragiques chez Chabon. Il refait l'histoire de cette sombre époque en y mêlant la bande dessinée (dans Kavalier & Clay) ou bien un perroquet savant et un personnage à la Sherlock Holmes dans La solution finale, qui vient de paraître.

La solution finale a comme décor le paysage verdoyant de l'Angleterre en été 1944, en pleine guerre. Arrive dans une famille d'accueil Linus Steinman, 9 ans, un Juif allemand. C'est Mr. Panicker qui l'accueille, un pasteur d'origine indienne. La famille Panicker porte bien son nom: le fils Reggie est un vaurien, le père panique à la moindre provocation et la mère est un modèle d'absence.

Le petit Linus aussi, car il ne parle absolument pas. Déficience mentale, traumatisme de guerre? On ne le sait pas. Heureusement il y a Bruno, son perroquet, qui parle pour lui, et avec lui, car Bruno lui offre la seule porte de sortie à sa solitude et sa peine.

Bruno est un gris d'Afrique, un perroquet à la fois malicieux et bavard. Il se met à réciter des phrases en allemand - finalement, ce ne sont que des chiffres. Mais ceux qui traînent autour de la maison Panicker - dont un officier de l'armée anglaise - y voient la possibilité que ce soit un code, un sombre complot allemand.

À partir de ce moment, le petit Linus et son perroquet deviennent l'objet de toutes sortes de machinations. Au cours du rapt du perroquet, il y a mort d'homme: on trouve un certain Mr. Shane, représentant en matériel de traite, par terre, le crâne fracassé. Et voilà qu'entre le «vieil homme» que Chabon ne nomme jamais; mais nous, chers lecteurs, nous savons qu'il s'agit du grand Sherlock Holmes.

Holmes s'arrache à ses abeilles - car depuis sa retraite, il est devenu apiculteur - pour s'intéresser au cas du perroquet volé. Et surtout au cas de Linus Steinman, qui est inconsolable depuis la disparition de son oiseau. Aidé par le garçon, qui parle lui aussi un langage codé, le vieil homme viendra à bout des voleurs de perroquet. Je ne vous dirai pas qui a subtilisé l'oiseau, mais vous serez surpris quand il sera démasqué...

Michael Chabon joue sur plusieurs registres: l'Holocauste, le roman noir britannique, la comédie de moeurs et la tragédie d'un enfant traumatisé. Impossible de combiner tous ces niveaux, dites-vous? Chabon le fait, avec brio.

La solution finale

Michael Chabon
traduit par Isabelle D. Philippe Laffont
158 pages
26,95$

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