Claude Layani

Ministre du culte à Fribourg en Suisse durant 33 ans, j'étais aussi bibliothécaire scientifique à la Bibliothèque cantonale et universitaire, comme responsable des acquisitions. J'étais aussi journaliste à la Gazette juive de Bâle ainsi que dans wochenblatt de Zürich pendant de longues années. En fait avec Alliance j'ai eu la joie et le privilège de continuer mes activités littéraires et mes fonctions rabbiniques en publiant le commentaire de la sidra. Engagé dans les relations judéo-chrétiennes, il m'arrivait de faire des conférences à l'Université catholique de Fribourg sur le judaïsme. Pratiquement toutes les écoles et les collèges sont venus visités notre synagogue et le résultat de ce travail, la communauté juive avait une place non négligeable . Nous étions invités toutes les années à la présentation des vœux auprès du gouvernement et de l'évêché. A mon départ à la retraite je laisse une communauté pas loin de l'extinction faute de fidèles. A Nic e je me suis investit dans la rédaction du journal Nitzan, au Bné Brith Loge Côte d'Azur dans le secteur de la culture.
Voici ces quelques lignes qui tracent un parcours engagé pour la communauté et pour le judaïsme qu'il faut faire connaître car nous sommes le ferment ,le sel pour l'humanité. Nous sommes encore présent aujourd'hui car nous avons la mission de délivrer le message divin.

Les articles de Claude Layani

Livre juif : Quand Israël rêvait

Quand Israël rêvait de Martine Gozlan

Héritière des grands écrivains russes, première poétesse de l’hébreu moderne, muse des pionniers d’Israël, Rachel Bluwstein a été une héroïne moderne au destin romanesque.

Intellectuelle farouche, amante fougueuse, femme libre, elle s’est imposée, au nom de toutes ses soeurs de par le monde, dans les domaines jusqu’alors masculins de l’écriture et de l’action. Son oeuvre, qui a connu un immense succès de son vivant, perdure après sa mort comme un pan de la littérature universelle.

Cette biographie illustrée nous fait revivre, à travers son histoire personnelle, sa soif de justice, son combat pour l’humanité, la seconde vague d’immigration juive qui gagna la Palestine à l’orée du xxe siècle.

Une vie marquée du sceau de la passion, celle d’une artiste et d’une terre.
Un livre mémorial brandi contre la fatalité des haines. Une voix à découvrir et à écouter. Incessamment.

 

Choix de Claude Layani

Livre juif : Le Trésor familier des rythmes de Daniel Cohen

L’auteur évoque la vie juive, la synagogue de Kénadsa, rue du lieutenant Ferrand, la préparation à la Bar-Mitzva , les fêtes juives, Pessah avec une immense table où se retrouvaient une quarantaine de convives, le couscous qui précède la cure d’azymes, Souccot et ses tentes, les fiançailles et les épousailles , la vie de famille au quotidien ou encore les visites au cimetière de « Moula Béchar » où sa mère, qui, par ailleurs, considérait les rouleaux de la Torah comme des poupées,  allumait des bougies dans la crypte d’un saint vénéré.

 

Choix de Claude Layani

Livre juif : La charrue de feu de Elie Chekhtman

Le chef-d'oeuvre inédit de la littérature Yiddish traduit par Rachel Ertel.

L’auteur, dans une langue très poétique, fait revivre pour nous cette famille, dans sa vie profane et religieuse, les deux se mêlant souvent comme le titre le suggère. Il nous fait partager ses joies et ses douleurs, ses incompréhensions aussi.

L’histoire se passe en une période de pogroms pour se terminer en pleine Shoah. La bestialité est présentée sans fard, face à cette famille et à tant d’autres pour qui le Talmud constitue le centre de leur vie. La cruauté va en s’intensifiant, de porte en porte, au fur et à mesure des déplacements. Le roman s’arrête aux portes d’Auschwitz.

Le chef-d'oeuvre inédit de la littérature Yiddish traduit par Rachel Ertel

Le chef-d'oeuvre inédit de la littérature Yiddish traduit par Rachel Ertel

Avec talent, Eli Chekhtman nous fait entrer dans la tourmente de ces époques troubles. Il peint la folie des pogroms, des purges russes, de la Shoah par balles d’un côté, et de l’autre l’univers hassidique des Juifs de l’époque, leurs traditions et rituels. La mystique et le combat spirituel des membres de la famille face à tant d’horreurs est peinte avec une très grande sensibilité.

Les personnages font penser à une partie de ceux des frères Singer, mais si ici aussi ils souffrent, ils sont avant tout libres, beaux et dignes. Les Juifs de La charrue de feu, malgré les difficultés et la précarité, sont les rois et les reines d’un peuple qu’on veut détruire.

Il faut aussi souligner qu’on ne trouve pas de lourdeur dans le texte traduit par Rachel Ertel, comme cela arrive parfois dans les traduction, et cela ajoute aux qualités de l’ouvrage. Le glossaire permet quant à lui de situer les personnages historiques ainsi que certaines traditions.

En résumé,  on ne peut que se réjouir de sa traduction en français. Il tient toutes les promesses annoncées par le bandeau de la couverture, qui parle de chef-d’œuvre.

Choix de Claude Layani

Livre juif : L'humour judéo-alsacien de Simon Debré

L'humour judéo-alsacien tel qu'il apparaît dans les 160 expressions décryptées par Simon Debré est populaire et rural, tout en étant érudit. Il manie l'ironie, le détournement de textes sacrés, l'autodérision, les jeux de mots, en un joyeux mélange d'hébreu et d'alsacien, avec une belle prononciation yiddish.

Ce livre oublié, paru en 1933, témoigne d'une étonnante superposition des cultures alsacienne et juive, germanique et française, et restitue la vitalité de communautés villageoises aujourd'hui disparues.

Jean-Louis Debré, dans sa préface, dresse le portrait de l'auteur, son arrière-grand-père, Alsacien ayant opté pour la France en 1872, grand rabbin engagé pour la République. Avec des contributions du sociologue Freddy Raphaël et du linguiste Dominique Huck sur les particularités de ces communautés et de cette langue décrites par Simon Debré.

 

Choix de Claude Layani

Livre juif : La survie des Juifs en France de Jacques Semelin

Comment et pourquoi 75 % des juifs ont-ils échappé à la mort en France sous l’Occupation, en dépit du plan d’extermination nazi et de la collaboration du régime de Vichy ?
Comment expliquer ce taux de survie inédit en Europe, dont les Français ont encore peu conscience ?
Jacques Semelin porte un regard neuf et à hauteur d’hommes sur les tactiques et les ruses du quotidien qui ont permis aux persécutés d’échapper aux rafles et déportations.

Au-delà du contexte international et des facteurs géographiques, politiques, culturels, il montre que les juifs ont trouvé en France un tissu social complice pour les aider, surtout à partir de l’été 1942, malgré l’antisémitisme et la délation.

Entre arrestations et déportations d’une part, gestes d’entraide et pratiques de solidarité d’autre part, ce livre est tout sauf une histoire édulcorée des quelque 220 000 juifs toujours en vie en France à la fin de l’Occupation. C’est une histoire au plus près des réalités quotidiennes des persécutés juifs, français et étrangers, illustrée par les trajectoires d’individus ou de familles, dont le lecteur suit l’évolution de l’avant-guerre aux années noires.

Choix de Claude Layani

Livre juif : La circoncision de Danielle Cohen-Levin et Jacques Ehrenfreund

En mai 2012, le tribunal de Cologne interdisait la circoncision et déclenchait une polémique juridique, politique et religieuse majeure.

Rappelons brièvement que le jugement ne visait pas d’abord et prioritairement la communauté juive et que la pratique de la circoncision est commune au judaïsme et à l’islam.

Cette polémique récente est l’occasion d’un retour sur le sens de cette pratique inscrite depuis des temps immémoriaux dans l’histoire du peuple juif.

Elle apparaît comme le symptôme d’une difficulté moderne à saisir le sens d’un rituel qui trouve son origine dans le texte de la Thora et qui est l’expression de l’inscription dans la généalogie juive et de la soumission à l’injonction divine faite à Abraham.

Il existe une tension historique irrésolue entre l’affirmation moderne de la nécessaire préservation de l’intégrité du corps et du libre arbitre de l’individu que ce rituel de la circoncision semble contredire.

La question se pose dès lors de savoir pourquoi cette tension a-t-elle été ravivée et quelle est la nature du malaise dont elle témoigne.

 

Choix de Claude Layani

Livre juif : Dis-moi, Shimon de Pierre Besnainou

Dis-Moi Shimon...

Les conversations imaginaires rapportées dans ce livre disent à quel point la pensée et l’action de Shimon Pérès (1923-2016) ont marqué l’histoire tout entière de la terre d’Israël, et à quel point il manque aujourd’hui à celles et ceux qui se soucient
de l’avenir de ce pays qu’il a contribué à fonder.
Qu’aurait-il dit du rôle de l’Europe en matière de politique internationale...

 

Choix de Claude Layani

 

Livre juif : Histoire des guerres d'Israël de David ELKAÏM

Même si le Hezbollah et le Hamas, tous deux soutenus par l’Iran, n’ont pas renoncé à la lutte armée sous toutes ses formes, y compris le terrorisme, les guerres qu’Israël a menées depuis sa création ont contraint ses voisins à accepter son existence.

1948 : la guerre face aux armées arabes coalisées a permis de donner vie au rêve sioniste de reconstitution d’un foyer national pour le peuple juif.

Après l’opération de Suez (1956) menée avec la France et la Grande- Bretagne pour freiner l’expansion du nationalisme arabe, Israël écrase en 1967 les armées de l’Égypte, de la Jordanie et de la Syrie et se rend maître de la bande du Sinaï, de Gaza, de la Cisjordanie et du Golan. En 1973, Anouar el-Sadate offre une revanche à l’Égypte et plus largement au monde arabe : son armée tient tête à Tsahal.

En 1982, Israël choisit de faire la guerre au Liban pour en chasser l’Organisation de libération de la Palestine et étouff er dans l’oeuf le nationalisme palestinien qui progresse en Cisjordanie et à Gaza. En 2006, Israël y mène une deuxième guerre, cette fois face à un mouvement, le Hezbollah, qu’il a contribué à renforcer en occupant le Sud-Liban pendant dix-huit ans.

Depuis 1987, Israël mène face aux Palestiniens une guerre qu’il ne pourra pas gagner. « L’armée la plus morale du monde » se heurte aux réalités des conflits asymétriques et le pays tout entier fait face à une menace d’une autre nature : incompatible avec la solution à deux États, l’occupation de la Cisjordanie est contraire à ses valeurs et à ses intérêts.

Plus qu’une histoire des guerres d’Israël, David Elkaïm retrace l’histoire politico-militaire du Proche-Orient depuis 1948 dans toute sa complexité.David ELKAÏM est fonctionnaire détaché au ministère des Affaires étrangères, chargé de conférences à Sciences Po Paris et chercheur au CF2R. 

 

Choix de Claude Layani

Livre juif : Les frères Lehman de Stefano Massini

11 septembre 1844, apparition. Heyum Lehman arrive de Rimpar, Bavière, à New York.
Il a perdu 8 kg en 45 jours de traversée. Il fait venir ses deux frères pour travailler avec lui.

15 septembre 2008, disparition. La banque Lehman Brothers fait faillite.
Elle a vendu au monde coton, charbon, café, acier, pétrole, armes, tabac, télévisions, ordinateurs et illusions, pendant plus de 150 ans.

Comment passe-t-on du sens du commerce à l’insensé de la finance ?
Comment des pères inventent-ils un métier qu’aucun enfant ne peut comprendre ni rêver d’exercer ?
Grandeur et décadence, les Heureux et les Damnés, comment raconter ce qui est arrivé ?
Non seulement par les chiffres, mais par l’esprit et la lettre ?
Par le récit détaillé de l’épopée familiale, économique et biblique. Par la répétition poétique, par la litanie prophétique, par l’humour toujours.
Par une histoire de l’Amérique, au galop comme un cheval fou dans les crises et les guerres fratricides.
Comment prendre la suite de Yehouda Ben Tema qui écrivit dans les Maximes des Pères :
« Tu auras cinquante années pour devenir sage.
Tu en auras soixante pour devenir savant » ?
Nous avons 848 pages et environ 30 000 vers pour devenir instruits, circonspects, édifiés. Groggy.
Choix de Claude Layani

Pour en savoir plus

De triste mémoire, on l'appelle le "Week-end Lehman": ce deuxième week-end de septembre 2008 où la banque new-yorkaise Lehman Brothers s'est écroulée, précipitant la planète dans la pire crise économique depuis les années Trente.

Faute d'avoir trouvé des repreneurs pour le géant bancaire aux abois, plombé par les crédits immobiliers à risque (subprimes), les autorités américaines lâchent l'institution plus que centenaire.

Le lundi 15 septembre 2008, à 01H45, Lehman Brothers dépose le bilan, prenant le monde par surprise après un week-end d'ultimes tractations au sommet. La banque laisse une ardoise de 691 milliards de dollars et 25.000 employés sur le carreau.

C'est la plus grosse faillite de l'histoire américaine. A Wall Street, le Dow Jones plonge de 500 points, sa plus forte chute depuis les attaques des tours jumelles en 2001. Cartons sous les bras, les traders sidérés quittent le jour même le siège de la banque, sous les objectifs des paparazzis.

"On n'a rien vu venir !", assurera un employé du groupe à Londres.

Mais pour d'autres, comme Lawrence McDonald, un ancien trader, co-auteur d'un livre paru en 2009 sur la chute de la banque ("A colossal Failure of Common Sens" - "un monumental échec du bon sens"), les patrons de Lehman étaient depuis longtemps alertés des risques excessifs qu'ils prenaient pour accroître leurs profits à court terme.

La direction "nous a fait foncer à 250 km/h droit vers le plus gros iceberg de subprimes", affirme-t-il à l'époque à l'AFP.

Elle "avait misé la maison, les meubles et la vaisselle" sur ces crédits immobiliers toxiques alors que dès 2005 au 31e étage de la banque --celui de la direction--, on était averti d'un risque d'effondrement du marché immobilier, assurait cet ancien courtier.

De 2005 à 2007, au coeur de la bulle immobilière où l'on place et titrise à tour de bras des crédits immobiliers faits à des acheteurs insolvables, Lehman Brothers, qui a racheté plusieurs prêteurs immobiliers, affiche des profits records.

Mais dès le milieu de 2007, la banque commence à cumuler les pertes, le coup de grâce étant porté neuf mois plus tard, le 16 mars 2008, par la quasi-faillite d'une autre banque d'investissements, Bear Stearns.

Entre le marteau et l'enclume

Au bord de la banqueroute pour des paris désastreux sur les subprimes, Bear Stearns est rachetée pour une bouchée de pain par JPMorgan Chase sous l'égide de la Banque centrale (Fed), ce qui mine la confiance des marchés, qui parient désormais sur la chute de Lehman.

Les autorités tentent de trouver un repreneur, négociant en vain avec une banque sud-coréenne, puis avec Bank of America et Barclays.

Et alors que l'Etat américain vient de nationaliser une semaine plus tôt les géants du refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac, qui garantissent plus de 5.000 milliards de dollars de prêts, il choisit de laisser tomber Lehman.

Quelques jours plus tard pourtant, l'Oncle Sam sauvera aussi l'assureur AIG (pour 180 milliards de dollars) avant de mettre à disposition des banques 700 autres milliards de dollars dans un plan de recapitalisation controversé (TARP).

Prises entre le marteau et l'enclume, les autorités ont été très critiquées à la fois pour avoir sacrifié Lehman Brothers et pour avoir sauvé d'autres banques, comme Goldman Sachs.

"On nous a beaucoup critiqués pour avoir laissé Lehman déposer le bilan", a reconnu récemment Henry Paulson, le secrétaire au Trésor de George W. Bush qui était à la barre au début de la crise. "Ils ont été capables de sauver Bear Stearns, ils ont sauvé AIG, pourquoi n'ont-ils pas sauvé Lehman ? On l'explique et personne ne nous croit", se plaint-il.

"Lehman était très faible, même par rapport à d'autres institutions. Il était très difficile de trouver quelqu'un d'assez solide, en cette période de tous les dangers, pour assumer ce risque", a pour sa part expliqué Timothy Geithner, alors patron de la Fed de New York, lors d'une récente émission sur la radio publique NPR.

Mais pour certains, comme Laurence Ball, qui vient de publier un livre sur la chute de Lehman ("The Fed and Lehman Brothers, Setting the record straight on a Financial Disaster"), la banque d'investissements a fait les frais "d'une pression politique énorme", alors que l'opinion publique dénonçait les sauvetages des géants de Wall Street aux frais des contribuables.

Livre : La guerre de France de Christian Moliner

La guerre civile fait rage en France entre islamistes et nationalistes, au rythme d'attentats quotidiens et sanglants. Le gouvernement est totalement impuissant. A l'initiative des Russes pro-nationalistes et des Saoudiens pro-islamistes, une conférence de paix s'ouvre à Chisinau, la capitale de la Moldavie.

Il s'agit de créer une zone interdite aux fidèles du Prophète tout en accordant l'autonomie aux enclaves musulmanes. L'Élysée, soutenu par les Américains, s'oppose, cependant, à ce plan de partage.

Mauréan, homme de l'ombre, entre alors en contact avec Djamila Loufi, étudiante à Science Po, qui se destine au journalisme. Un terrible secret pèse sur ses origines : sa mère, avant de mettre fin à ses jours quatre ans auparavant, a eu le temps de lui confesser qu elle était le fruit d'un viol.

Mauréan lui apprend que l'homme n'est autre que François Bavay, le charismatique mais sanguinaire leader des nationalistes. Et lui propose de le tuer. Djamila acceptera-t-elle cette mission ? Un thriller

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