Artiste juive : Marina Abramovic entre « absence », douleur et interrogation

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Marina Abramovic, artiste juive

Marina Abramovic entre « absence », douleur et interrogation

 

Nul n’a été aussi loin que Marina Abramovic au sein de ses performances ou de ses photographies dans l’art corporel.

On se souvient que l’artiste a fait longtemps de son corps l’enjeu même de son art en se posant la question : jusqu’où peut-on aller dans une telle perspective ?

Elle s’est alors coupée une étoile de chair et de peau dans le bas ventre, s’est fait gifler jusqu’à l’évanouissement ou s’est offert à des pythons dans diverses expérimentation toujours poussées plus loin avec son compagnon et partenaire de « jeu » : Ullay.

Dans « Breathing in Breathing out » le couple s’embrassait jusqu’à l’étouffement et la haine du désir de l’autre.

Dans « AAA-AAA » le couple se faisant face créait un crescendo sonore en une approche jusqu’à ce que l’un crie dans la bouche même de l’autre. Il y a eu pire, mais passons.

 

Marina Abramovic a aujourd’hui quitté son compagnon après une dernière performance : chacun est parie d’un bout de la muraille de Chine pour se rejoindre afin de signer leur séparation définitive.

Le travail sur le corps changea de direction. Dans « Balkan Baroque II » elle se dressait grave et vêtue de blanc au milieu d’une sorte de charnier où elle nettoie avec acharnement 1500 os de boeufs frais tout en fredonnant des chansons et comptines de son enfance tandis que son vêtement immaculé se tache peu à peu de sang.

Si un Burden ou une Gina Pane a renoncé à l’art corporel, on comprend qu’avec une telle performance Abramovic reste une de leur digne héritière au sein d’une telle allégorie évidente.

Pris à la fois dans la prostration et la violence le spectateur de telles performances ou des photographies qu’en tire l’artiste surgit un théâtre de la cruauté rarissime.

Plus que l’orgueil des victoires sur les os on retient les yeux de l’insurgé à la fois victime et bourreau qui semble dire « est-ce que je tiens tellement à ces os et à ces restes de viande ? ».

Mais dans tout son travail c’est bien l’être tout entier qui s’exprime. Dans sa dernière expérimentation londonienne « créer avec rien » les visiteurs doivent confier leurs émotions, sur une feuille de papier qui est photographiée avant qu'ils ne quittent la galerie.

La pièce expérimentale "512 Hours" est la première performance de Marina Abramovic depuis sa rétrospective « The Artist is Present » au Musée d'Art moderne de New York. Pendant trois mois, l'artiste était restée complètement silencieuse face au public.

Elle se contentait de le fixer afin de créer une interaction par le regard. La plasticienne surgissait tel un être d’essence aussi féminine que masculine, tendre que violent.

Elle propose ainsi au lieu d’images quasi insupportables d’autres « images » dont la « neutralité » n’est qu’apparente. Elles deviennent de véritables productions spirituelles. Le refoulé en émerge et la qualité même de la nouvelle « agression » désormais sourde contredit pazr exemple l’image que l’homme se fait de la femme et qu’il projette sur elle. Preuve que les temps changent. Et Marina Abramovic crée aussi pour cela.

 

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