Artiste juif :Robert Mapplethorpe Il ne faut croire qu'à ce qu'on voit les yeux fermés

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Robert Mapplethorpe, photographe juif et artiste

L’intime selon Mapplethorpe

Robert Mapplethorpe, Kiasma Museum of Contemporary Art, Helsinki, Finlande

Contrairement à ce qu'on a trop souvent affirmé Mapplethorpe, à travers ses photographies, a toujours prouvé qu’entre la chair et son reflet, l'image est une peau.

Pour lui la possibilité d'attache à la présence par l'image ne satisfait que le voyeur. S'en tenir là " c'est non seulement remettre à demain ce qu'on peut faire le jour même mais aussi ne plus rien posséder de la sensualité qui reste à et en soi - sinon le vice" disait l’artiste.

Robert Mapplethorpe, photographe juif et artiste

Robert Mapplethorpe, photographe juif et artiste

En conséquence, il a voulu montrer le déchirement qui sépare et affronter le conflit du réel avec son plus "juste" reflet. C'est pourquoi chez lui la nudité est indémêlable de l'image qui l'expose.

Selon l'artiste américain , "la gourmandise que le portrait engage est l'empreinte vive d'un seuil à franchir mais il ne convient pas qu'elle devienne consciente".

C'est là toute l'ambiguïté entre la poétique et la poésie iconographiques du créateur.

Pour lui la forme artistique n'a pas une dignité plus forte que la matière-corps saisie et captée. L'artiste sait qu'en devenant voyeur nous nous faisons masochistes car la vision exclut le plaisir de la caresse : le corps et le désir se tendent pour ce qui n'arrive pas. Nous ne gardons ainsi que la chimère, sa lumière et sa suffocation.

Mapplethorpe sait donc combien il ne faut pas croire à ce que l'on voit : "cela ressemble trop à ce qu'on espère. Il faut fermer les yeux d'autant que ce n'est plus simplement le visage qui reste dans le regard" écrivait-il.

Pour lui dans la charge photographique d'un corps ne subsiste déjà plus qu'un souvenir. Elle est donc sans accès sinon sans effets. Et l'artiste d'ajouter : "Il ne faut croire qu'à ce qu'on voit les yeux fermés".
En cela la photographie est avant tout amour de soi dans l'affect qu'elle nourrit tant elle rassemble de désirs narcissiques. Finalement dans le nu, on voit tout, on ne voit rien. Celui qui regarde n'observe que l'image dans la nuit de se son être et échappe à la nudité qui l'atteint.

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