Yves Benjamin ATTALI

Né le 8 juin 1957 à Paris
Études secondaires en internat à l'école Maïmonide de Boulogne sur seine.
Aliyah en 1976, terminale au lycée français de Jérusalem.
Service militaire dans le génie combattant.
Marié avec une Israélienne, Hanna, père de 4 enfants (2 filles et 2 garçons). Habitons à Kfar Tavor en basse Galilée.
Licence en sociologie et ressources humaines de l'université de Bar-Ilan.
Amoureux des langues, considéré comme le plus Israélien des francophones de ma promotion.
J'ai collaboré pour la première fois avec Alliance en 1997. Aujourd'hui j'ai renoué avec le magazine juif qui est incontestablement le meilleur sur Web.

Les articles de Yves Benjamin ATTALI

Dix-huit films pour ausculter le terrible sort des juifs de Pologne

memo_shoah_2.jpgArticle paru dans "Le Monde"


"Po-lin - la mémoire de la Shoah dans le cinéma polonais aujourd'hui".
Mémorial de la Shoah, 17, rue Geoffroy-l'Asnier, Paris 4e, tél. : 01.42.77.44.72. Du 12 au 24 novembre. De 3 € à 6 €.

Dix-huit documentaires polonais récents consacrés à la persécution des juifs en Pologne sont aujourd'hui visibles au Mémorial de la Shoah. Cette programmation n'a rien d'évident. Le sort dévolu aux juifs de Pologne durant la seconde guerre mondiale a en effet inauguré entre les deux peuples un contentieux qui a longtemps semblé inépuisable. L'Histoire y prend de fait le visage de l'abjection. Sur les 3 500 000 juifs que comptait la Pologne en 1939, 90 % furent exterminés. Le coeur du différend tient pourtant moins dans le crime nazi que dans l'indifférence, parfois la complicité, des témoins polonais.

L'après-guerre n'a pas cicatrisé la plaie. Les juifs survivants y ont été victimes de nouveaux pogroms, tel celui de Kielce, en 1946, perpétré avec l'appui de la milice. En 1968, la féroce campagne antisémite de Wladislaw Gomulka, premier secrétaire du comité central du Parti communiste, a provoqué une ultime vague de départs. Il subsiste aujourd'hui 20 000 à 30 000 juifs dans le pays.

Cette accablante litanie a ceci de particulier qu'elle engage une nation elle-même martyrisée par les nazis, puis accablée par le joug communiste, mais qui n'a jamais su reconnaître la réalité du génocide, ni sa propre responsabilité à l'égard de ce crime. Avec la démocratisation du pays en 1989, les choses ont pourtant considérablement évolué, comme en attestent deux livres parus en 2009 : Juifs et Polonais, 1939-2008, ouvrage collectif dirigé par Jean-Charles Szurek et Annette Wieviorka (Albin Michel, 524 p., 25 €), et La Fin de l'innocence - la Pologne et son passé juif, de Jean-Yves Potel (Autrement, 284 p., 22 €). C'est à l'initiative de ce dernier qu'on peut aujourd'hui découvrir ce cycle de documentaires au Mémorial de la Shoah : "Chaque année, une dizaine de films consacrés à ce thème sont réalisés en Pologne ; ils témoignent de l'acuité que prend cette question dans le travail de mémoire de la Pologne démocratique et des enjeux qu'elle suscite."

Ces films se partagent entre deux grandes catégories. La première, de facture essentiellement télévisuelle, est celle de la déploration. Po-lin (2008), de Jolanta Dylewska, ou Je t'appelle des profondeurs (2004), de Wojciech Gierlowski, en sont deux exemples. Effets de montage entre archives sonorisées de la rue juive et scènes contemporaines des mêmes lieux, profusion de témoins exemplaires désormais dépositaires de la présence juive, tableaux "poétiques" interprétés par des enfants d'aujourd'hui rejouant la tragédie d'hier, flot ininterrompu de musique élégiaque : ces films donnent l'impression de vouloir infléchir l'irréparable, de ravauder une continuité qui n'existe plus. A l'opposé de cette approche, d'autres se confrontent à la question de la responsabilité, conjuguent au présent l'irréductibilité de la perte. C'est le cas du sidérant Lieu de naissance (1992), de Pawel Lozinski, qui accompagne pas à pas le romancier Henryk Grynberg dans sa recherche des ossements de son père assassiné sous l'occupation nazie par des voisins polonais.

C'est aussi celui d'une saisissante série de courts métrages réalisés par le vidéaste Artur Zmijewski, qui fait du rapport au passé juif l'une des clés de son oeuvre tout à la fois salutaire et dérangeante. L'un d'eux, intitulé Un Polonais dans le placard, fait suite à la polémique qui a entouré en 2002 la présence d'un tableau représentant un meurtre rituel dans la cathédrale de Sandomierz. Une anthropologue, Joanna Tokarska-Bakir, mena une enquête avec ses étudiants dans la région, qui révéla la persistance de cette légende séculaire parmi la population. Le film envisage avec ces mêmes étudiants, représentants du nouveau visage de la Pologne, le sort qui doit être réservé à ce tableau, à travers une série d'interventions artistiques rageuses. Zmijewski sera présent lors de cette séance recommandable, le 24 novembre, à 18 h 30.

Cette programmation permet ainsi de penser que les voix solitaires et solidaires du destin juif qui se sont relayées jusqu'à aujourd'hui en Pologne - celles du diplomate Jan Karski, du poète Czeslaw Milosz ou du professeur de littérature Jan Blonski - sont enfin entendues dans leur propre pays.

"Po-lin - la mémoire de la Shoah dans le cinéma polonais aujourd'hui".
Mémorial de la Shoah, 17, rue Geoffroy-l'Asnier, Paris 4e, tél. : 01-42-77-44-72. Du 12 au 24 novembre. De 3 € à 6 €.

Israël: début de la campagne de vaccination contre la grippe H1N1

vaccccin.jpgJERUSALEM - Les autorités israéliennes ont débuté lundi la campagne de vaccination de la population contre le virus de la grippe H1N1, a annoncé le ministère de la Santé.

Le personnel hospitalier et les malades chroniques âgés de moins de 65 ans sont les premiers à bénéficier de ce vaccin, tandis que les femmes enceintes et les enfants âgés de moins de trois ans doivent suivre prochainement, a-t-il précisé dans un communiqué.

Trente-neuf personnes sont mortes en Israël après avoir contracté le virus, selon les chiffres officiels du gouvernement.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné en juillet aux autorités sanitaires du pays d'acheter suffisamment de vaccins contre la grippe H1N1 pour couvrir l'ensemble de la population.

Au total, les autorités devaient débourser 450 millions de shekels (83 millions d'euros) pour l'achat de ces doses.

D'une Seule Voix

DUNESEULEVOIX.jpgDate de sortie cinéma :  11 novembre 2009

Réalisé par Xavier de Lauzanne
Avec Jean-Yves Labat de Rossi, plus

Long-métrage français. Genre : Documentaire
Durée : 1h23 min Année de production : 2009

Synopsis : Israéliens et Palestiniens, juifs, chrétiens et musulmans, ils sont avant tout musiciens. Partant du constat qu'il est maintenant impossible pour eux de se rencontrer en Israël ou dans les Territoires Palestiniens, Jean-Yves Labat de Rossi, vieux routard de la musique, va les chercher chez eux, de part et d'autre du mur, pour les inviter à une tournée surprenante qui les réunira en France pendant trois semaines.

Un pari audacieux qui se révèle rapidement risqué. Dès le début de la tournée, les rivalités apparaissent inévitablement. Sur scène, c'est un triomphe alors que dans les coulisses, le ton monte. Mais cette promiscuité à laquelle ils ne peuvent échapper les contraint, malgré tout, à communiquer. L'exaspération liée à la fatigue de la tournée et aux antagonismes politiques se transforme progressivement en liens qui se tissent et dont la musique est le fil de trame.

Voir le site officiel

Entretiens ardus pour Hillary Clinton au Proche-Orient

HILAt.jpgLa secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a rencontré samedi à Abou Dhabi le président palestinien Mahmoud Abbas avant de s'entretenir à Jérusalem avec les dirigeants israéliens dans l'espoir de relancer un processus de paix en panne depuis près de deux ans.

Selon Nabil Abou Rdaïnah, un proche d'Abbas, la rencontre n'a pas permis de faire avancer ce processus complètement interrompu depuis l'intervention de Tsahal contre le Hamas à Gaza l'hiver dernier. "Il n'y a pas eu d'avancée dans les discussions", a-t-il dit à Reuters par téléphone d'Abou Dhabi.

"Le président Abbas a réaffirmé à Hillary Clinton que les Palestiniens ne reprendraient pas les pourparlers avant un gel total des colonies et en l'absence d'un objectif clair pour ces pourparlers", a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence de presse à Abou Dhabi, Mahmoud Abbas a déclaré qu'il n'y aurait pas de reprise de négociations avant l'arrêt des constructions de logements sur les territoires où les Palestiniens entendent créer un Etat, rapporte l'agence palestinienne officielle Wafa.

La secrétaire d'Etat, qui faisait escale au Proche-Orient au retour d'une visite au Pakistan, s'est ensuite rendue en Israël. Après des discussions avec des responsables à Jérusalem, elle devait rencontrer dans la soirée le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

La responsable de la diplomatie américaine discutera de l'avenir du processus de paix la semaine prochaine au Maroc avec ses homologues des pays membres de la Ligue arabe.

Tandis que Clinton se rendait à Tel Aviv, le porte-parole du département d'Etat, P.J. Crowley, a déclaré: "Nous avons toujours reconnu que les colonies représentaient une très grosse question pour les deux parties (...) Nous continuons de parler à toutes les parties afin de les aider à clarifier les détails et voir si l'on peut réduire l'écart."

Clinton a remis la semaine dernière au président Barack Obama un rapport faisant valoir que le processus de paix traversait une passe difficile et qu'elle s'efforcerait de le relancer à l'occasion de son passage au Proche-Orient, dit-on de source autorisée américaine.

"LE RAPPORT GOLDSTONE CRÉE BEAUCOUP DE PROBLÈMES"

Avant sa visite à Abou Dhabi, la responsable de la diplomatie américaine a annoncé qu'elle insisterait auprès des deux parties sur la détermination d'Obama à faire prévaloir une solution au conflit impliquant la coexistence d'un Etat palestinien indépendant et viable aux côtés d'Israël.

"Manifestement, nous ne pouvons pas être plus royaliste que le roi. Ce que je veux dire, c'est que les négociations sont ce qu'elles sont. Mais le fait que les Etats-Unis se sont engagés et que nous sommes sérieux dans cet engagement est en soi un message très positif", a dit Clinton à la BBC.

Cette visite de Clinton au Proche-Orient intervient alors que l'émissaire spécial d'Obama, George Mitchell, a effectué sans succès durant la même période une dizaine de missions de bons offices dans la région.

Abbas pose comme condition à toute reprise des négociations un gel total de la colonisation juive en Cisjordanie et dans la partie orientale occupée de Jérusalem, un préalable auquel Netanyahu se refuse catégoriquement.

Netanyahu n'a concédé à Obama que le principe d'un Etat palestinien, mais démilitarisé, et exige d'Abbas qu'il reconnaisse Israël comme l'Etat des Juifs, renonçant du même coup au droit au retour des réfugiés arabes du conflit de 1948.

Clinton a estimé que le rapport du juge indépendant Richard Goldstone, qui a remis fin septembre au Conseil des droits de l'homme de l'Onu un rapport faisant état de possibles crimes de guerre commis par Israël ainsi que le Hamas durant le conflit de Gaza, avait compliqué les efforts de paix.

Ce rapport, qui a été dénoncé par Israël comme déséquilibré et dont l'Assemblée générale des Nations unies discutera la semaine prochaine, crée "beaucoup de problèmes", a-t-elle souligné.

Dans Newsweek : Israël et la sécurité

netanyahu-benjamin.jpgArticle paru dans "NOUVELOBS.COM"
Dans une interview au magazine Newsweek, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou livre son point de vue sur le rapport Goldstone, parle de la prolifération nucléaire et de la solution d’un Etat binational.
Benjamin Netanyahou, selon quelqu’un qui le connaît bien, considère la menace iranienne en termes très extrêmes : il se voit investi de la mission de protéger le peuple juif d’un deuxième Holocauste. Comme bien des Israéliens, il a été scandalisé par un rapport des Nations unies supervisé par l’ancien magistrat sud africain Richard Goldstone et qui accuse Israël de crimes de guerre lors de l’invasion de Gaza au début de cette année. Lally Weymouth de Newsweek s’est entretenue avec Netanyahou à Jérusalem la semaine dernière. Extraits :

LALLY WEYMOUTH : Qu’avez-vous pensé du rapport Goldstone ?
BENJAMIN NETANYAHOU : Je pensais qu’il y avait des limites à l’hypocrisie, mais de toute évidence, je me trompais. La soi-disant commission des droits de l’Homme accuse Israël — qui se défendait légitimement contre le Hamas — de crimes de guerre. Ceci alors que le Hamas, je le précise, est coupable non d’un seul type de crime de guerre, mais de quatre. D’abord, il appelle à la destruction d’Israël, ce qui selon la charte des Nations unies est considéré comme un crime de guerre — incitation au génocide. Deuxièmement, il a délibérément ouvert le feu sur des civils. Troisièmement, il se sert de civils comme de boucliers, et quatrièmement, il retient en captivité depuis trois ans notre soldat Gilad Shalit en interdisant à la Croix Rouge tout accès. Et après ça, qui se retrouve accusé de crimes ?

Les gens d’ici [en Israël] semblent considérer le rapport comme très injuste, mais certains appellent néanmoins à une enquête interne.
Nous l’envisageons, pas à cause du rapport Goldstone, mais pour nos propres besoins internes. La meilleure façon de désamorcer le problème est de dire la vérité, qui est qu’Israël se défendait par des moyens justes contre une agression injuste

Avez-vous été surpris que des pays comme la Grande-Bretagne ou la France ne soutiennent pas Israël ?
Je pense que tous les pays qui sont eux-mêmes en guerre contre ce genre de terrorisme violent doivent se dresser. Contre le terrorisme, la clarté morale est l’arme la plus importante.

Que pensez-vous de l’accord apparemment signé à Genève entre l’Iran, l’administration Obama et d’autres pays occidentaux ?

Il est trop tôt pour en parler, car ce qui compte réellement, c’est que la communauté internationale fasse pression sur l’Iran pour interrompre l’enrichissement de l’uranium, qui n’a qu’un objectif — la production d’armes nucléaires.

Cette semaine, on m’a dit que vous considériez que votre mission était d’éviter un deuxième Holocauste au peuple juif.

C’est un sentiment qu’ont toujours partagé les Premiers ministres d’Israël.

Le pensez-vous plus particulièrement à la lumière de la menace nucléaire iranienne ?

Pour l’heure, je pense que la question n’est pas uniquement la sécurité d’Israël, mais celle du monde. Les sociétés libres et ouvertes sont menacées par de sinistres extrémistes qui cherchent à se doter, avec leurs affidés, d’armes nucléaires.

Vos voisins arabes affirment qu’ils sont eux aussi très préoccupés.

A une exception près — et je n’en suis même pas sûr — il n’existe aucun pays arabe qui ne soit préoccupé à l’idée de voir l’Iran se doter de l’arme nucléaire. Et, bien sûr, les grandes puissances en Europe en ont compris le danger. S'il y parvenait, ce serait un tournant historique.

On dit qu’Israël pourrait se préparer à une frappe contre l’Iran.
Je ne suis pas responsable des rumeurs. Nous pensons qu’il s’agit d’un problème international. La communauté internationale étant concernée, l’effort international emmené par les Etats-Unis est le meilleur moyen de mettre fin à cette menace.

Selon vous, que faut-il faire vis-à-vis des Palestiniens ?
Pour résumer, je dirais que les négociations de paix doivent s’ouvrir sans conditions préalables, et que le résultat des négociations devrait être un Etat palestinien démilitarisé qui reconnaît l’Etat juif. Une courte phrase qui reprend l’essentiel du problème et l’essentiel de la solution. L’essentiel du problème est que depuis 62 ans, les Palestiniens refusent de reconnaître Israël comme l’Etat-nation du peuple juif.

Ils déclarent avoir reconnu Israël, mais qu’on leur demande aujourd’hui de le reconnaître en tant qu’Etat juif.

C’est exact. Israël n’est pas un état binational. Y vivent des non-juifs, qui disposent des mêmes droits intégraux, mais deux éléments garantissent son caractère spécifique. C’est le pays natal de tout Juif. Et un large consensus en Israël convient que le problème des réfugiés palestiniens doit être réglé hors des frontières d’Israël. Les Juifs viendront ici et les Palestiniens iront là. À vous de choisir. C’est le socle d’une solution.

Que pensez-vous du président Obama ?

Entre l’administration Obama et mon gouvernement, il y a bien plus de coopération et de transparence qu’on le sait. Nous parlons ouvertement, et j’apprécie beaucoup ce qu’a entrepris l’administration Obama pour lutter contre la présentation faussée des faits du rapport Goldstone, les pressions exercées sur l’Iran afin d’obtenir qu’il mette fin à son programme nucléaire militaire, et les efforts continus que nous menons pour relancer les négociations de paix entre Israël et les Palestiniens.

Par Lally Weymouth

Traduit de l'anglais par David Korn

Benjamin Fondane : À la recherche du judaïsme

recherchejudaisme.jpgArticle paru dans "Fabula"

Entre Jérusalem et Athènes. Benjamin Fondane. À la recherche du judaïsme.
Édition de Monique Jutrin
Paris: Lethielleux, coll. "Parole et Silence", 2009, 264 pages 22 euros

Présentation de l'éditeur :

Toute interrogation sur l'écrivain juif d'Occident se heurte à d'infinies ambiguïtés. Pour Benjamin Fondane, né Wechsler, auteur français d'origine roumaine, la conquête de l'identité fut ardue. Tout au long de son existence, il n'a cessé de redéfinir son judaïsme. Celui-ci n'est ni une pratique ni une observance, mais une exigence spirituelle. Et souvent cette relation au judaïsme s'affirme sous une forme paradoxale.

Comme Celan, comme Kafka, comme Chestov et tant d'autres, Fondane est un de ces Juifs du XXe siècle aux prises avec la tradition juive, en quête d'une issue pour l'individu, alors que le judaïsme ne conçoit l'individu qu'à travers la collectivité. En même temps, il cherche dans la Bible une alternative à la pensée rationnelle de l'Occident. C'est ainsi qu'il parvient à transmettre un message universel qui touche le lecteur d'aujourd'hui.

Nous avons rassemblé dans ce volume la plupart des textes que Fondane a consacrés au judaïsme. La première partie comprend les écrits de jeunesse en langue roumaine, où l'on trouve des articles concernant des figures juives roumaines, mais aussi Marc Chagall et Shalom Alechem. La deuxième partie est constituée par des textes écrits en français après son départ de Roumanie. S'ils sont imprégnés de la pensée existentielle que Fondane a développée suite à la rencontre de Léon Chestov, l'on y découvre aussi des réflexions sur Martin Buber, Franz Kafka, ou Jacques Maritain.

Nucléaire: Israël annonce avoir discuté avec l'Iran qui dément

nucleaire.jpgJERUSALEM — Israël a admis jeudi avoir mené avec l'Iran, pour la première fois depuis 1979, des discussions sur la dénucléarisation, une annonce aussitôt démentie par Téhéran.

"Il y a eu des rencontres entre une représentante de la commission pour l'énergie atomique d'Israël et un officiel iranien dans un cadre régional", a affirmé à l'AFP Yaël Doron, une porte-parole de cette commission.

"Ces rencontres se sont déroulées à huis clos et leur tenue n'aurait pas dû être révélée, mais l'Australie qui les a organisées a jugé bon d'en faire état", a-t-elle ajouté sans autre détail en raison du huis clos.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Mark Regev, s'est refusé à tout commentaire.

L'Iran, de con côté, a qualifié ces informations de "mensongères".

"Cet acte de propagande vise à affecter le succès de la diplomatie iranienne lors des réunions de Genève et Vienne" avec les grandes puissances pour apaiser les tensions sur le programme nucléaire controversé iranien, a déclaré le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Ali Shirzadian, cité par le site internet de la télévision d'Etat.

La République islamique d'Iran, créée après la révolution de 1979, ne reconnaît pas l'Etat d'Israël et son président Mahmoud Ahmadinejad a prédit qu'Israël serait "rayé de la carte".

De son côté, Israël accuse l'Iran, qui dément, de vouloir se doter de l'arme atomique et considère le programme nucléaire iranien couplé à la construction de missiles à longue portée comme "une menace existentielle". L'Etat hébreu n'a pas écarté une action militaire contre les installations nucléaires de l'Iran.

Selon des experts étrangers, Israël compterait jusqu'à 200 ogives nucléaires.

Selon le quotidien israélien Haaretz, les entretiens israélo-iraniens ont porté sur une éventuelle dénucléarisation du Proche-Orient et réuni Meirav Zafary-Odiz, la directrice du suivi pour le contrôle des armements nucléaires de la Commission pour l'énergie atomique d'Israël, et Ali Ashgar Soltanieh, représentant iranien à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Ils se sont déroulés durant plusieurs sessions du 29 au 30 septembre, dans un grand hôtel du Caire, en présence notamment de délégués de Jordanie, d'Egypte, de Tunisie, du Maroc et d'Arabie saoudite, ainsi que de ceux des Etats-Unis et de l'Union européenne, sous les auspices de la Commission internationale pour la non prolifération nucléaire, écrit Haaretz.

Le journal cite un témoin selon lequel M. Soltanieh a notamment demandé directement à Mme Zafary-Odiz si son pays disposait de l'arme nucléaire, et celle-ci s'est contentée de sourire sans répondre à la question.

La représentante israélienne a dit, toujours selon Haaretz, que son pays était d'accord sur le principe de discussions sur une dénucléarisation du Proche-Orient, mais qu'il fallait renforcer la sécurité régionale et conclure des arrangements de paix avant qu'Israël ne puisse se sentir libre de s'engager dans de tels pourparlers.

Mme Zafary-Odiz a aussi fait valoir qu'Israël vivait dans un contexte géostratégique complexe, en accusant quatre pays de la région -l'Irak, l'Iran, la Libye et la Syrie- d'avoir au cours des dernières trois décennies violé leur engagement à respecter le traité de non prolifération nucléaire, selon le journal.

L'annonce israélienne est survenue alors que l'AIEA a donné jusqu'à vendredi à l'Iran et au trio Etats-Unis, Russie, France pour se prononcer sur un projet d'accord sur l'enrichissement à l'étranger d'une partie de l'uranium iranien à usage civil, soumis à leurs négociateurs à Vienne.

Coup de froid entre Kouchner et Nétanyahou

netanyahu-benjamin.jpgLe ministre des Affaires étrangères français devait se rendre prochainement à Jérusalem puis dans la bande de Gaza. Mais le premier ministre israélien s'y est opposé.

L'entente cordiale entre la France et Israël connaît quelques ratés. Selon les médias israéliens, Benyamin Nétanyahou a mis son veto à une visite de Bernard Kouchner qui devait notamment se rendre dans les prochains jours à Jérusalem puis dans la bande de Gaza. Le premier ministre ne voulait pas que les islamistes du Hamas, qui contrôlent la bande de Gaza, profitent du passage du chef de la diplomatie française pour se livrer à un «cirque médiatique». Alors qu'Israël impose un strict blocus sur cette région.

Les journaux soulignent toutefois qu'en infligeant une telle rebuffade à Bernard Kouchner, Benyamin Nétanyahou a aussi exprimé son «mécontentement» à la suite du refus de la France de voter vendredi dernier à Genève contre l'adoption par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU du rapport Goldstone. Ce document rédigé par Richard Goldstone, un juge sud-africain, accuse l'armée israélienne et des groupes armés palestiniens de «crimes de guerre» durant l'opération militaire menée par l'État hébreu dans la bande de Gaza au début de l'année. La France ainsi que la Grande-Bretagne n'ont pas pris part au scrutin contrairement aux États-Unis qui ont voté contre. Officiellement, toutefois, les responsables israéliens affirment qu'il n'y a pas la moindre crise avec la France…

George Mitchell de retour au Proche-Orient

mitchel.jpegL'émissaire spécial du président américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, est de retour dans la région jeudi pour tenter de convaincre Israéliens et Palestiniens de retourner à la table des négociations.

C'est sa première visite dans la région depuis la rencontre entre Barack Obama, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou à New York le mois dernier.

George Mitchell a déjà revu des représentants des deux camps aux Etats-Unis depuis cette réunion tripartite mais aucune avancée n'a été annoncée.

Les Palestiniens ne veulent pas reprendre les discussions tant qu'Israël n'aura pas complètement interrompu les constructions à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, ce que refuse l'Etat hébreu.

Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a estimé qu'il faudrait encore de nombreuses années avant de mettre fin au conflit israélo-palestinien.

Selon lui, il est irréaliste de penser qu'un accord de paix pourra être conclu dans le contexte actuel. Il plaide pour que les deux camps signent des accords intérimaires et reportent les questions les plus cruciales "à une étape beaucoup plus tardive".

Israël: Lieberman ne croit pas à un accord global avec les Palestiniens

liber.jpgLe ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a prôné jeudi le "réalisme" dans le processus de paix, affirmant qu'il ne croyait pas à un accord global avec les Palestiniens, avant une rencontre avec l'émissaire américain George Mitchell.

"Ceux qui croient que l'on peut parvenir dans les prochaines années à un accord global qui signifierait la fin du conflit ne comprennent pas la réalité. Ils sèment des illusions et nous entraînent vers un conflit général", a-t-il déclaré à la radio publique.

M. Lieberman doit s'entretenir dans la journée avec M. Mitchell qui commence une nouvelle tournée dans la région. L'envoyé spécial américain sera également reçu par le président Shimon Peres et le ministre de la Défense Ehud Barak avant de s'entretenir vendredi avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas.

"Je vais dire clairement qu'il y a des conflits qui n'aboutissent pas à une solution globale, comme à Chypre, et que les gens ont appris à vivre avec", a dit le chef du parti ultranationaliste Israël Beiteinou.

"On ne peut pas parvenir à un accord global sur les sujets cruciaux et émotionnels tels que Jérusalem, le droit au retour (des réfugiés palestiniens), les colonies. Il faut être réaliste", a-t-il soutenu.

Selon lui, "il faut parvenir à un accord intérimaire à longue échéance et reporter à bien plus tard, les sujets difficiles".

Interrogé sur la nouvelle stratégie diplomatique israélienne vis-à-vis des Etats-Unis, M. Lieberman a assuré que son objectif n'était pas de "s'éloigner des Américains, mais de leur faciliter la tâche".

"Les Etats-Unis mènent une politique étrangère très complexe, nous avons tendance à penser que nous constituons le principal problème pour eux, ce qui est faux. Ils ont des problèmes en Corée du Nord, en Afghanistan, au Pakistan, en Irak, en Iran et, pour compléter le tout, nous venons leur compliquer la vie", a argumenté M. Lieberman.

"Nous (Israéliens) devons apprendre à affronter seuls les nombreux problèmes sans avoir tout le temps besoin de faire appel aux Etats-Unis", a-t-il conclu.

Le chef de la diplomatie israélienne avait déjà jugé en août "irréaliste" la conclusion rapide d'un accord global prévoyant la création d'un Etat palestinien. Il avait même estimé peu probable la conclusion d'un accord de paix même d'ici à... 2025.