Artiste juif : Jean Stern "feintises et vraisemblances"

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Jean Stern artiste juif

Jean Stern : "feintises et vraisemblances"

 

Jean Stern est né en 1954 à Genève. Le sculpteur a d'abord fréquenté la Hochschule der Künste de Berlin, puis l'Ecole des Beaux-Arts de Saint-Etienne et enfin l'Ecole Supérieure d'Art Visuel de Genève. Il y enseigne et expose dans toute l’Europe depuis 1979. Ses principales réalisations ont été créées pour Théâtre Le bel Image de Valence, l'agence UBS de Plan-les-Ouates dont on peut admirer les 9 reliefs dans la salle des guichets. Pour le SOCAR de Crest, il a créé une de ces premières interventions purement géométriques avec ses 50 colonnes de carton.

Puis, changeant de registre ou le prolongeant, il crée en 1995 une intervention vidéo-infographique (avec l'aide d'Hervé Graumann) sur un espace de circulation.

 

Ce ne sont là pourtant que des points repères significatifs mais non exhaustifs de celui pour lequel à la fois un travail rationnel de fond mais aussi le fortuit entrent en conflagration comme se mettent en relation le paysage et l'intervention de l'artiste en ses divers processus et instrumentalisations.

Ces derniers jouent à la fois sur le paysage, le temps comme sur le fortuit et l'instant. Ephémères, des œuvres proposées par exemple dans le projet « Zig-Zag » pour le chantier de l’EPEFL ‘Université de Lausanne) jouent sur le décalage des points de vue.<De plus en plus et avec l’approche empirique de l'infographie le créateur propose des situations inédites qu’il définit comme "feintises et vraisemblances".

Ainsi la restitution 3 D du logiciel qu'il utilise pour le transfert d'une image 2 D en 3 D, extrait une segmentation en un nombre de plans arbitraires pour des reconstitutions que l'artiste choisit afin qu'elles soient plus ou moins vraisemblables.

L'espace mathématique et les géométries n'ont néanmoins pas pour but d'envelopper le "voyeur" dans l'irréel et le spectaculaire. Jean Stern ménage toujours au sein de ses paramétrages un moyen-terme afin que le voyeur ne "digère" pas toutes crues ses images.

C'est sa manière de souligner le beau mensonge de l'art qui, lorsqu'il se présente comme tel, avance vers une vérité sans quoi il n'est rien. Un lieu que l'on est susceptible de parcourir virtuellement mime dans ce travail - de près ou de loin - le lieu réel par l'artifice de la géométrie mathématique.

L'artiste l'a réalisé par exemple avec son installation "Relire" pour les anciennes Teintureries de Pully. Derrière la paroi s'étend le lac et le massif alpin du Chablais. L'écran crée une fenêtre mobile découvrant le paysage. Deux objets vraisemblables apparaissent dans la fenêtre : l'image 2D et la restitution 3D qu'autorise le logiciel.

Jean Stern ne cesse de reconsidérer les lieux et les images afin d'amener le public à un regard différent sur des espaces urbains ou plus intime. Il démultiplie, décadre l'espace comme sur le quai Wilson à l'occasion des Fêtes de Genève il y a quelques années. Aux massifs ronds existants il a préférés des tapis rectangulaires, perpendiculaires au lac dans une approche qui tient tant de la sculpture que du paysage.
Se retrouve là l'influence majeure d'un autre paysagiste décédé hélas trop jeune : Yves Brunier. Comme lui Stern recherche un jeu de la perspective capable de donner l'illusion perceptive d'une continuité qui dépasse le lieu proprement dit.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

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