Artiste juive :L’être et le monde : Sarah Hildebrand

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Sarah Hildebrand artiste juive

L’être et le monde : Sarah Hildebrand

Sarah Hildebrand, « Chez soi », textes et dessins, 96 pages, coll. « Re : Pacific », éditions art&fiction, Lausanne.

Sarah Hildebrand, « Lieux délaissés », textes de Jessica Backhaus et Klara Tuszynski, 80 pages, Français-allemand, Kehrer Verlag, 2013

Sarah Hildebrand in « L'homme et la nature, SPRING COLLECTIVE », 6-28 mars 2015 ; Galerie d’(A) Avenue du Léman 20, 1005 Lausanne.

Sarah Hilldebrand ignore l’issue de son propre mystère. Mais en magicienne des mots, des traces et des images elle trouve comme recours à sa connaissance la pénétration et l’évocation de lieux inconnus ou délaissés. Ils deviennent sa demeure chaque fois réinventée. Surgit dans sa poésie en écriture, dessins et photographies un espace de tension. Sarah Hildebrand prend paradoxalement l’initiative d’authentiques confidences. Elle ne camoufle rien mais son projet est à l’opposée d’une exhibition directe d’elle-même.

Comme chez Sophie Calle - mais sans stratégie voyeuriste - la recherche du lieu porte vers quelque chose de trouble et de troublant. Celle qui rêve « sur un tas de feuille morte de se sentir chez soi » a quitté son lieu d’origine (Genève) pour retrouver sa propre intimité à travers les décors anonymes, délaissés. L'histoire de l'œuvre est donc l'histoire d'une accession à soi par l'intermédiaire de l'autre. La recherche y acquiert un sens particulier : l’intime y est regardé à l’envers et s’écrit par défaut. Etant de la sorte à l’extérieur d’elle-même, Sarah Hildebrand n’a jamais autant été à l’intérieur de son propre espace et de son intimité. Mais sans en dévoiler le secret.

Contre l'épargne des images et la manière religieuse que nous les consommons, l'artiste revendique ainsi non "par la bande" mais de manière ouverte la dépense, le gaspillage du corps, le déchiffrement du monde.

 

Elle oriente notre manière de voir, nos façons de vouloir transgresser des secrets (qui ne sont pas les bons) et capte nos propres réactions par rapport à nos illusions « d’optique ».

En retour ce qu'elle reçoit du monde (de la Suisse aux USA jusqu’à la Russie de ses ancêtres juifs) lui permet de comprendre de quoi est fait sa propre image, sa propre identité. Nous sommes donc loin de bien des manières de voir et de montrer.

 

Et nous pouvons percevoir l'ampleur anthropologique d'un travail où le lieu est dé-spatialisé dans ses frottements temporelles et géographiques.


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