Beth Foley :au moment de la Shoah, Dieu était-il mort ou endormi ?

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Portrait d’une famille juive portant l’Etoile jaune et regardant passivement le spectateur

Beth Foley : des contes germaniques à la Shoah

Les narrations de Beth Folley entraînent vers des territoires aussi précis et réalistes qu'étranges et surréalistes. L'émotion est travestie mais tout autant soulignés par des narrations où l'évidence d'apparence crée un abîme.

L'œuvre est la résultante de divers "dépôts" : ceux de la peinture flamande de la Renaissance, ceux des contes horribles racontées aux enfants et ceux de la Shoah. De ces vagues successives se crée un point d'équilibre ou de déséquilibre qui traverse chaque œuvre d'un inquiétant rayonnement.

Beth Foley artiste juive

Beth Foley artiste juive

L'œuvre est l'aboutissement d'un lent travail d'approches et de révisions.
Celui d'un œil et d'une main en mue perpétuelle et obsessionnelle. Mais il s'agit de dégager des constantes, de laisser des traces lisibles. Le corps s'ouvre et se referme. Il est nu ou habillé pour ouvrir la mémoire aux "blémissements" de l'Histoire.

Nashville (où habite l'artiste n'est jamais loin) : mais ce réel est un prétexte à une recherche plus profonde qu'il n'y paraît. Le corps s'expose comme énigme. Se montre, se cache, se pense en pulsations lourdes et ludiques mais d'où sourd, du plus profond, bien des ombres.

Dans ´ Berliners » elle a fait le portrait d’une famille juive portant l’Etoile jaune et regardant passivement le spectateur.

Cette toile a été conçue à partit d’une photographie d’un survivant de l’Holocauste dont la mère est un des personnages du tableau.

Mais chaque œuvre n’est jamais intégralement centrée sur le réel : l’aspect fable y est intégré en un mixage sidérant. L’artiste tente de se libérer des terreurs par des images qui se veulent cathartiques.

Elle a créé certaines oeuvres en se servant des mémoires des survivants aux camps d’extermination même si la shoah n’est qu’implicite dans ses peintures. Et elle ne cesse d’être hantée par une question : au moment de la Shoah, Dieu était-il mort ou endormi ?

Jean-Paul Gavard-Perret

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