Artiste: La pertinence de Sigalit Landau au pavillon israélienà Venise

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SIGALIT.jpgL'eau comme métaphore des relations entre les peuples… Imaginé avec poésie par l'artiste Sigalit Landau, le pavillon israélien est l'un des plus accessibles de la Biennale. Et l'un des plus pertinents.

On l’avait découverte en 2006 à la Maison rouge où elle présentait une vidéo réalisée cinq ans auparavant baptisée  Barbed Hula. Sigalit Landau y apparaissait nue, dansant sur une plage de Tel-Aviv, un hula hoop autour de la taille. Sauf que son cerceau était fait de ces mêmes fils barbelés qui encerclaient hier les camps de concentration, et marquent aujourd'hui les différents points de passage (checkpoints) entre Israël et la Palestine.

Les relations entre les deux peuples, la notion de frontière, sont toujours aux cœurs des vidéos, des performances et des installations empreintes de poésie de Sigalit Landau qui s’est vu confier tout l’espace du pavillon israélien de la Biennale de Venise. Elle a choisi d’articuler l’ensemble autour du thème de l’eau, l’un des enjeux majeurs de la région. Il y a tout d’abord ces énormes tuyaux aux couleurs du drapeau israélien, semblables à des pipelines, qui traversent le pavillon pour l’irriguer. Ce filet de pêcheur figé par le sel de la mer morte et désormais inutilisable. Et puis toutes ces vidéos, dont une figure une réunion au sommet au cours de laquelle une petite fille se glisse sous la table pour attacher, les uns aux autres, les lacets des participants, les empêchant ainsi de quitter les négociations. Ces mêmes chaussures se retrouvent en ronde à l’extérieur, liées entre elles. Et livrées aux quatre vents, comme l’étaient les chaussures des déportés. Comme le sont souvent celles des réfugiés, d’où qu’ils soient.

Sigalit Landau réussit ici l’un des pavillons les plus cohérents et les plus accessibles de la Biennale. L’un des plus courageux aussi. Parce qu’en ces temps troublés, ce pavillon national parle de paix sans mièvrerie aucune, et sans occulter la responsabilité d’Israël dans le conflit en cours.

A voir : One man’s floor is another man’s feelings, de Sigalit Landau, pavillon israélien, les Giardini, jusqu’au 27 novembre.

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