Maxime Coignard

Passionné par l'humain, Maxime Coignard s'intéresse tout spécialement aux ponts entre les problématiques professionnelles et personnelles. C’est à travers Diadem Coaching qu’il accompagne des femmes et des hommes, des équipes et des entreprises dans la réussite de leurs projets de changements collectifs ou individuels. Fort de 16 années d'expériences professionnelles en France et à l’International, Maxime Coignard est diplômé d’HEC Paris et Psychanalyste.

Les articles de Maxime Coignard

L'ancien DG de Free, un cost-killer à la rédaction du Monde

michaelbok.jpgArticle paru dans "L'Expansion.com"

L'ex bras-droit de Xavier Niel, le patron d'Iliad qui est l'un des trois nouveaux actionnaires du groupe Le Monde, reprend du service en France. Il a trois mois pour tailler dans les dépenses et redresser les comptes du groupe.

Michael Boukobza, l'ancien directeur général d'Iliad longtemps et ex-bras droit de Xavier Niel, reprend du service aux côtés de son mentor. Alors qu'il officiait depuis 2007 dans le secteur des télécoms en Israël (depuis l'arrivée de Maxime Lombardini aux manettes de Free), il est revenu pour prendre en charge la politique de "cost-killing" du groupe Le Monde, dans lequel a investi Xavier Niel.

Rue89 rapporte que sa mission (non rémunérée ??) durera trois mois, et qu'elle a pour objectif de faire repasser les comptes du groupe dans le vert, en taillant dans les dépenses superflues et en renégociant avec les fournisseurs. Il s'est déjà attaqué aux voitures de fonction et aux notes de frais, et devrait bientôt passer au chapitre des factures de téléphone...

Un tricheur disqualifié pour la finale d'un tournoi de poker à Cannes

poker-logo.jpgArticle paru dans "Le Monde"

Un joueur allemand soupçonné de tricherie a été disqualifié, vendredi 5 novembre, à la veille de la finale du Partouche Poker Tour, l'un des plus importants tournois de poker d'Europe, qui doit se disputer à Cannes ce week-end, a annoncé le groupe Partouche.

Le tricheur présumé, Ali Tekintamgac, 'a été disqualifié après s'être rendu coupable de manoeuvres frauduleuses', a précisé Maxime Masquelier, pour qui les modalités de la fraude sont plutôt exceptionnelles dans ce type de tournoi de haut niveau.

Selon une source au sein du groupe Partouche, le joueur allemand aurait en effet été aidé par un faux journaliste lors de la phase finale du tournoi qui s'est déroulée à Cannes du 2 au 7 septembre.

Les journalistes avaient accès aux tables. Le faux journaliste, en se penchant un peu, est parvenu à plusieurs reprises à voir le jeu des autres joueurs et à le communiquer, par signes, au joueur allemand. 'Les vidéos parlent d'elles-mêmes', selon une source du groupe Partouche.

EXCLU D'UN TOURNOI EN ESTONIE

Maxime Masquelier a expliqué que cette mesure d'expulsion 'très rare' avait été prise après le visionnage des bandes vidéo, une procédure observée après chaque épreuve, ajoutant qu'une plainte avait été déposée auprès du service central des courses et des jeux du ministère de l'intérieur.

Selon le responsable d'un site de poker en ligne, Ali Tekintamgac a déjà été exclu d'un tournoi en Estonie. Ce joueur allemand avait remporté le 22 mai le tournoi de poker WPT de Barcelone et empoché 315 000 euros.

La phase finale du tournoi Partouche a réuni à Cannes 764 joueurs qui ont payé chacun un droit d'entrée de 8 500 euros. La finale du tournoi se déroulera donc exceptionnellement à huit joueurs au lieu de neuf, au casino Palm Beach de Cannes. Le tournoi est l'un des mieux dotés d'Europe, avec un gain de 1,3 million d'euros pour le vainqueur.

La burqa pourrait bientôt être interdite aux Pay-Bas

Article paru "Le Monde"

Lors de la présentation officielle, jeudi, des termes de l'accord de gouvernement, Geert Wilders (D) était aux côtés du dirigeant libéral Mark Rutte (C) et du leader chrétien-démocrate Maxime Verhagen (G) pour annoncer les trois mesures-phares dont l'interdiction de la burqa.

Demandée par le chef de file du parti d'extrême droite PVV, Geert Wilders, l'interdiction de la burqa est l'un des points de l'accord conclu mardi soir après trois mois de négociations entre libéraux (VVD) et chrétiens-démocrates (CDA) et soutenu par son parti.

Dans cette intervention sur un site djihadiste, le populiste néerlandais Geert Wilders est accusé d'insulter le prophète et de se moquer de l'islam

Lors de la présentation officielle,  jeudi 30 septembre, des termes de l'accord tripartite de gouvernement, Geert Wilders était aux côtés du dirigeant libéral Mark Rutte et du leader chrétien-démocrate Maxime Verhagen pour annoncer trois mesures-phares : supprimer le déficit budgétaire d'ici 2015, durcir les lois sur l'immigration, et, a précisé Geert Wilders lui-même, "il y aura aussi une interdiction de la burqa". Le PVV était arrivé troisième, lors des élections législatives anticipées du 9 juin. "Un vent nouveau va souffler sur les Pays-Bas", a assuré M. Wilders, ajoutant "nous voulons que l'islamisation soit stoppée."

LE CDA DIVISÉ SUR UN ACCORD AVEC LE PVV

Les groupes parlementaires du parti libéral et du PVV ont accepté à l'unanimité, mercredi, le texte de l'accord, conclu mardi soir. Les députés du CDA, parti divisé sur la collaboration avec le parti de M.Wilders, doivent encore se prononcer à l'issue d'un congrès du parti samedi avant que la reine ne donne à Mark Rutte le feu vert pour former un gouvernement. Le VVD et le CDA ne représentent que 52 des 150 députés de la chambre basse, mais obtiennent une majorité de voix avec le soutien du PVV, connu pour ses positions extrémistes sur l'islam, régulièrement taxé de "fasciste" et qui fait campagne pour l'interdiction du Coran et du voile intégral. Le PVV avait enregistré la plus forte progression lors des élections, obtenant 24 sièges de députés contre 9 auparavant.

En France, le projet de loi prohibant le port du voile intégral dans l'espace public avait été définitivement adopté le 14 septembre.

LE BUDGET DE LA SANTÉ RÉDUIT D'1,2 MILLIARD D'EUROS

L'accord de gouvernement prévoit également une réduction de 18 milliards d'euros des dépenses publiques d'ici 2015. Intitulé "Liberté et responsabilité", le programme prévoit notamment une réduction d'un milliard d'euros du montant de la contribution des Pays-Bas à l'Union européenne, une baisse d'un milliard d'euros du budget de l'aide au développement (4,9 milliards d'euros en 2010) et une diminution de 1,2 milliard d'euros du budget de la santé.Il prévoit aussi de réduire de 150 à 100 le nombre de députés et de 75 à 50 le nombre de sénateurs. "Des réformes importantes vont être menées aux Pays-Bas", a déclaré Mark Rutte. "Mon ambition est de veiller à ce que les Pays-Bas sortent plus forts de la crise", a-t-il affirmé.

"C'est un très bel accord", s'est félicité le chef de file du CDA, Maxime Verhagen : "Je suis convaincu que tous les chrétiens-démocrates s'y retrouveront".
Le texte prévoit également un relèvement de l'âge de la retraite de 65 ans à 66 ans d'ici 2020. Les libéraux voulaient initialement un relèvement de l'âge de la retraite à 67 ans. M. Wilders y était opposé.

Critique - Ces amours-là de Claude Lelouch

claudelelouch.jpgArticle paru dans "la Depeche"

Ce film du cinquantenaire de sa carrière, présenté par Claude Lelouch comme son oeuvre de synthèse, est une fresque romanesque qui n'atteint pas la hauteur de ses ambitions, parcourt un siècle d'histoire de France et du cinéma à travers une intrigue multipliant les coups de théâtre. La flamboyance un peu factice de Ces amours-là finit par lasser malgré la présence d'une Audrey Dana fiévreuse.

Une femme française

Dès la lecture du projet, le spectateur averti devine que Ces amours-là ne se distinguera pas exactement par son minimalisme et son économie de moyens. Saisi par une folie des grandeurs, l'ambition de retracer un siècle d'Histoire de France et du septième art à travers le passé amoureux d'une femme, Lelouch livre une fresque feuilletonesque et ludique, où l'on se plaît à chercher les nombreux clins d'oeil cinéphiles et à reconnaître en chaque personnage une figure symbolique du siècle écoulé : L'officier allemand, le soldat américain, le résistant juif, autant d'hommes incarnant les amours plurielles et contradictoires d'Ilva, femme sentimentale et impulsive, héroïne lelouchienne par excellence. Définie par le réalisateur comme son pendant féminin, Ilva semble toute empreinte de l'intensité tragique de ce siècle déchirant. Un personnage de femme exigeant honoré par l'interprétation de l'attachante Audrey Dana.

Cependant, l'ambition de Lelouch d'allier le romanesque d'une histoire d'amour à un hommage au septième art est malheureusement ce qui fait la faiblesse du film. L'histoire, fonctionnelle et secondaire, se pliant avant tout au service de l'hommage cinéphile, ne parvient jamais vraiment à nous convaincre. Les rebondissements à répétition s'enchaînent dans cette fresque où l'on passe de l'ivresse au désespoir et du désespoir à la renaissance, où les hommes comme les amours vivent et périssent d'une scène à l'autre, car "le destin sonne toujours deux fois". Ces amours-là finit par lasser avec ses coups de théâtre tirés par les cheveux qui prêtent à sourire à défaut d'être convaincants.

L'enfance du cinéma
Le film s'engageait pourtant bien, sur fond d'images d'archives du cinéma muet illustrant l'histoire de la mère d'Ilva perdant son mari à la guerre et, déjà, alors que le septième art célèbre l'arrivée du cinématographe parlant, la destinée tragique semble se transmettre de mère en fille.

Peu convaincant lorsqu'il s'agit d'imbriquer la petite histoire dans la grande, Lelouch se montre d'un savoir-faire indéniable dans la reconstitution dune époque où l'enfance du cinéma se chevauche avec les événements tragiques d'un siècle meurtrier. Le cinéaste, pour avoir grandi dans ce siècle, pour avoir fréquenté ces salles obscures où les actualités de la guerre remplaçaient les bandes annonces d'aujourd'hui, livre quelques scènes émouvantes remplies de l'esprit de contradiction d'un monde déchiré entre résistants et collaborateurs, entre morts innocents et vivants coupables d'avoir survécu à la Shoah.

Ce film de synthèse de tout un cinquantenaire consacré au cinéma, fait de bouts d'histoires illustrant des maximes sentimentales ("l'amour est un long voyage dont le retour vaut parfois plus cher que l'aller"), séduira peut-être les inconditionnels des films choraux et du cinéaste des Uns et des Autres.

Condamné pour avoir braqué un laser sur des avions à l'atterrissage à Orly

avions.jpgArticle paru dans "LeMonde.fr"

Un jeune homme de 20 ans a été condamné, mardi 31 août, à 6 mois de prison avec sursis pour s'être 'amusé' à braquer un laser sur le cockpit de trois avions de ligne au moment de leur atterrissage dimanche soir à l'aéroport d'Orly (Val-de-Marne).

Air France et easyJet s'étaient portés partie civile pour mettre en garde contre la recrudescence de ce type d'incident qui 'peut gravement nuire à la sécurité aérienne', selon les mots de Me Maxime Malka, avocat de la compagnie française. 'L'atterrissage est une phase cruciale et il y a eu des crashes pour moins que ça', a fait valoir Me Alexandre Ramsamy, avocat d'easyJet, précisant que le pilote avait été visé par le laser pendant 'plus de sept secondes'.

Interpellé dimanche sur un parking de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) situé près des pistes, le prévenu ne voulait que 's'amuser' avec un 'jouet', un pointeur laser acheté 7 euros lors d'un voyage en Thaïlande, a-t-il raconté à l'audience. 'Je ne savais pas que ça allait mettre des vies en danger', a-t-il marmonné. Son avocate, Me Célia Jeudi, l'a assuré : son client, poursuivi pour mise en danger d'autrui, ne 'connaissait pas la portée du rayon lumineux' et a agi 'par pure bêtise'. 'Il n'y avait rien d'intentionnel.'

Aux Pays-Bas, Geert Wilders irrite en se prononçant contre la mosquée de Ground Zero

geert-wilders-a-la-haye-le-15-juillet.jpgArticle paru dans "Le Monde"

Le député populiste Geert Wilders a déclenché une polémique aux Pays-Bas en annonçant, vendredi 7 août, qu'il se rendrait à New York le 11 septembre pour protester contre le projet de construire une mosquée sur le site de Ground Zero, où se trouvait le World Trade Center, détruit par des attentats d'Al-Qaida en 2001. Pour M. Wilders, c'est à cet endroit que "l'islam a commis le plus grand crime de ces dernières années".

Les opposants au projet ont manifesté lors de la délibération de la commission municipale, mardi 3 août.

Les faits Le projet de mosquée près de Ground Zero à New York obtient une victoire politique importante

"Ne glorifiez pas les meurtriers de 3 000 personnes – Non à la mosquée de la victoire du 11-Septembre" proteste une opposante au projet de construction.
Les faits Le projet de construction d'une mosquée près de Ground Zero tout près d'aboutir

Le chef du parti populiste islamophobe entend répondre à l'appel du mouvement Stop Islamization of America, qui l'a convié à une manifestation.

Cette prise de position a déclenché la colère du ministre des affaires étrangères du gouvernement démissionnaire, Maxime Verhagen. Il redoute que le discours de M. Wilders soit assimilé à une prise de position des Pays-Bas dans leur ensemble et entend, le cas échéant, "protester en termes forts" contre les excès éventuels du chef du parti populiste.

"JE DIS CE QUE JE VEUX"

M. Verhagen est, par ailleurs, le nouveau dirigeant du groupe parlementaire de l'Appel chrétien démocrate (CDA) et c'est à ce titre qu'il a commencé des négociations avec le parti libéral VVD et le Parti pour la liberté (PVV) de M. Wilders, en vue de la formation d'une coalition minoritaire qui bénéficierait du soutien extérieur du parti populiste.

Avant le démarrage des négociations, lundi matin, M. Verhagen a indiqué que M. Wilders "prenait ses responsabilités" en se rendant à New York et qu'il l'invitait à "bien mesurer quelles peuvent être les conséquences de certains mots et certains actes". "L'accord, c'est que je dis ce que je veux", a répliqué M. Wilders lundi midi. Le leader du PVV se référait à un "pacte" conclu entre les trois partis qui négocient ensemble. Cet accord énumère tous leurs points de désaccord, notamment sur l'islam. "Il y a un accord formel et j'ai toute confiance en cela", a conclu M. Wilders. M. Rutte, le chef du parti libéral, s'est, lui, refusé à toute déclaration.

M. Wilders s'était, avant cela, attiré les foudres du sénateur CDA Hans Hillen. Ce dernier a déclaré à son propos : "S'il veut jouer avec les grands, il doit se soumettre aux règles des grands et penser à l'intérêt national." M. Hillen invitait aussi le dirigeant populiste à tenir compte de l'intérêt des entreprises néerlandaises.

La difficile phase de négociations commencée lundi entre les trois partis devrait durer au moins trois semaines.

La grogne des joueurs de poker en ligne

poker-logo.jpgArticle paru dans "Lemonde"

Après les paris sportifs, c'est au tour du poker en ligne d'être régulé, au grand dam des joueurs.

Le milieu amateur et professionnel du poker gronde à quelques heures de la légalisation du marché français, estimé à 300 millions d'euros de chiffre d'affaires. Au point que certains joueurs professionnels ont décidé de s'expatrier pour préserver leurs revenus, qui peuvent s'élever à plusieurs milliers d'euros.

Deux points de la loi attisent en particulier la colère des joueurs expérimentés : l'impossibilité de jouer avec des étrangers et la nouvelle taxation étatique. Le texte prévoit en effet que les joueurs français ne pourront jouer que sur les sites certifiés par l'Autorité de régulation des jeux en ligne, l'Arjel. Exit donc les parties sur les sites étrangers. Ces derniers, s'ils souhaitent exercer en France, doivent ouvrir un site réservé au marché français, puis obtenir l'agrément de l'Arjel. Joueurs français et étrangers ne peuvent donc plus se mélanger.

"STOPPER L'AMÉLIORATION DU NIVEAU DES JOUEURS FRANÇAIS"

"L'Etat français vient de m'enlever ce qu'il y avait de plus beau dans le poker. Alors que je faisais des parties endiablées contre des Américains, des Allemands, des Chinois… Tout cela est fini et c'est bien triste !", se désole Maxime, un joueur de 18 ans.

Mais les conséquences de cette séparation des joueurs vont bien plus loin. Qui dit moins de joueurs dit moins de mises, donc des tables moins intéressantes. "Le jeu principal auquel je joue [Pot Limit Omaha] n'est pas le jeu le plus joué, et ne sera probablement presque pas joué sur les sites franco-français, car peu populaire en France, explique Matthieu, étudiant. De plus, les limites, c'est-à-dire l'enjeu financier, avec lesquelles je joue seront probablement trop hautes pour que je puisse avoir des adversaires français." Actuellement, Matthieu peut verser jusqu'à 1 000 euros par partie.

"Je pense qu'il sera difficile de trouver suffisamment de joueurs aux tables correspondant aux enjeux financiers auxquels je suis habitué, ce qui affecterait fortement mes revenus", confirme Sébastien, joueur professionnel depuis trois ans, qui pointe une autre conséquence de long terme : "La popularité du poker en France est récente, et les joueurs français ont la réputation, notamment auprès des Américains, d'être le plus souvent des adversaires au niveau assez faible. L'impossibilité de se confronter aux joueurs de tous les pays lors des cash games et des tournois va stopper net l'amélioration du niveau général des joueurs français, qui commençait à se faire sentir."

UNE TAXATION REMISE EN QUESTION

L'autre grande source d'inquiétude est la taxation que l'Etat français va mettre en place sur les parties de poker. "Les professionnels n'étaient pas contre le principe d'une taxe. Elle est juste très mal faite", explique Vincent, joueur depuis six ans, passé professionnel il y a quelques mois.

Plutôt que de taxer les sites ou les bénéfices des joueurs, le législateur a choisi de prélever un pourcentage sur chaque mise, fixé pour le moment à 2 % dans la limite d'un euro par mise. Sur le papier, cela ressemble à la commission – dite rake – que prélèvent les sites de poker en ligne, située en moyenne à 4 % dans la limite de trois dollars par mise. Mais selon les projections des joueurs, cela devrait faire baisser drastiquement les gains, voire même les empêcher de gagner de l'argent.

Les revenus issus du poker sont en effet très fluctuants et il faut jouer beaucoup et bien pour espérer en vivre, comme Florent, professionnel émargeant à 8 000 dollars de gains par mois. "Il faut comprendre que le poker est un jeu où il y a une toute petite chance de gain, souligne Vincent. Sur une table à 100 dollars l'entrée, un bon joueur va gagner au mieux 10 dollars de l'heure." La hausse de près de 40 % du prélèvement (rake et taxation) devrait donc baisser mécaniquement le bénéfice du joueur, jusqu'à l'annuler pour les petits joueurs. D'autant plus que le texte prévoit de prélever aussi la taxe avant le flop, c'est-à-dire avant que trois cartes ne soient dévoilées, alors que les sites ne prennent leur commission qu'après le flop. La taxation s'exerce donc dès les premières mises du jeu.

EXPATRIATION DES PROFESSIONNELS

"Les personnes responsables de cette loi ne comprennent pas que ce qui rapporte le plus à la salle de poker en ligne sont les joueurs réguliers, ceux qui jouent sur vingt tables tous les jours", s'inquiète Gilles. "Les commissions versées représentent pour beaucoup plus que leurs gains réels. C'est pourquoi beaucoup de joueurs professionnels vivent du rakeback, c'est-à-dire la part des commissions reversées par la salle en ligne aux joueurs en remerciement de leur fidélité." Grâce au rakeback, le joueur récupère 25 à 40 % de la commission qu'il a versée au site Internet. Un remboursement partiel non négligeable pour les professionnels.

David, qui vit exclusivement du poker, a ainsi obtenu 21 000 dollars de rakeback depuis début janvier, auxquels doivent s'ajouter 33 000 dollars de gains, soit un revenu mensuel moyen de 8 500 dollars. Or, la législation française interdit cette pratique. "Ce qui revient à rendre encore plus difficile d'envisager de gagner de l'argent en jouant au poker", affirme Sébastien.

Que vont donc faire les joueurs professionnels, et tout ceux qui arrondissent leurs fins de mois grâce au poker ? "Ils vont partir ou employer des moyens détournés pour pouvoir jouer sur les sites étrangers", estime Vincent. "Les deux destinations les plus prisées sont Londres et la Thaïlande, grâce à leur taxation avantageuse."

Certains n'ont pas attendu l'application de la loi pour quitter la France. David, qui vit exclusivement du poker depuis plusieurs années, a choisi la Bulgarie. "Je n'ai pas eu d'autre choix que de m'expatrier à l'étranger en compagnie de ma femme et de mon enfant. Rester en France aurait été pour moi synonyme de la fin de mon activité."

YvanAttal: « J'aime Israël, d'autant plus que ce pays est mal aimé »

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Sources: Israelvalley Propos recueillis par Maxime Perez.

L’acteur et réalisateur se trouvait en Israël à l’occasion du festival du film français. Dimanche soir, à Haïfa, il a présenté « Rapt », dernier film réalisé par Lucas Belvaux et inspiré de l’affaire Empain qui s’est déroulée à la fin des années 70. Yvan Attal y interprète le rôle d’un puissant homme d’affaires kidnappé par des malfaiteurs.

Pendant les deux mois que durera sa séquestration, l’enquête va révéler des aspects de sa vie privée inconnus de ses proches: grosses pertes aux jeux, parties de chasse, nombreuses maîtresses. La presse à scandale en fait ses choux gras, provoquant le déchirement de sa famille et sa décrédibilisation au sein de son entreprise.

Yvan Attal, vous avez la réputation de ne pas vous précipiter sur n’importe quel rôle. Qu’est ce qui vous a séduit dans ce film qui retrace avant tout un fait divers ?

Le rôle que j’interprète est très intense et l’affaire dont il est question m’a beaucoup intrigué. J’ai également beaucoup aimé la trajectoire du film et la façon dont les deux parties s’articulent. Lucas Belvaux, avec qui je souhaitais travailler depuis longtemps, m’a tout de suite précisé qu’il ne comptait pas faire un biopic mais davantage se concentrer sur un événement très précis. Il n’avait pas envie de coller totalement à une réalité et c’est pour cette raison que j’ai été choisi. En réalité, Belvaux adapte un fait divers et parvient à extraire sa vérité.

Laquelle ?

La logique de l’argent prime sur l’être humain. Finalement, même dans les classes aisées, on oublie la valeur de l’homme. Ce qui compte, c’est que le système puisse continuer à marcher. En ce sens, le film fait écho à certains maux de la société actuelle.

Le tournage a été difficile…

La préparation physique a été délicate, il a fallu que je perde 20 kilos. J’ai été isolé du reste de l’équipe, notamment pendant les repas pour ne pas être tenté. Sur le moment, j’ai compris que cet isolement était la meilleure façon de s’imprégner du rôle. Le retour à la réalité n’a pas été évident.

Venir présenter ce film ici, en Israël, cela a-t-il pour vous une signification particulière ?

D’abord, jouer la condition d’un homme en captivité me fait penser au soldat Gilad Shalit et à tous les enjeux qui tournent autour de sa libération. Ensuite, faire la promotion de « Rapt » en Israël, c’est particulier pour moi. Je suis né ici et j’aime ce pays, d’autant plus qu’il est mal aimé.

Comment définiriez-vous votre rapport avec Israël ?

Je suis né en Israël mais je suis un juif vivant en France qui se sent agressé à cause du conflit au Proche-Orient. Sa complexité échappe à beaucoup de gens et une partie de l’opinion est manipulée émotionnellement par une sorte de matraquage médiatique. Aujourd’hui, l’antisionisme a relayé l’antisémitisme. L’acharnement contre Israël remplace celui qui existait avant contre les Juifs. L’existence d’Israël et sa légitimité sont toujours remises en cause.

Vous ne craignez pas que ce positionnement porte atteinte à votre carrière ?

Non, absolument pas. Ça ne m’empêche pas de penser qu’Israël commet parfois des erreurs et d’être favorable à la création d’un Etat palestinien. Mais la condamnation systématique d’Israël me pose problème et même sur un plateau de télévision, je n’hésite pas à dire ce que je pense. Tout cela n’a rien à voir avec ma carrière et mes aspirations.

Le cinéma israélien a énormément progressé au cours de la dernière décennie. Il est beaucoup plus visible au niveau international. Est-ce que cela vous donne des idées ?

J’aimerais réaliser un film franco-israélien pour toutes les raisons que j’ai précédemment évoquées. Il y a aussi beaucoup d’acteurs israéliens que j’apprécie. Mais pour l’heure, mes projets sont en France, au cinéma comme au théâtre.

Yvan Attal, peut-on vous considérer comme un artiste engagé ?

Je ne me sens pas particulièrement engagé mais ce questionnement existe. L’artiste a certainement un rôle à jouer s’il estime qu’une cause est juste.

Sources: Israelvalley Propos recueillis par Maxime Perez.

Pourquoi maman est en haut ?La place des femmes dans les synagogues .

torah.jpgL’Eglise catholique refuse toujours l’accession des femmes à la prêtrise, mais l’Eglise
vétéro-catholique italienne, un courant rattaché à l’Eglise Anglicane, vient de briser le tabou en ordonnant, en mai, la première femme prêtre dans une église située non loin du Vatican…Ces derniers mois, en France, la question polémique autour du port de la burqua, a amené un débat sur la place des femmes chez les fondamentalismes musulmans… La situation des religions par rapport à la femme est, toujours et encore, un sujet d’actualité.

Alors pointer du doigt, ce qui ne va pas chez les autres dans le domaine du respect des femmes, c’est facile... Reconnaître ses propres lacunes en ce domaine, c’est plus compliqué.

Pourtant, dans notre communauté, la place des femmes pose aussi question. À tel point que certaines, qui ont menées les combats égalitaires de ces dernières décennies, ou qui en ont bénéficié, se demandent pourquoi elles assistent à des offices où elles sont cloîtrées et séparées des hommes… « Pas besoin de machine à remonter le temps pour retourner dans le passé, il suffit de se rendre dans une synagogue… », nous a même confié une lectrice.

Contrairement aux idées reçues, cette séparation n’a pas toujours existé.

Alors pourquoi Maman est en haut, quand papa lui, est en bas, tout près de la Thora ?

Pour en savoir plus, nous avons interrogé trois rabbins plutôt ouverts sur la question.pauline_bebe.jpg
Et pour cause, deux d’entre « eux » sont des « elles »....
Les premières femmes rabbins de France et de Belgique, Pauline Bebe et Floriane Chinsky.

Pauline Bebe rabbin en France

Le troisième , Philippe Haddad, est le rabbin de la communauté les Ulis. Histoire de (re)lancer le débat et entrebâiller des portes encore trop closes...

floriane.jpgFloriane Chinsky rabbin en Belgique
« Nous sommes passés d’une séparation végétale ponctuelle et amovible à un élément fixe et constant à partir du Moyen Age »

Caroline.Taïeb.Bensimon :
Parlez-nous de l’origine de la « Méhitsa », la séparation entre les hommes et les femmes dans les lieux de cultes ?

Philippe Haddad :
La « Méhitsa » tient son origine à la période du second Temple. Les rabbins ont décidé soudainement de séparer les hommes et les femmes à l’occasion de Soukkot, une des fêtes les plus joyeuses de la tradition, mettant en cause des « débordements » quelque peu frivoles dues aux réjouissances. Mais cette séparation était censée être détruite à la fin des festivités, et reconstruite tous les ans à la philippe_haddad.jpgmême période.                 

Philippe Haddad rabbin en France et consistorial.          

Floriane Chinsky
: C’est intéressant de savoir qu’il y avait parfois des ambiances débridées au sein même du temple. Il faut dire que le judaïsme est une religion de joie. Et cette joie doit participer à la construction sociale…

Pauline Bebe :
Nos connaissances talmudiques et archéologiques ont prouvé l’existence dans le Temple, d’une « cour des femmes », qui leur été réservée, mais dans laquelle tout le monde pouvait circuler librement.
Comme je l’explique dans mon livre « Isha », on sait aussi que les femmes apportaient des sacrifices au Temple, preuve qu’elles participaient au culte public, et il n’y avait pas de séparation fixe dans les premières synagogues de notre ère.
On ne sait pas pour autant si les femmes venaient ou non prier au milieu des hommes. Mais c’est certain, nous sommes passés d’une séparation végétale, ponctuelle et amovible à un élément fixe et constant à partir du Moyen Age.

C.T.B  :
La construction des premières galeries de femmes, en étage, étant apparue au Moyen-Age (1), les communautés juives suivaient-elles les courants obscurantistes de l’époque ?

FC :
  Le judaïsme s’est toujours développé en relation avec la société globale. Au fil de ces influences, la place de la femme s’est parfois rétrécie. Il est trop simple d’accuser les religions. Notre société, encore aujourd’hui, a des progrès à faire en ce qui concerne la place de la femme, et ce dans l’intérêt de tous…

PH :
Objectivement, certains rabbins ont posé sur les femmes une image négative de tentatrice, qui remonte à Adam et Eve, et on peut dire qu’ils faisaient souvent preuve de machisme : «  Il ne faut pas trop parler avec sa femme, à plus forte raison avec la femme du voisin ».(« Pirké Avot », le chapitre des pères).  Alors ils ont institué des séparations pouvant aller d’un rideau ou un panneau d’un mètre de hauteur, à un étage.

PB : Mais ce qui est étonnant, c’est d’avoir aussi retrouvé, en Europe, la trace de synagogues de l’époque exclusivement féminines où les femmes dirigeaient les offices. Ou encore, en Italie, dans certaines synagogues avec séparation,  des couloirs partaient de la Méhitsa, donc du lieu où se trouvaient les femmes, pour arriver directement à la Teba (l’autel), non loin de l’endroit où les rouleaux de la Thora sont placés. Encore une preuve que les femmes avaient le droit de monter à la Thora, aux côtés des hommes. Ce qui n’a plus été le cas par la suite, et aujourd’hui encore dans la plupart des synagogues.

« La volonté était bien de ne pas prendre le risque de ridiculiser les hommes et de les placer en dessous du niveau de la femme »

C.T.B  : Ces fameuses interdictions d’étudier ou de participer au culte juif public pour les femmes, parfaitement illustrées dans le film Yenthl, qui perdurent aujourd’hui, sont-elles réellement inscrites dans les textes fondamentaux ?

FC : Lorsqu’on replace les choses dans leur contexte sociologique, on s’aperçoit surtout que le savoir des femmes n’était pas acceptable socialement. Il suffit de le constater au travers des œuvres de Molière comme «  Les précieuses ridicules », « les femmes savantes »…
Il y a des sources dans notre tradition qui sont opposées à ce que les femmes étudient mais d’autres qui encouragent à enseigner la Thora à sa fille parce que « cela lui sert de couronne ».  Aujourd’hui cet interdit est dépassé, y compris dans le monde orthodoxe.
À Jérusalem il existe des "Beht a Midrach", des maisons d’études, qui enseignent le talmud aux femmes orthodoxes. Mes propres études m’ont enseigné qu’aucun obstacle n’est insurmontable !

PH : Nous savons aussi qu’à l’époque du Temple, les femmes étaient aussi acceptées pour former le « minyane » (le quorum des prières les plus importantes).

Ce qui n’est plus le cas car seuls dix hommes peuvent l’assurer de nos jours. Mais si les femmes avaient aussi le droit de monter à la Thora, il est aussi dit à propos de « L’honneur de la communauté », de ne pas les faire monter.

Et quand on a posé la question de savoir « de quel  honneur  s’agissait-il ? », la réponse a été: « La femme va peut-être savoir lire dans la Thora, et un homme ne le saura peut-être pas… ». La volonté était bien de ne pas prendre le risque de ridiculiser les hommes, et de les placer ainsi en dessous du niveau de la femme. Il n’est pas non plus clairement fait mention dans la Thora qu’une femme mariée doit se couvrir la tête, comme il n’est pas non plus dit que la voix d’une femme est une nudité…La Halakha (la loi juive) est fondée sur le principe d’une supériorité de l’homme sur la femme. S’il y avait la parité, avec une vraie égalité, cela ne poserait pas de problème…Or  il n’y a pas d’égalité du savoir dans l’interprétation rabbinique ! Pourtant, il y eu incontestablement différents cas de femmes érudites, notamment au Moyen-Age, comme Béruria, la femme de rabbi Méir, ou les filles du célèbre Rachi, qui leur permettait d’étudier le Talmud et mettre les téfilines, mais en privé…Comme disait Montesquieu : « Il y a les lois, puis l’esprit des lois »…

PB : Il n’y a pas d’interdictions, mais à chaque siècle il y a toujours eu des discussions pour savoir si on avait le droit d’enseigner ou non la Thora aux femmes ou si elles avaient le droit de participer au culte. Rachi explique, dans un texte plutôt égalitaire, que si les femmes, en plus de leurs occupations d’ordre familial, veulent accomplir, les commandements positifs (3) liés au Temple, alors qu’elles en sont exemptées, «  nul ne saurait les en empêcher »...En revanche, à la même époque, le savant Maïmonide avait , on peut le dire , une vision bien moins égalitaire : «  On ne saurait enseigner la Thora à une femme parce qu’elle risquerait de transformer ses paroles en vain bavardages par la pauvreté de son esprit »… Heureusement, sous l’influence des mouvements féministes ces dernières années, il y a eu de grandes avancées. Dans le milieu orthodoxe aux USA, il existe quelques femmes rabbins, ou Docteurs en Talmud. Et, en 2008, est aussi sorti le premier commentaire de la Thora écrit uniquement par des femmes issues de tous les mouvements, des laïcs aux orthodoxes.

C.T.B : Que penser de la «  faiblesse » des hommes, incapable de prier à proximité des femmes, qu’on invoque encore aujourd’hui ? Pourquoi les femmes sont-elles considérées, comme un obstacle entre Dieu et les hommes ?

FC :
Il faudrait le demander aux hommes…Si je faisais un exercice de projection, je dirais que si j’excluais les hommes pour des raisons de « concentration » ce serait faire vraiment peu de cas de leur personne et de ma capacité à me dominer !

PH : Les textes halakhiques sont très paradoxaux. Les femmes y sont considérées à la fois comme des êtres faibles, des séductrices, mais on en parle aussi comme de bonnes conseillères. Le propre du judaïsme c’est la discussion mais la majorité l’a toujours emporté. Et cette majorité a empêché les femmes d’avoir du pouvoir au sein de la communauté… Il n’existe pas de femme prêtre, pas de femmes rois, pas de femmes rabbins dans le Talmud, et  aucune communauté traditionnelle dirigée par une femme. Il y a quelques années, quand des femmes ont voulu se présenter au Consistoire en France, cela a suscité des problèmes. 

Mais heureusement, grâce aux votes, certaines ont pu êtres nommées à de hautes fonctions, telles que présidente de commission. Le rabbinat et le Beth Din s’y étaient opposés en apportant des arguments basés sur un problème de séduction: « Si jamais une présidente s’isole avec un rabbin que va-t-il se passer ? »…

PB : La Bible est un texte patriarcal, écrit au masculin. Les textes égalitaires sont extrêmement minoritaires que ce soit dans la Bible et encore plus dans le Talmud. On cite toujours les femmes qui ont des rôles importants, comme Ruth ou Esther, mais elles n’étaient pas des héroïnes féministes. Très rares sont les femmes qui ont eu une véritable démarche féministe, égalitaire, et pour lesquelles le texte ne prend pas parti. On peut citer Rarhav, la prostituée qui sauve les explorateurs ou encore la prophétesse Déborah, chef militaire et juge.  On a aussi pensé que les synagogues  ne devaient pas être des lieux de rencontre. Or si l’on remonte à l’époque rabbinique, pour Kippour, le jour le plus solennel de l’année, les jeunes hommes et femmes devaient assister ensemble, l’après-midi, à une lecture traditionnelle du lévitique sur les interdits sexuels, comme ne pas se marier entre frères sœur etc…Et c’est ainsi qu’ils se rencontraient en vue de se marier plus tard. Enfin on a associé la femme à la sexualité, ce qui est une erreur puisque la sexualité est commune. Le judaïsme a notamment été influencé par la philosophie grecque qui a séparé le spirituel du matériel, en l’occurrence la femme. Et cette influence nous a fait oublier que dans le judaïsme le matériel n’est pas tabou, et même en son sein on peut trouver la spiritualité.

 « Certains répandent l’idéologie du « tout ou rien » qui favorise les extrêmes, alors que notre tradition n’est pas extrémiste. »

C.T.B : Comment expliquez-vous les différences d’évolution de la tradition entre les pays anglo-saxons et francophones ? Peux-t-on parler de retard français, voir de durcissement du Consistoire ces dernières années ?

FC : Dans les pays francophones, contrairement aux pays anglo-saxons moins touchés, la Shoah a provoqué une énorme blessure dans l’identité juive et dans la relation à Dieu.
Nous faisons partie d’une génération qui n’a pas eu de maillons auxquels se raccrocher pour la construction de la chaîne de la tradition. Ainsi ceux qui renouent avec le judaïsme ne réussissent pas toujours à discerner l’authentique de la caricature, car les images d’Epinal sont toujours les plus marquantes…Certains répandent l’idéologie du « tout ou rien » qui favorise les extrêmes, alors que notre tradition n’est pas extrémiste. On pourrait toujours prétendre qu’il faudrait faire « plus » et dévaloriser ceux qui font « moins ». Lors de mon doctorat qui traitait des représentations sociales de la loi juive, j’ai rencontré un jeune homme qui avait mis une mezzouza sans parchemin à sa porte, car il  exprimait un désaccord avec le texte… J’ai un profond respect pour cette attitude. A mes yeux, chacun doit partir de ce qui lui parle dans le judaïsme et le cultiver,  sans se faire violence, avec douceur.

Le Consistoire d’après guerre a remis en cause, par exemple, la politique des conversions de ceux qui l’avaient précédé. Pourquoi demander à un couple qui a des enfants de se séparer pour autoriser le conjoint non juif de se convertir s’il le souhaite ? Il s’agit d’une conversion, pas de représailles, être dur n’apporte rien. C’est peut-être une des raisons pour laquelle les communautés plus libérales, comme le mouvement Massorti dont je fais partie, ne se sont pas beaucoup développées.  Ceux qui ont étudié, qui ont voyagé, savent qu’il y a plusieurs façons d’être un juif « sérieux ». Ceux qui aiment le peuple juif doivent encourager chaque acte, si petit soit-il, qui rapproche les juifs de leur belle tradition.

PH : Il s’agit en fait de deux judaïsme différents : la mentalité anglo-saxonne, notamment aux USA, est multiculturelle, tandis que la France est un pays plus normatif, avec l’héritage de la monarchie ou du système jacobin après la révolution. Il fut une époque où le Consistoire était beaucoup plus souple, alors que ces dernières années l’orthodoxie a repris le dessus. Il faut reconnaître cependant que le Consistoire actuel participe à l’évolution des mentalités, puisqu’il vient tout juste d’annoncer l’ouverture d’un « Beit Hamidrach », (maison d’études) pour permettre aux femmes d’accéder à l’étude des textes.

PB :  En France,  sur certain plans nous sommes en avance, sur d’autres en retard. Avant la guerre, le Consistoire était très en avance sur le statut de la femme, influencé par les mouvements libéraux de l’époque en Europe. Il a même intégré des changements, avant les libéraux, en instituant la Bat Mitsva pour les filles. Mais nous avons assisté à un repli constant et maintenant nous sommes en retard d’une cinquantaine d’années. On dénombre 900 femmes rabbins dans le monde, et nous ne sommes que trois en France, une en Belgique. On peut citer aussi la suppression des cœurs mixtes à la synagogue de la Victoire à Paris…Mais en plus de la place des femmes, il ne faut pas oublier le manque d’accueil et de tolérance envers les candidats à la conversion, ou envers les couples mixtes qui souhaitent élever leurs enfants dans le judaïsme…Aujourd’hui, on dénombre une quinzaine de communautés libérales en France, et trois communautés « conservatrices » égalitaires. Selon moi, le libéralisme, majoritaire dans le monde, devrait le devenir en France, avec à ses côtés tous les autres mouvements pour lutter contre l’assimilation. Que les juifs puissent choisir quelle forme de judaïsme ils veulent pratiquer, me paraît essentiel.

"Si on ne change pas le regard sur la femme, on risque de mettre en danger l’avenir du judaïsme, d'un peuple, d'un pays. C'est la place de la femme qui positionne un pays sur ses avancées et ce de toute époques "

C.T.B : On parle beaucoup de l’avenir incertain du judaïsme. Sa pérennité ne passe-t-elle pas par une plus grande ouverture des synagogues aux femmes ? Et notamment à celles qui pensent que la religion est une affaire d’homme ?

PH : Ishaiaou Leibovitch, un grand penseur et scientifique orthodoxe, a affirmé que si nous ne reprenions pas notre regard sur la femme nous risquions de mettre en danger l’avenir du judaïsme.  Mais c’est aussi compliqué quand ce sont les femmes, elles-mêmes, qui acceptent cet état de fait et se sont mis des œillères sur le plan religieux. Il faut leur permettre d’accéder facilement à l’étude et placer aussi à égalité Bat Mitsvah et Bar Mitsvah. Dans ma communauté, j’ai solutionné le problème, car je suis le capitaine de mon bateau et parce que je me considère comme un juif indépendant attaché au peuple juif. Les hommes et les femmes sont libres d’être séparés ou de rester ensemble. Je m’attache juste à gérer le quotidien afin d’éviter les problèmes et préserver le chalom (la paix)…

FC : C’est vraiment le rôle des leaders communautaires d’ouvrir les possibilités et d’intéresser les gens, et notamment les femmes, dont le ressentiment est légitime et compréhensible. L’exclusion éloigne les familles alors qu’aller ensemble à la synagogue est une grande expérience. C’est dommage de priver le judaïsme de l’apport des jeunes qui pourraient trouver de cette façon l’envie de s’impliquer. On ne gagne rien à cloisonner la tradition et faire semblant de construire une espèce d’authenticité univoque. Ce type de construction totalitaire finit toujours par exploser. Nous n’avons pas de temps à perdre, mais une génération à reconnecter avant que le fossé ne devienne trop grand. Depuis que j’officie, j’apprécie de partager avec les gens le sentiment qu’une femme rabbin « ça fait bizarre », c’est une étape nécessaire. Au sein de Chir Hadach, ma nouvelle communauté (4), notre défi est de conjuguer modernité et tradition. Je constate que la présence d’une femme suscite réellement un plus grand investissement de la part des autres femmes, mais également des hommes pour lesquels il est important que leur partenaire soit respectée et aimée comme eux-mêmes.

PB : Je crois en la pérennité du judaïsme ou sinon je ne ferai pas ce que je fais. On navigue juste entre préjugés et désinformation. D’une certaine manière l’absence d’ouverture et le refus du pluralisme entraîne la déperdition. Le judaïsme s’est toujours transformé et adapté de siècle en siècle, et c’est parce que les rabbins ont toujours su être dynamiques et répondre aux besoins du moment, qu’il existe encore aujourd’hui. De nombreux juifs sont découragés, mais plus il y aura de choix alternatifs, et plus ils penseront rejoindre ce qu’ils ont abandonné. Depuis que je dirige ma communauté, il y a toujours eu des réactions hostiles, mais aussi de nombreuses batailles gagnées. J’ai pu constater que le plus souvent les mentalités des gens évoluent après avoir assisté aux offices de femmes. Et c’est un véritable cadeau !

Caroline Taieb-Bensimon

Diverses sources et liens : - (1) Les femmes dans le Judaïsme : la synagogue par Michèle Bitton : http://www.afmeg.info/spip.php?article121#Les-fondements-de-la-mehitsah

- (2)La Méhitsah à la synagogue de Monique Susskind Goldberg http://www.massorti.com/IMG/pdf/A.et_E.1_Mehitsa.pdf

- (3) Il existe 613 commandements auquel chaque juifs essaient de s’astreindre. Il y a 365 commandement positifs (par exemple »respecter le Chabbat »), et 248 négatifs (par exemple, ne pas manger d’aliments interdits par la cacheroute)

- (4) http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-04-09/la-premiere-femme-rabbin-du-pays-evincee-763336.php

- Livre :  Isha, dictionnaire des femmes et du judaïsme de Pauline Bebe

- Livre : Le judaïsme au féminin de Janine Gdalia et Annie Goldmann

-  La communauté de Floriane Chinsky : http://chirhadach.wordpress.com/

- La communauté de Pauline Bebe : http://www.cjl-paris.org/

Remarques d'Aharon Altabé :

Contrairement aux idées reçues, cette séparation n’a pas toujours existé.
Cette remarque pose la question de l'apparition du judaïsme. Sommes nous tenant d'une religion adossée à un Livre, un seul, et rien que celui là, j'ai nommé la Bible, ou plutôt le TaNaKh, initié par la Torah révélée sur le Mont Sinaï il y a quelques 3320 ans, ou les héritiers d'une Loi révélée au Sinaï par écrit et accompagnée d'une tradition orale révélée également au Sinaï, comme l'attestent les Maximes des Pères, Pirkei Avoth, premier enseignement: Moché a reçu la Loi au Sinaï et l'a transmise à Josué, Josué aux Anciens, les Anciens aux Prophètes, etc…

Nier que c'est par esprit saint que les Anciens, puis les Prophètes ont ajouté des barrières aux Commandements, ou penser que ces modifications ne sont pas partie intégrante de notre héritage du Judaïsme est la garantie d'une fausse route. Ainsi ont fait les Karaïtes, déniant toute authenticité à la Loi Orale du Talmud. Ainsi l'ont fait au fil des siècles divers mouvements dont les descendants peuplent aujourd'hui les églises européennes.

PH: La « Méhitsa » tient son origine à la période du second Temple. Les rabbins ont décidé soudainement de séparer les hommes et les femmes à l’occasion de Soukkot.
Rien ne dit que cela remonte au Second Temple. Et ils n'ont pas "décidé soudainement" mais au fil des ans, avec l'observation d'évènements indésirables qui se produisaient à cette occasion.

FC: C’est intéressant de savoir qu’il y avait parfois des ambiances débridées au sein même du temple
Les textes, Talmud Souccot 52a compris, parlent de mauvais penchant, exacerbé par l'atmosphère joyeuse de la fête. Des auteurs contemporains auraient parlé de passion, d'envies peu convenables pour ces lieux et cette fête, de libération des pulsions etc. En bref, si le mauvais penchant pouvait prendre le dessus à cette époque et dans ces conditions de sainteté, alors qu'en est-il aujourd'hui…?

PB: Nos connaissances talmudiques et archéologiques ont prouvé l’existence dans le Temple, d’une « cour des femmes »...
Enchanté de savoir que des preuves archéologiques vous ont montré l'existence d'une Cour des Femmes. Je serai avide de connaître vos références.

PB une « cour des femmes », qui leur été réservée, mais dans laquelle tout le monde pouvait circuler librement.
La Cour des femmes, Ezrat Nachim, n'était en rien réservée aux femmes; La preuve c'est que tout le monde pouvait y circuler librement.

PB: … preuve qu’elles participaient au culte public, et il n’y avait pas de séparation fixe dans les premières synagogues de notre ère.
Les femmes apportaient effectivement des sacrifices, merci pour elles. Mais quel rapport, quelle preuve,  puisque les synagogues ne se développent qu'après la destruction du Temple?
PB … d’une séparation végétale
Merci pour la touche écolo, mais au lieu de laisser le lecteur imaginer quelques rhododendrons, dites leur qu'il s'agissait de lourdes poutres destinées à supporter quelques centaines ou milliers de femmes…

PB La construction des premières galeries de femmes, en étage, étant apparue au Moyen-Age
C'est encore à prouver, et votre référence ne le prouve pas. Le texte de Michele Bitton évoque  toutefois que jusque là ces galeries existaient en rez de chaussée, et votre seule question est "pourquoi l'étage". La réponse à la question "pourquoi  en étage" se trouve simplement dans la même réponse que "depuis quand sont apparus les bâtiments publics avec étage?" N'étant ni historiens, ni architectes, nous ne saurons trancher si vite. J'oserai vous rappeler que l'adjonction d'un étage permet d'augmenter le coefficient d'occupation des sols, donc la capacité d'accueil des fidèles.

PH: «  Il ne faut pas trop parler avec sa femme, à plus forte raison avec la femme du voisin ».(« Pirké Avot »,
Oui, Monsieur le Rabbin excellente citation de l'héritage de nos Sages, qu'un Rabbin ne saurait dénigrer, à moins de …
PB : Mais ce qui est étonnant, c’est d’avoir aussi retrouvé, en Europe, la trace de synagogues de l’époque exclusivement féminines où les femmes dirigeaient les offices.
N'étant ni historien, ni architecte, je suis personnellement fort intéressé à connaître vos sources.
PB: des couloirs partaient de la Méhitsa, donc du lieu où se trouvaient les femmes, pour arriver directement à la Teba
Une tradition fait remonter le mot "kwater" et "kwaterin", le couple qui est honoré d'introduire le bébé dans la synagogue pour le faire circoncire à une contraction des mots "kvod tur" l'honneur de la porte, le passage entre la salle des femmes et la salle d'office par lequel l'engant est introduit.
PB Encore une preuve que les femmes avaient le droit de monter à la Thora, aux côtés des hommes
Achetez la vite, c'est une preuve gratuite! Ce n'est pas l'archéologie qui fait la Halakha, Madame. Autant dire que les gens de l'époque n'allaient pas aux toilettes puisqu'on n'a pas retrouvé de traces archéologiques.

FC: Il suffit de le constater au travers des œuvres de Molière comme «  Les précieuses ridicules », « les femmes savantes »…
Voici des références qui valorisent vos études "rabbiniques" chère Madame. Vos maîtres vous en ont certainement communiqué des meilleures

PH: Nous savons aussi qu’à l’époque du Temple, les femmes étaient aussi acceptées pour former le « minyane »
Nous n'avons pas été formés dans la même Yéchivah. Quelles sont vos sources? Pour ma part, je sors de la Paracha Chela'h, où le complot de dix explorateurs m'apprend qu'il faut dix hommes pour constituer une assemblée. A moins qu'une cheffe de tribus se soit infiltrée parmi les explorateurs.

PH Il n’est pas non plus clairement fait mention dans la Thora qu’une femme mariée doit se couvrir la tête
Vrai.
D'ailleurs il n'est pas clairement mentionné ce que vous devez mettre dans les tefilin, comment il faut abattre les animaux avant de les consommer, ni même de ne pas manger ensemble le lait et la viande, ni de faire "une communion solennelle" à 13 ans, se marier devant un Rabbin, de faire des pétards à Pourim ou manger des beignets à 'Hannoucah. Mais heureusement, nous juifs rabbiniques avons une loi Orale, partie intégrante de la Torah révélée, partie intégrante de notre héritage millénaire, et ne sommes pas prêts à l'échanger contre deux barils de réforme.
Il est toutefois mentionné que la femme sota, suspecte d'infidélité pour s'être isolée avec un étranger contre l'avis de son mari, était amenée dans le Temple, qu'on lui arrachait sa coiffe et déchirait sa chemise, preuve qu'au moins elle avait une chemise … et une coiffe.

PH: La Halakha (la loi juive) est fondée sur le principe d’une supériorité de l’homme sur la femme.
Il faut bien le reconnaître. Vous le savez, puisque les textes de la Torah  parlent de "prendre femme", voir de prendre femmes, de répudier sa femme, de fils héritant. Cette "supériorité"ne confère pas à l'homme juif un statut de seigneur omnipotent, et s'accompagne de devoirs et obligations que vous expliquez à vos ouailles avant de procéder au mariage. Ces "conditions" de la Ketouba sont telles qu'un mari qui les enfreints peut être contraint à accorder le divorce à son épouse.
C'est aussi une somme d'obligations quant à l'accomplissement des Mitsvot, qui justifie que l'homme bénit D.ieu chaque matin "de ne pas m'avoir créé femme"

PB: si les femmes, en plus de leurs occupations d’ordre familial, veulent accomplir, les commandements positifs  liés au Temple, alors qu’elles en sont exemptées, «  nul ne saurait les en empêcher »...
J'ose penser que c'est une faute de frappe qui vous a fait glisser des Mitsvoth liées au temps … jusqu'aux commandements liés au Temple. Le contraire risquerait de nous entraîner jusqu'à la chute de votre démonstration "parce qu’elle risquerait de transformer ses paroles en vain bavardages".

Q: Que penser de la «  faiblesse » des hommes, incapable de prier à proximité des femmes, qu’on invoque encore aujourd’hui ? Pourquoi les femmes sont-elles considérées, comme un obstacle entre Dieu et les hommes ?
La faiblesse de l'être humain devant son Yetser hara, son mauvais  penchant, ses passions etc… est une constante humaine. Ce n'est pas l'histoire des peuples qui va me contredire, ni les derniers scandales de l'église, ni d'ailleurs ce qui a pu se passer dans certaines institutions juives. Nos Sages ont énoncé, dans les Pirkei Avot "qui est le véritable héros? Celui qui contient son mauvais penchant". La Torah, les Sages, la prudence, recommandent d'éviter les situations à risque, qui pourraient faire craquer les limites de notre raison et capacité à nous dominer.

PH Il n’existe pas de femme prêtre, pas de femmes rois, pas de femmes rabbins
Conformément aux textes bibliques. Ainsi Maimonide (qui ne l'a pas inventé mais repris du Talmud) énonce dans les Lois des Rois, chapitre 1.
On ne peut nommer une femme à la royauté, car il est dit "sur toi un roi" et non une reine. De la même façon, toute fonction publique sur le Peuple d'Israël ne peut être exercée que par un homme.
Ainsi la Torah  confie la prêtrise aux fils d'Aharon, et non aux filles.

PH Si jamais une présidente s’isole avec un rabbin que va-t-il se passer ?
La même question est valable pour une secrétaire, voire une fidèle qui s'entretiendrait avec un Rabbin dans un lieu ou une situation où personne ne peut les voir ou venir les déranger. J'ai parcouru un jour un livre sur les lois du "y'houd" qui régissent les conditions dans lesquelles un homme peut ou ne peut pas s'isoler avec une femme. En cherchant à me renseigner sur l'auteur, j'ai appris qu'il avait divorcé pour épouser sa secrétaire…

PB Or si l’on remonte à l’époque rabbinique, pour Kippour, le jour le plus solennel de l’année, les jeunes hommes et femmes devaient assister ensemble, l’après-midi, à une lecture traditionnelle du lévitique sur les interdits sexuels, comme ne pas se marier entre frères sœur etc…
Qu'est ce à dire? Sommes-nous à l'époque post rabbinique? Ce texte se lit encore, et concerne jeunes et vieux, célibataires ou non.
Et c’est ainsi qu’ils se rencontraient
Délire! Ou vous dirigez une curieuse assemblée.

PB: Le judaïsme a notamment été influencé par la philosophie grecque qui a séparé le spirituel du matériel
Influencé? Affirmation gratuite et non détaillée.
Et cette influence nous a fait oublier que dans le judaïsme le matériel n’est pas tabou, et même en son sein on peut trouver la spiritualité.
Niet, rien de rien, non je n'ai rien oublié. Au contraire, c'est la connaissance et la recherche de cette spiritualité dans le matériel qui donne de l'importance à chacun des détails du Choul'han Aroukh, sur lesquels tant de vos ouailles font l'impasse.

FC: une mezzouza sans parchemin à sa porte
Vous êtes vous demandé pourquoi VOUS avez vu cela? Est ce une rencontre fortuite, Hass vechalom. N'est ce pas un avertissement: Je me serai dit: TA mezouza est vide, TA Torah est vide, TON projet est éloigné de la tradition juive au point d'être une coquille vide. Secoue toi.

FC: Pourquoi demander à un couple qui a des enfants de se séparer pour autoriser le conjoint non juif de se convertir s’il le souhaite ?
Sorry, Madame. Ne vous a-t-on pas dit que c'est pour faire la différence entre un enfant enfanté dans la sainteté du mariage juif après conversion, d'un enfant né sans ces qualités? Enfantin Dr Watson.
Plus: peut-on enseigner les lois de la cacherouth à celui qui a la bouche pleine de mets non cacher et en redemande? Peut-on enseigner les lois sur le mariage juif à quelqu'un qui les viole en permanence?

Paul Schaffer : "La déclaration de Maxime Cohen est absurde"

pschauffer.jpgArticle paru dans "CorseMatin"
(Photo : DR)
Pour Paul Schaffer, président du comité Yad Vashem en France, il est impossible que la Corse obtienne le titre de Juste. Cette distinction s'applique à des personnes et non à des territoires. Paul Schaffer, le président du comité Yad Vashem en France, ne décolère pas.

Depuis quelques jours, il est sous le feu constant des coups de téléphone des journalistes du monde entier qui veulent connaître sa réaction à la suite des propos tenus dans Corse-Matin par Maxime Cohen*, le président de la communauté juive de Corse.

Ce dernier a en effet annoncé que la Corse obtiendra dans les deux ans le titre « d'Île Juste parmi les Nations ». Une affirmation qui a le mérite d'agacer passablement Paul Schaffer. Cet homme de 86 ans au crâne dégarni et à la moustache bien taillée, a connu l'enfer des camps de la mort et a perdu une grande partie de sa famille lors de la Seconde Guerre mondiale, exécutée par les nazis.

Comment avez-vous réagi lorsque vous avez été informé par la presse de la démarche de Maxime Cohen ?

J'ai été très surpris. Je ne comprends pas pourquoi il s'est permis de dire de telles choses. Peut-être ne sait-il pas que le titre de « Juste » ne peut être donné seulement à des personnes et en aucun cas à des régions. Je pense qu'il ne doit pas être au courant des conditions requises pour obtenir le titre de « Juste ».

L'avez-vous déjà rencontré et allez-vous le faire ?

Il n'est jamais venu me voir. Aucun dossier, comme je vous l'ai déjà déclaré, n'a été déposé et aucune demande n'est en cours.

Nous avons décidé, de le recevoir en mai. Nous lui réexpliquerons que la Corse ne peut obtenir cette distinction quoi qu'il en dise.

La Corse ne sera donc jamais honorée par rapport au fait qu'aucun juif n'ait été déporté pendant la Seconde Guerre mondiale ?

Il y a très peu de chance. Encore une fois, le titre de « Juste » n'est donné qu'à titre individuel et non pas collectif. Il ne faut pas perdre de vue également que l'île était occupée par les Italiens et que ces derniers n'ont jamais procédé à aucune déportation. Et avant l'arrivée des troupes italiennes, la Corse était placée sous l'autorité de Vichy et les juifs étaient comme sur le Continent soumis aux lois du régime. Mais avant 1942, aucun israélite français n'a été déporté. Et ce, sur l'ensemble du territoire national.

Maxime Cohen prétend que le grand rabbin de France a plaidé la cause de la Corse devant la Knesset à Jérusalem ?

Là encore, je ne comprends pas pourquoi il déclare cela. Le grand rabbin de France ne s'occupe pas de ces questions. Ce que raconte Maxime Cohen est absurde. Personne ne le connaît à Jérusalem, ni à la Knesset, ni au comité Yad Vashem. J'ai posé la question à qui de droit. Eh bien, tout ce qu'il dit ne s'est jamais produit. Je ne peux pas contrôler les propos de Maxime Cohen.

Des Corses ont-ils tout de même été distingués par le comité Yad Vashem ?

Il y a, à ma connaissance, plusieurs Corses qui ont reçu le titre de Juste. Je me souviens, notamment, d'un gendarme d'origine corse, revenu sur l'île après sa retraite, et qui a été déclaré « Juste parmi les Nations ». Il a souhaité recevoir sa distinction en Corse. J'invite tous les insulaires qui se sont distingués en cachant un juif aux autorités de l'époque à se faire connaître auprès du comité Yad Vashem. Nous les honorerons avec la plus grande fierté comme nous l'avons déjà fait pour des centaines d'autres personnes dans le monde entier et sur l'île. Mais que cela soit bien clair, la Corse en tant que telle, ne pourra jamais obtenir cette distinction. C'est certain.

*La Fédération des associations corses de Paris apporte son soutien total et entier à Maxime Cohen et fera tout pour que la Corse soit reconnue comme une « île Juste parmi les Nations ».