Maxime Coignard

Passionné par l'humain, Maxime Coignard s'intéresse tout spécialement aux ponts entre les problématiques professionnelles et personnelles. C’est à travers Diadem Coaching qu’il accompagne des femmes et des hommes, des équipes et des entreprises dans la réussite de leurs projets de changements collectifs ou individuels. Fort de 16 années d'expériences professionnelles en France et à l’International, Maxime Coignard est diplômé d’HEC Paris et Psychanalyste.

Les articles de Maxime Coignard

Il conquiert le monde avec ses lunettes branchées aux verres personnalisés

lunettesperso.jpgUne entreprise leader en Europe dans les lunettes publicitaires. Ses lunettes branchées aux verres portant images, logos ou messages ont séduit des stars, de Lady Gaga …

Ses lunettes branchées aux verres portant images, logos ou messages ont séduit des stars, de Lady Gaga aux Black Eyed Peas, et aujourd'hui des entreprises pour leur communication: avec un bac pro en poche et de la débrouille à revendre, Paul Morlet, à la tête de Lulu Frenchie à 22 ans, est un entrepreneur atypique.

Ce matin-là, brève panique à Lyon dans les 600 m2 de locaux de la société, qui s'affiche numéro un en Europe de la lunette publicitaire: le courant a été coupé, alors qu'une commande pour une société monégasque organisant un événement à Las Vegas était en cours de préparation.

"Ce sera expédié à temps", assure l'équipe. Paul Morlet, qui tient à honorer ses promesses de livraison même au bout du monde, serre les dents face au traceur où doivent être imprimées les pellicules personnalisées, percées d'une multitude de petits trous afin de ne pas obstruer la vision. Elle sont ensuite collées sur les verres.

Mèches brunes en bataille et blouson en cuir décontracté, le jeune homme est à l'image de ses salariés, une demi-douzaine de façon fixe et une poignée en intérim, qu'il dirige "dans un esprit start up" collaboratif.

Mais le parcours de chef d'entreprise de Paul Morlet, qui a réalisé près d'un million d'euros de chiffre d'affaires en 2012, est peu commun. "Collégien en ZEP, dernier de la classe, j'ai été orienté par mon prof de gym vers un BEP en électricité. Puis sans conviction non plus, j'ai passé un bac pro en alternance à la SNCF dans l'informatique", narre ce Lyonnais, fils d'un formateur technique et d'une secrétaire.

Il passe quelques mois dans un groupe de radio avant de lancer en octobre 2010 avec deux associés son projet, financé par ses 5.000 euros d'économies. "J'avais vu à la télé une soirée poker où la pub était partout sauf sur les visages des joueurs, d'où l'idée des lunettes", explique-t-il.

Celui qui se définit comme "technique et cartésien" met au point son procédé, applicable à des verres blancs ou solaires. Il "écrit" sur des lunettes les noms de stars et s'arrange pour leur faire remettre une paire, en backstage ou sur scène. Elles mordent souvent à l'hameçon en les portant et c'est ainsi que Lulu (comme lunettes) Frenchie s'assure une visibilité à bon compte.

500.000 paires écoulées en 2012

Depuis, la société a changé de dimension, avec 500.000 paires vendues en 2012, dont la moitié à l'export. Paul Morlet a décroché des licences comme celle du PSG, et parcourt les salons professionnels.

Les particuliers peuvent passer commande sur son site internet, à partir de 9-10 euros la paire. La livraison est garantie pour tous en 24 heures jusqu'à New York, assure Lulu Frenchie.

"Je veux offrir un service et laisser une production en France", martèle celui qui s'approvisionne néanmoins en montures en Chine, faute d'avoir trouvé un fournisseur compétitif dans l'Hexagone dit-il. Cet admirateur de Xavier Niel, le fondateur de Free, fustige les freins à l'activité et à l'innovation, alors que "notre pays a les cerveaux et les moyens" selon lui.

Invité à des conférences à Pékin, Rome et Bruxelles par la Commission européenne, il a aussi contribué à la réflexion de l'institution sur la simplification de la création d'entreprise.

Pour son ami lyonnais Maxime Verner, candidat à 22 ans à la dernière élection présidentielle comme "porte-voix de la jeunesse", "Paul, très démerdeur, fait partie de ces quelques jeunes qui créent leur propre boulot et malgré un niveau d'études modeste, il montre par l'exemple que ça marche".

L'intéressé, qui n'est "pas de droite", est fier de ce qu'il a bâti sans être un héritier. "Je ne suis pas dans la même cour que les entrepreneurs de près de 30 ans sortis d'écoles de commerce, qui s'endettent mais ont les parents derrière", affirme-t-il.

Nouveau champ d'intervention pour ce boulimique de travail: les prisons. Paul Morlet doit accompagner des détenus souhaitant se mettre à leur compte à leur sortie. "Ils sont en galère, ont besoin d'être orientés, comme j'en aurais eu besoin plus jeune", dit-il, à 22 ans.

Julien Clerc en concert Symphonique en Israël

julienc.jpgArticle paru dans "JSS"

Après le succès de son spectacle exceptionnel à l’Opéra National de Paris avec l’orchestre Symphonique, Julien Clerc arrive en Israël pour une date exceptionnelle – le 7 juillet 2013, la première de sa carrière en Israël – aux cotés de 40 musiciens. C’est Lollyprod, la société de production de David Stern qui a signé cette venue exceptionnelle. Un concert qui « va rester dans les mémoires, certainement le meilleur concert d’un artiste français en Israël. » De fait, le prix des places (entre 180 NIS et 390), accessible à tous publics, promet d’attirer foule rapidement. D’ailleurs, la billetterie ouverte depuis 48 heures tourne déjà plein régime !

Les chansons récentes, signées Gérard Duguet-Grasser, Alex Beaupain ou Gérard Manset, cohabitent avec les paroles taillées sur mesure par Maxime Le Forestier ou Jean-Loup Dabadie. Très impressionnant sur le plan vocal, l’interprète retrouvera dans ce concert de Tel-Aviv le lyrisme échevelé de ses productions des années 1970. De ce que les spectateurs ont pu voir lors de sa tournée en France, la superbe version du Patineur rappelle à quel point Julien Clerc a été un chanteur original et innovant et un musicien exigeant, qui vaut bien mieux que l’image de chanteur pour dames qu’il incarne parfois. La faute à Femmes, je vous aime, qui semble mièvre aux côtés de morceaux comme Utile, Ma préférence ou Fais-moi une place. La presse française dit d’ailleurs que « l’on a rarement vu Julien Clerc aussi épanoui sur scène » qu’au côté d’un orchestre symphonique . À chaque instant, selon le Figaro, « l’homme paraît habité par le plaisir de chanter, comme s’il ne réalisait pas lui-même la chance qu’il a. »

Avec ses fans israéliens et franco-israéliens, Julien Clerc revisitera ses 45 ans de carrière, de « Ce n’est rien », en passant par « Si on chantait », « Ma préférence », « Fais moi une place », ou encore « Femme je vous aime », et tant d’autres tubes, Julien promet aux spectateurs de les emmener dans un voyage plein d’émotion, de souvenirs et de magie !

Sur les sites ou les spectateurs peuvent commenter les spectacles de divers artistes, on retrouve une excitation certaine des fans. C’est le cas de « Ugo » qui écrit: « Je pense avoir vu chaque concert donné par Julien Clerc. Et je crois que celui-ci est mon préféré. L’accompagnement par un orchestre de cette qualité est un « plus ». Et le choix des chansons, beaucoup d’anciennes, très judicieux. Superbe moment. » Monette ajoute: « Génial, quel soirée ! Nous étions debout à chanter et danser (je précise que j’ai 72 ans !) ».

Après 70 représentations dans toute la France et plus de 200.000 spectateurs sur l’ensemble de la tournée, Julien Clerc poursuivra sa longue histoire d’amour avec le public le 7 juillet prochain sur la plus belle scène d’Israël.

Lollyprod, qui produira cette année en Israël le nouveau concert de Patrick Bruel, mais aussi les spectacles de Max Boublil et d’Elie Semoun, permet aux israéliens de découvrir la quintessence du divertissement à la française. Aucun doute que les succès seront au rendez-vous !

Quand Xavier Niel fait fouiller l'ordinateur d'un universitaire

xavier-niel.jpgArticle paru dans "Nouvel Obs"

En acquérant un tiers du capital du "Monde", on pouvait espérer que Xavier Niel, le patron de Free, coutumier des procès en diffamation, allait calmer ses ardeurs procédurières. Mais pas du tout ! Depuis qu'il a lancé son offre mobile à prix réduit, en janvier 2012, "Citizen Free" a recommencé à dégainer ses plaintes. Contre les journalistes, mais aussi contre... les universitaires !

Il est 7 heures du matin, le 17 décembre 2012, quand Bruno Deffains, professeur d'économie à l'université de Paris-II Panthéon-Assas, voit débarquer à son domicile de Nancy un huissier et un expert accompagnés de deux policiers. Durant deux heures, ces messieurs passent l'ordinateur de l'universitaire au crible et copient des e¬mails et des fichiers, qui ont été placés sous séquestre. Le professeur d'économie est sous le coup d'une action en justice pour dénigrement.
"Sommations interpellatives"

La raison de cette descente ? Xavier Niel n'a pas digéré son article intitulé "Free : quand l'idéologie de la concurrence dessert l'économie", publié dans "les Echos" du 11 juin. Bruno Deffains y résume les conclusions de son étude sur l'impact de l'arrivée du nouvel opérateur dans la téléphonie mobile, en janvier 2012. Selon lui, la baisse totale du chiffre d'affaires dans le secteur des télécoms mobiles (opérateurs, équipementiers, etc.) provoquée par le lancement de Free Mobile - qu'il estime à 6,5 milliards d'euros - va y provoquer la destruction nette de 55.000 emplois dans les deux années suivantes. […]

Forts mécontents, Xavier Niel et Maxime Lombardini, directeur général d'Iliad (la maison mère de Free), lancent, à partir du mois de juillet, une série de "sommations interpellatives".
Salir l'image de Free ?

A cinq reprises, un huissier se rend à Nancy, au domicile de l'enseignant, et à Paris, dans les locaux de la faculté, pour lui poser des questions. Car les dirigeants de Free sont persuadés que Bruno Deffains n'a pas eu "spontanément l'idée de la rédaction du rapport", mais qu'il lui a été "commandé par un tiers". Autrement dit, un concurrent cherchant à salir l'image de Free.

Ils accusent Deffains de manquer d'impartialité […]. "Je n'ai pas été payé pour faire cette étude, affirme Bruno Deffains au "Nouvel Observateur". Je l'ai faite dans le cadre de mes recherches universitaires."
Les huissiers cherchent "SFR" et "Orange" dans le disque dur

Ne parvenant pas à obtenir les aveux de l'économiste, Free Mobile a demandé au tribunal de grande instance (TGI) de Paris d'avoir accès à son ordinateur en vue d'engager une procédure pour dénigrement. Ce que le juge, de manière fort surprenante, a accepté.
Dans cette affaire, il y a une double instrumentalisation de la justice, estime Me Thibault de Montbrial, avocat du défendeur. D'abord, il y a une tentative d'intimidation et d'isolement de Bruno Deffains, qui vise à limiter ses interventions dans le débat public. Et puis cette saisie informatique non contradictoire permet à Free de mettre la main sur des documents confidentiels concernant ses concurrents !"

Lors de la visite surprise du 17 décembre, l'universitaire a observé que l'huissier et l'expert informaticien avaient saisi, dans le moteur de recherche de son ordinateur, des mots-clés qui avaient été expressément exclus par le juge des requêtes comme "Orange" ou "SFR".

Estimant l'instruction disproportionnée et entachée d'irrégularités, l'universitaire et son conseil ont demandé la rétractation de l'ordonnance et la destruction des fichiers saisis. La décision sera rendue le 1er mars. […]

Interrogé sur le sens de cette procédure envers un enseignant-chercheur, Niel, qui invoque la nécessaire "transparence des débats" et le "respect du droit", a préféré se retrancher derrière le "off". Son avocate, Me Mathilde Guérin-Surville, n'a pas non plus souhaité nous répondre. [...]

Israel, Tel-Aviv :salon historique d’art contemporain français pour la première fois en Israël !

Pic1.jpgEn Israël, le Salon d’Automne a trouvé sa tente d’Abraham accueillante et généreuse au Namal Yafo Hangar 1:  du 31 octobre au 4 novembre 2012 et réunira plus de 800 œuvres d’artistes français et israéliens.

Il est des rêves fous qui deviennent réalité !
Un de nos célèbres rêveurs est incontestablement Herzl avec son  « Im tirtsou ein zo Hagada »
(Si vous le voulez ce ne sera pas une légende).
Cela a été la réponse d’Audrey Harroch, commisaire de l’exposition au Président du Salon d’Automne - Noël Coret – qui lui avait dit, il y a quelques mois,  « Mon rêve serait que le Salon d’Automne vienne en Israël »…

Le Salon d’Automne, Salon d‘art contemporain, Salon des arts contemporains, n’a eu de cesse depuis sa création en 1903 de se positionner comme un lieu d’accueil pluridisciplinaire qui réunit la « Fraternité des Arts » : sculpture, peinture, photographie, design…

Salon indompté, Salon indomptable ?
Il écarte la dictature du goût et de l’esthétisme au nom de la diversité sur tous les modes et dans toutes les langues !

Salon engagé, où l’Histoire se mêle à l’Art !

En 1933 après la promulgation des lois raciales dictées par Adolphe Hitler où l’antisémitisme est officiellement énoncé, le Salon d’Automne affiche son soutien au comité français pour la protection des intellectuels juifs persécutés.

En 1940, son président Georges Desvallières (1861-1950) alertera les exposants du Salon d’Automne de la visite de la Gestapo venue repérer les artistes juifs. En 1943, en pleine occupation, le Salon d’Automne organise courageusement une rétrospective du peintre Georges Braque, alors étiqueté « artiste dégénéré », comme tous les cubistes. La présence de nombreux artistes résistants au Salon d’Automne décidera Picasso à y présenter plus de 80 œuvres au Salon de 1944, le célèbre « Salon de la Libération ». 

Salon nomade puisqu’il voyage aux quatre coins du monde et reçoit depuis sa création des délégations internationales offrant des rencontres inédites d’artistes et brassant les cultures.

Le Salon d’Automne est conçu sur une maxime : offrir des débouchés aux jeunes artistes, leur offrir une fenêtre internationale et faire découvrir à un public populaire les courants les plus novateurs de son époque.
Pour n’en citer que quelques uns : Renoir, Rodin, Maillol, Cézanne, Brancusi, Kandinsky, Delaunay, Kupka, Marcel Duchamp, Le Corbusier, Léger, Matisse, Picasso, Renoir, Vasarely et l’israélienne Chana Orloff ! Tous les artistes juifs de l’Ecole de Paris s’y donneront rendez-vous, qu’ils s’appellent Chagall, Modigliani, Pascin, Kisling, Soutine, Kremegne, Mané Katz…  Depuis 1903, les grands noms se bousculent et font du Salon d’Automne  le Salon historique le plus représentatif de la modernité du XXème siècle.

Après un siècle d’expositions annuelles sous les voûtes du Grand Palais, depuis deux ans le Salon d’Automne se déploie sur les Champs Elysées ! et se déplace : Chine, Brésil, Japon, Russie….

En Israël, le Salon d’Automne a trouvé sa tente d’Abraham accueillante et généreuse au Namal Yafo Hangar 1 du 31 octobre au 4 novembre 2012 et réunira plus de 800 œuvres d’artistes français et israéliens.

Organisé par Monsieur Robert Harroch, homme d’affaire sioniste de France et sa fille, la commissaire d’exposition, Audrey Harroch qui ont reçus le privilège de représenter le Salon d’Automne en Israël, le Salon d’Automne Israël est l’occasion d’une rencontre culturelle franco-israélienne d’artistes professionnels sélectionnés par le jury du Salon d’Automne Paris.

Le salon sera inauguré par Son Excellence l’Ambassadeur de France en Israël Monsieur Christophe Bigot et est parrainé par l’Ambassade de France  et l’Institut français d’Israël, la Fondation France Israël,  l’Union Patronal Juif de France, le KKL et le Club des Ambassadeurs.

Israël comme le Salon d’Automne, est le pays de l’innovation, de la création dans toute sa diversité, cette rencontre inédite entre artistes israéliens et du Salon d’Automne s’avère d’ores et déjà comme un moment privilégié, très attendu, de l’année 2012 consacrée à l’Art à Tel Aviv.
Qu’il puise à la source de techniques ancestrales ou qu’il s’affirme sur le front de l’avant-garde, qu’il soit urbain ou intime, l’art est influencé des cultures, des voyages, des personnalités, des couleurs qui fondent la société israélienne !

En octobre 2013, une délégation d’artistes israéliens sera organisée pour exposer au Salon d’Automne Paris sur les Champs Elysées.
Informations pratiques :
    •    Entrée gratuite
    •    Horaires d’ouverture :
Mercredi 12h-18h
Jeudi 12h-22h
Vendredi 10h-20h
Samedi 10h-22h
Dimanche 12h-20h
    •    Adresse Hangar 1 – Namal Yafo
    •    Tel : 072 221 1306
    •    Site internet : www.salon-automne.co.il

Une autre Le Pen cherche à se faire un prénom

marionlepen.jpgArticle paru dans "LCI"

Le FN se prépare méticuleusement pour les législatives de juin. Sa dernière trouvaille ? Placer la nièce de Marine Le Pen, jeune étudiante en droit, à Carpentras, lieu hautement symbolique pour le parti.

MarionMarion / Crédits : AFP
MarionMarion Le Pen © AFP

Parachutée à Carpentras pour les législatives, Marion Maréchal-Le Pen arrive avec un fardeau plutôt lourd à porter pour ses jeunes épaules.  Son grand-père Jean-Marie Le Pen l'a envoyé pour "laver son honneur", après une sombre histoire de profanation d'un cimetière juif en 1990 dans laquelle le Front national avait été indirectement accusé. Jean-Marie Le Pen aurait dû se présenter, mais il a laissé la place à Marion, 22 ans, fille de Yann Le Pen, la sœur de Marine et Samuel Maréchal, ancien cadre frontiste. "Le Front national souhaite prendre une éclatante revanche à Carpentras en la personne de cette jeune fille qui est très symbolique de sa génération", a déclaré Jean-Marie Le Pen mercredi.

"Le fait qu'elle ait le nom de Le Pen pour Carpentras c'est tout un symbole, car on a lâchement accusé Jean-Marie le Pen et le FN et l'honneur n'a jamais été lavé publiquement", explique Maxime Ango, le directeur de campagne Marion. "Mais quand la cause est terriblement exaltante c'est est d'autant plus facile", estime ce salarié du FN, membre du bureau des jeunes frontistes.

Ce n'est pas un baptême politique pour la jeune blonde "jolie et très avenante" selon les mots de Maxime Ango. En 2010, à 19 ans, elle briguait déjà les Yvelines aux régionales, sur la liste de Marie-Christine Arnautu. Comment fait-elle pour gérer vie politique et vie étudiante, alors qu'elle étudie le droit public à Assas ?

"On la prépare moralement"

"Quand on appartient à une famille comme celle-ci forcément on est engagé mais elle n'a jamais eu la volonté de s'engager publiquement après les régionales, elle s'est mise sur le côté  en soutenant sa mère et son équipe. Là elle revient sur le devant de la scène en essayant d'allier le mieux possible sa vie personnelle et sa vie publique", explique Maxime Ango.  Pour celle qui "ne pensait pas avoir un rôle déterminant dans cette campagne", c'est une sacrée mission à accomplir. "On la prépare politiquement mais aussi moralement parce qu'on sait que ça va être intense, avec un écho médiatique très fort  et on se prépare au combat politique à venir face à Jean-Michel Ferrand qui est très véhément contre la famille Le Pen". "Même si ça ne sera pas simple, le fait que je sois une femme, donc symbole de parité, et que je porte le nom de Le Pen peut être un atout pour l'emporter", a déclaré Marion Maréchal-Le Pen.

Ça fait beaucoup de symboles pour une personne, mais ce n'est pas tout. La jeune blonde aux faux-airs de Marine Le Pen doit aussi séduire la jeunesse, celle qui a voté  à 24% pour le FN au premier tour, selon TNS Sofres/Sopra Group pour TF1 et Métro. "Il faut que les jeunes soient représentés,  les futurs électeurs  de Marion vont en prendre confiance en elle rapidement. Et puis, on ne lâche pas un candidat comme ça, les candidats sont aidés par le siège, elle sera soutenue", explique le directeur de campagne. Et son grand-père ne sera pas loin. "J'irai bientôt sur place pour présenter Marion à l'ensemble des candidats du Vaucluse. Je l'aiderai dans sa campagne", a-t-il dit.

Un bateau fantôme disparu au Japon arrive au Canada

batotsunami.jpgArticle paru dans "Slate"

Parmi les décombres à proximité de la ville de Sendai, le 12 mars 2011. REUTERS/Jo Yong-Hak

C’est un bateau qui a traversé le Pacifique, du Japon à l’Amérique. Renversé par le tsunami et le tremblement de terre du Japon l’an dernier, un bateau de pêche industrielle avait disparu dans la catastrophe. Il a été retrouvé en ce mois de mars près des côtes canadiennes. Il a dérivé sur le plus vaste océan du globe, pour arriver à une centaine de miles nautiques de la Colombie britannique.

Le vaisseau de 150 pieds de long (environ 50 mètres) a voyagé sur le flanc pendant un an. «Il est donc en assez mauvais état», a précisé le responsable des recherches marines canadien Jeff Olsson. La question qui se pose désormais est de savoir qui prendra en charge son rapatriement sur une côte.
Prise en charge

«Le bateau fantôme ne vaudra probablement plus rien –personne ne va vouloir s’en occuper, parce que cela entraînerait des coûts énormes de le rapatrier quelque part», a expliqué le capitaine Paul Gray,  expert en remorquage de bateau de la compagnie de remorque Vessel Assist (Bateau assistance). «Toutes ces ordures, cela va toucher l’Alaska, cela va atteindre la Colombie britannique, et aussi atteindre l’Etat de Washington», a-t-il prévenu.

«Le navire est la première épave importante à traverser le Pacifique depuis la catastrophe», relève Maxisciences. Le ministère des Transports canadien surveille les mouvements du bâtiment pour prévenir tout risque de pollution et d’entrave à la circulation maritime, mais la navigation est déjà gênée, les autres vaisseaux sont prévenus.

Le chalutier dérive lentement vers le sud, a prévenu la sénatrice de l’Etat de Washington: sa trajectoire et sa vitesse pourraient l’amener à toucher terre d’ici une cinquantaine de jours explique Maxisciences.

«Il devrait être suivi, d’ici mars 2014, par d’autres débris importants», précise le site. Une étude réalisée par des chercheurs de l'université d'Hawaï à la suite de la catastrophe japonaise avait en effet montré que jusqu'à 20 millions de tonnes de débris provenant du tsunami pourraient voyager depuis le Japon jusqu'au Canada, pour atteindre la Colombie britannique d'ici 2014. Cette étude réalisée par Nikolai Maximenko et Jan Hafner se vérifie au fur et à mesure. De plus en plus de débris sont retrouvés aux endroits où les chercheurs le prévoyaient.

«Nous essayons d'expliquer que [cette vague de déchets] est en train d'arriver et qu'il est temps de s'organiser pour agir», déclaraient déjà les chercheurs en octobre 2011.
Photo: Parmi les décombres à proximité de la ville de Sendai, le 12 mars 2011. REUTERS/Jo Yong-Hak

Le destin brisé des Sandler

Article paru dans "JDD"

En France, pendant la guerre, les aînés avaient échappé aux rafles et à la déportation. Mais des décennies plus tard, c’est la folie meurtrière de Mohamed Merah qui vient d’anéantir cette famille d’origine juive allemande.

Mercredi matin, sur le mont du Repos à Jérusalem, Samuel Sandler, tête basse sous un borsalino noir, a la voix meurtrie. "Jamais je n’aurais pensé qu’on pouvait encore assassiner des enfants juifs en France." En voyant face à lui les dépouilles de son fils Jonathan et de ses deux petits-fils, Gabriel et Arié, enveloppés dans un linceul blanc, il dit penser d’abord à son cousin de 8 ans, Jeannot, déporté de Drancy à Auschwitz en 1943. Né juste après la guerre, Samuel Sandler se rappelle qu’il est un survivant. En 1937, deux ans après l’adoption des lois antisémites de Nuremberg par le Reich et sans se douter de l’imminence de la Nuit de cristal anti-juive menée par les partisans d’Hitler et les SS, ses parents Henriette et Robert abandonnent leur fonderie de métaux ferreux, à Mannheim dans le Bade-Wurtenberg, pour rejoindre la France via des filières clandestines. Arrivés au Havre où se trouvent leurs proches, leur nationalité allemande en fait des indésirables. D’où un nouvel exode vers Limoges. Rue Gaignolle, dans leur modeste appartement de deux pièces, les Sandler ouvrent un restaurant casher clandestin qui, le soir, se transforme en atelier de fabrication de faux papiers pour les Juifs qui veulent passer la ligne de démarcation. Courage ou inconscience, ils poursuivent leurs activités même après le début des rafles de la Gestapo, auxquelles ils échappent miraculeusement.
Ils échappent à la Gestapo miraculeusement

Le regard plongé sur une pile de vieilles photos, cigarette à sa main tremblante, Léa Marcou raconte cette époque où elle n’était encore qu’une enfant. La sœur de Samuel, unique fille des Sandler, vit aujourd’hui dans le paisible quartier de Kyriat Hayovel, sur les hauteurs de Jérusalem, qu’elle n’a plus quitté depuis son arrivée en Israël il y a une vingtaine d’années. Traumatisée par l’odyssée tragique du Saint Louis – un paquebot à bord duquel 963 Juifs tentèrent de gagner l’Amérique durant l’été 1939 avant d’être interdits d’y débarquer et de revenir vers l’Europe –, Léa a longtemps craint qu’un départ vers la Terre sainte ne soit synonyme de voyage vers la mort. Mais la perte brutale de son jeune fils lui fait changer d’avis. Son amour, elle le reporte alors sur son neveu Jonathan, dont elle était très proche. "Il a toujours été profondément marqué par l’histoire de notre famille, surtout en devenant père. Pauline, sa petite dernière de 2 ans, seule rescapée avec sa maman de la tuerie de Toulouse, porte d’ailleurs le nom de sa grand-mère maternelle qui a été déportée", raconte Léa. Lundi dernier, vers 10 heures, en allumant la télévision, la vieille tante apprend qu’en plus de Jonathan, elle a perdu ses deux petits-neveux Gabriel et Arié, froidement abattus eux aussi dans le massacre. "Nous étions une famille juive qui a survécu à la guerre et qui s’était reconstituée. Nous voilà décimés, il n’y a plus de descendance pour porter le nom des Sandler."
"A Ozar Hatorah, il voulait restituer ce qu'on lui avait appris"

Jonathan, 30 ans, est né à Bordeaux, la ville dont sa mère est originaire. Ses parents s’établiront plus tard en région parisienne et c’est au Chesnay, près de Versailles, qu’il grandit. La famille est pratiquante, engagée même, à l’instar de Samuel qui prend vite en main la petite communauté juive locale. Jonathan effectue sa scolarité à l’école publique jusqu’à la quatrième. Pris d’un intérêt soudain pour l’étude du judaïsme, il rejoint l’école Ozar Hatorah de Toulouse, à la réputation d’excellence. "C’était quelqu’un de discret, d’humble, et qui avait toujours le sourire, un sourire marquant", se souvient Leslie, très émue, qui tenait à lui rendre un dernier hommage lors des obsèques en Israël. "Il était fier de se présenter comme un ashkénaze français", renchérit Avner, un autre camarade de classe. Dans la ville rose, Jonathan Sandler est adopté par le directeur de l’école, Jacob Monsonego, dont la fille Myriam, 8 ans, est la quatrième victime du carnage perpétré par Mohamed Merah.

Le baccalauréat en poche, Jonathan décide d’émigrer en Israël pour continuer ses études religieuses. Il rencontre Eva Alloul, une Franco-Israélienne sépharade, très pieuse également qui, au terme d’un shidour, une rencontre organisée par un rabbin, devient son épouse. "Il a toujours voulu retourner à Toulouse pour enseigner à Ozar Hatorah, restituer ce qu’on lui avait appris", confie un proche de la famille. Son vœu est enfin exaucé en septembre 2011. Mais sa mission de deux ans s’est achevée, mardi, au bout de cinq mois. "Aux informations, on parle de gens tués et on passe à autre chose, explique sa tante Léa. Mais nous, on ne peut plus passer à autre chose."

Maxime Perez, correspondance à Tel Aviv (Israël) - Le Journal du Dimanche

« Tintin et le Secret de la Licorne » : une réalisation soignée pour un auteur au passé ambigu

Par le Pr Hagay Sobol

Pour paraphraser la célèbre maxime « Tintin, Le Journal des jeunes de 7 à 77 ans », dimanche matin nous sommes allés en famille voir le film éponyme de Steven Spielberg et Peter Jackson avec nos quatre charmants enfants âgés de 9 à 21 ans.

Personnellement, il faut bien reconnaître que c’est avec un peu d’appréhension que j’y suis allé. Tout d’abord, parce que c’est toujours difficile de porter à l’écran une œuvre littéraire que l’on est obligé de simplifier et que la réalisation ne correspond pas forcément à notre représentation des choses.

Ensuite, c’est à propos du passé ambigu de l’auteur lui-même que je n’ai connu qu’une fois adulte. Georges Rémi dit « Hergé » qui fut l’ami de figures de proue de l’extrême droite belge avant et pendant la deuxième guerre mondiale. Dans les versions initiales de plusieurs aventures se manifeste également son penchant colonialiste (« Tintin au Congo »), ou antiaméricain fleuretant avec l’antisémitisme (« L’étoile mystérieuse »). Ambivalence toujours, lorsqu’il traite de la Palestine sous mandant britannique dans « Tintin au pays de l’Or noir », le jeune nationaliste juif Goldstein / Finkelstein ressemble à s’y méprendre à Tintin, et sa vision de la cause est plutôt positive. J’avoue ne pas être très à l’aise lorsque des colonialistes, ou supposés tels, défendent Israël. Cependant, la référence au sionisme sera gommée progressivement au cours des trois versions que connu l’album.

Revenons au film lui-même. J’avais le regard empreint de mes souvenirs d’enfance et j’ai eu bien du mal à rentrer dans l’histoire. Non pas que la réalisation soit décevante, mais parce qu’il manquait un peu de naïveté et de magie pour que le charme opère. Il s’agit d’un pur produit du cinéma de divertissement américain, mâtiné de la technologie dernier cri du 3D et de la motion capture. On ne s’ennui pas un instant mais revisité avec les recettes des blockbusters récents tels « Transformers », en référence au duel final utilisant des grues opposant le Capitaine Haddock à Rackham le rouge, cette réalisation perd en authenticité.

Les cinéphiles et les fans du jeune reporter seront attentifs aux clins d’œil qui parsèment le film. Telles les références à d’autres aventures qui ponctuent l’action au fur et à mesure que les principaux personnages apparaissent. Dupond et Dupond sont bien là, ainsi que la Castafiore ! Il ne lui manque que de se voir « si belle en ce miroir ». On regrette cependant l’absence du Professeur Tournesol que l’on espère dans une suite prochaine. On aperçoit, au tout début, Hergé lui-même faisant le portrait du héro version BD. Et hommage Hitchcockien au réalisateur, une petite allusion aux dents de la mer.

Quant à la musique, même sentiment. Nous attendions, une nouvelle « Guerre des étoiles ». En fait, c’est une bande originale dont la personnalité se dissous eu peu dans les images.

A la sortie, les plus jeunes étaient ravis, les autres avaient un avis un peu plus mitigé mais pas déçus pour autant. Malgré les critiques énoncées, il s’agit de la meilleure adaptation cinématographique à ce jour des aventures du « rouquin à la houppe ». Nous avons donc passé un bon moment en famille et allons réviser nos classiques en relisant les aventures de Tintin en attendant de voir les deux autres opus que le père de ET et de jurassique parc va nous concocter.

Hôpital de Massy : inquiétudes autour d’une bactérie tueuse

hopitaljcartier.jpgArticle paru dans "Le Parisien"

Le département des urgences sanitaires du ministère de la Santé s’est emparé du dossier de la superbactérie signalée à l’hôpital de Massy (Essonne).

Massy (Essonne), lundi. Une superbactérie a été signalée l'hôpital privé Jacques Cartier, qui affirme qu'elle n'est pas en cause dans le décès de cinq patients. 

Finalement, ce ne sont pas 3 mais 5 patients porteurs de la bactérie multirésistante Klebsiella pneumoniae qui sont décédés à l’hôpital Jacques-Cartier de Massy (Essonne), depuis qu’une personne en provenance de Grèce porteuse de ce germe a contaminé, début juin, de nombreux malades de l’établissement, comme nous le révélions hier.

« Les morts ne sont pas à imputer au germe, mais à des pathologies préexistantes », assure Bruno Coignard, responsable d’une unité de l’Institut national de veille sanitaire (Invs).
Selon le spécialiste, toutes les vérifications cliniques et biologiques ont été effectuées sur les personnes décédées, et aucune de ces 5 disparitions n’est imputable à la sJJuperbactérie. « Ils étaient des porteurs sains », résume Bruno Coignard.
« On ne sait toujours rien sur ces cinq décès, dénonce de son côté la CGT de l’Essonne. Encore aujourd’hui, nous avons demandé à obtenir des informations à ce sujet. Et nous n’avons aucune indication nous permettant de dire que des autopsies ont été pratiquées sur ces patients. »

La direction de l’hôpital n’a pas souhaité s’exprimer

Contactée hier à de multiples reprises, la direction de Jacques-Cartier n’a pas souhaité s’exprimer. Lundi, lorsqu’elle avait été jointe, elle n’avait pas démenti nos informations. Elle n’avait pas non plus été en mesure de nous fournir un échéancier précis du déroulement de cette affaire, du rapatriement de la vacancière de Grèce à la fermeture du service demandée par l’Institut de veille sanitaire, le 29 juillet. La bactérie Klebsiella a pourtant au moins provoqué une mort. Celle du petit garçon de Virginie, maman de ce bébé né à l’hôpital privé de Massy et décédé le 22 juillet à l’âge de 9 jours.

Dans un document que lui a remis l’établissement sur les « conclusions des opérations et du décès », les médecins indiquent que son nourrisson a été victime d’une « dégradation progressive due à un sepsis sévère à Klebsielle » (lire ci-contre). Mais du côté du ministère de la Santé, on assure que cette klebsielle, nom courant des Klebsiella, n’est pas la même que celle qui a contaminé les malades, et incité l’agence régionale de santé d’Ile-de-France à interdire, le 29 juillet, les admissions au bloc spécialisé dans les urgences cardiaques. « En plus de la klebsielle multirésistante, l’hôpital privé de Massy a été victime cet été d’une klebsielle d’un autre type dans l’un de ses services de pédiatrie », avoue le ministère de la Santé.

Il n’en reste pas moins qu’une lettre d’information a été envoyée à 180 patients ayant séjourné dans l’hôpital de Massy entre le 1er juin et le 31 juillet. Et que le dossier est à présent sous la coupe du département des urgences sanitaires (DUS) du ministère de la Santé, chargé de gérer les dossiers de santé sensibles. Car ce que l’on craint au plus haut niveau, c’est une propagation de cette superbactérie à tout l’Hexagone. Ce qui pourrait non seulement faire des victimes, mais transmettre sa souche multirésistante à d’autres bactéries.

Le voyage à Auschwitz de collégiens français

collegienscamp.jpgArticle paru dans le "Figaro"

250 collégiens ont participé au «Voyage de la Mémoire» organisé par le Conseil général des Alpes-Maritimes.

REPORTAGE - À la veille du 66ème anniversaire de la libération d'Auschwitz-Birkenau, le Conseil général des Alpes-Maritimes vient d'organiser une visite du camp.

À Auschwitz-Birkenau

Des entrelacs de rails, des cheminées délabrées et des kilomètres de clôture de fil barbelés. Des nuages noirs qui surplombent des dizaines de baraquements de bois et de briques. De la boue partout, de la neige et puis un wagon qui rappelle plus que tout l'indicible. Et, surtout le silence dans le vent glacial de la Silésie polonaise. Face au plus grand cimetière du monde - 1,1 million de personnes sont mortes à Auschwitz-Birkenau en 5 ans -, les 250 collégiens qui participent au «Voyage de la Mémoire» organisé par le Conseil général des Alpes-Maritimes paraissent pétrifiés.

Les adolescents entourent Charles Gottlieb, un survivant de l'Holocauste. Ce fils de réfugiés juifs avait choisi l'Est de la France pour échapper à l'antisémitisme règnant en Pologne. Toute l'année, le vieil homme a multiplié les interventions dans leur classe pour leur expliquer comment fonctionner l'implacable machine à tuer. Les collégiens ont été choisis par leurs enseignants. Ce sont généralement ceux qui ont rédigé les lettres de motivations les plus bouleversantes, fait les exposés les plus documentés ou se sont montrés les plus motivés.

«J'étais à peine plus âgé que vous, j'avais 18 ans, j'étais résistant, j'ai été arrêté à Lyon et torturé par les hommes de Klaus Barbie puis envoyé ici. Je suis monté dans l'avant dernier convoi, le 11 août 1944. J'ai été un habitant d'Auschwitz durant 5 mois. Quand je suis descendu du train, j'ai demandé où j'étais. En me montrant une cheminée, quelqu'un m'a dit, tu vas entrer ici par la porte, tu en sortiras en cendre. Nous étions 730 dans ce convoi. Une demi-heure plus tard, nous n'étions plus que 80».

«Beaucoup de colère»

Ingrid, la voix nouée, murmure à sa copine. «C'est important qu'il soit-là, avec lui, on est vraiment dans l'histoire. C'est plus fort que ce qu'on a appris en cours». Elle ose une question: «Que ressentez-vous en revenant ici?» À 85 ans, le vieil homme ne craint pas le paradoxe: «Beaucoup de colère bien sûr, une infinie tristesse car tous mes camarades ont été tués, mais aussi une grande joie car nos bourreaux sont morts et moi, je suis là. Je peux vous raconter ce qu'ils nous ont fait endurer, ce que nous avons vécu. Vous savez maintenant de quoi l'homme est capable».

Il explique son énergie d'alors. Malgré la faim, le froid, les coups reçus, les déportés qui s'effondrent durant les appels interminables que faisaient les nazis, l'arbitraire quotidien mais sa volonté intacte même dans les pires heures: «Je voulais m'en sortir. Quand un déporté français a tatoué mon matricule, je lui ai demandé de me faire un numéro tout petit pour qu'il ne se voit pas après quand je retrouverai ma famille.» Faute d'un matricule discret, il en a eu deux. «Je suis à jamais le 193189 en tant que résistant et le B9664 parce que j'étais juif».

Maxime, un collégien très choqué regarde le rescapé soulever lentement sa manche. Il est bouleversé. Comme tous ses camarades quand l'ancien déporté montre les latrines «où aucune intimité était possible, où les capos nous donnaient des coups», «les couches de bois où nous dormions à cinq sans chauffage recouverts de vermine» Alors, l'adolescent interroge Charles Gottlieb : «Mais pourquoi n'avez vous pas cherché à vous évader?». «Parce que nous étions rasés, en costume rayé que nous ne parlions pas le Polonais, nous aurions été repérés tout de suite. D'ailleurs, un jour les nazis nous ont rassemblés car 5 détenus avaient tenté de fuir. Il les ont pendus au milieu du camp et nous ont dit, voilà ce qui vous attend si vous tentez de vous enfuir». Plus loin, Léa détourne le regard devant l'amoncellement de chaussures. «Chaque chaussure, c'est une histoire, celle d'une famille, ce pourrait être la mienne. Je n'imaginais pas toute cette horreur tout simplement car elle est inimaginable».

Visiblement touché par l'émotion des collégiens et plus encore par l'énergie du vieux rescapé, Éric Ciotti, président du conseil général, explique sa détermination pour poursuivre ses voyages créés par son prédécesseur: «les premiers déplacements remontent à 2003-2004 pour le 60ème anniversaire de la Shoah. Depuis nous avons fait partir 9000 collégiens et le travail de mémoire que Charles Gottlieb accomplit avec les enseignants nous donnent envie de poursuivre dans ce sens. C'est un engagement fort auquel nous sommes attachés puisque nous y consacrons chaque année plus de 400.000 euros». Le prix de la mémoire.