Bertolina de la Batsheva Dance Company : à couper le souffle

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           Bertolina de la Batsheva Dance Company : à couper le souffle


bilde.jpgArticle paru dans "Le Soleil",le 20/11/07

Avec Bertolina, la Batsheva Dance Company met en scène 20 danseurs de physiques et de formations différents, tous d’une incroyable intensité.

On se serait presque cru dans la jungle, dans un endroit chaud, charnel, tribal. Mais non, nous étions bien au Grand Théâtre de Québec en plein mois de novembre. Et la Batsheva Dance Company d’Israël nous offrait une performance à couper le souffle.
    
Devant nous, sur scène, 20 danseurs, de physiques et de formations différents. Certains qu’on devine des descendants du ballet classique, d’autres carrément modernes, à l’image de la cofondatrice de la compagnie, Martha Graham. Tous, d’une incroyable intensité.

Ils se tiennent pratiquement toujours en groupe, en meute oserait-on dire. Parce que la pièce Bertolina a quelque chose d’animal, de sauvage. Rarement a-t-on vu une œuvre aussi brutale, qui rentre dedans.

Dans Bertolina, la chorégraphe résidente de la compagnie, Sharon Eyal, fait fi des conventions chorégraphiques pour revenir à la source de la danse : mouvement et énergie. Du début à la fin, elle ne laisse aucun répit aux spectateurs et ceux-ci ne s’en plaignent guère. Pendant les 60 minutes que dure la chorégraphie, les danseurs sont pratiquement toujours sur scène. Quelques-uns se détachent momentanément du troupeau, démontrant leur créativité distinctive, mais ils y reviennent toujours. Le groupe l’emporte sur l’individu parce que c’est en lui que réside la force.

Les pieds bien ancrés au sol, les danseurs bougent le haut de leur corps en souplesse. Leur bassin s’emballe, leur torse ondule. Les séquences de mouvements s’enchaînent sans relâche. Bertolina est un feu roulant autant sur le plan visuel qu’auditif.

Le mélange de techno et de chansons nous tient en haleine. La musique retentit avec puissance dans la salle. Le tout est irrévérencieux, osé, sans compromis. C’est comme si la chorégraphe nous balançait son vocabulaire artistique en disant : «Aimez ou détestez, ça m’est égal. Voici ce que j’ai le goût de dire.»

On s’est laissé prendre au jeu dès la première minute sans résister. Et on n’a jamais regretté de s’être laissé embarquer dans cette aventure périlleuse.

Il est vrai que le public de Québec n’hésite pas à sauter sur ses pieds pour applaudir à la fin de chaque spectacle. Mais hier, c’était différent. On peut affirmer que la Batsheva Dance Company a laissé une trace indélébile. Les spectateurs ont été troublés, dérangés et soufflés par ce qu’ils ont vu. C’était un honneur de recevoir chez nous cette troupe israélienne dirigée par un des chorégraphes chouchous des Grands ballets canadiens de Montréal, Ohad Naharin. On n’a qu’à se croiser les doigts pour que Québec soit encore une fois sur le calendrier de la prochaine tournée de la compagnie.

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