Les articles de Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juive : Magdalena Hefetz; contes et décomptes

Magdalena Hefetz

Magdalena Hefetz : contes et décomptes

Magdanela Hefetz, "One Thousand And One Cups", Artists' House, Jérusalem, jusqu'en décembre 2020.

 

Pour cette exposition Magdanela Hefetz présente une large série de ses travaux des deux dernières années. Entre autres une impressionnante installation qui fait allusion aux "Mille et une nuits" - mais de manière des plus originales.

 

Les contes sont remplacés par  1001 tasses produites à la main, et d’un travail en forme de boule de poterie. Magdanela Hefetz a donc choisi la forme la plus élémentaire enseignée dans les cours de poterie :  le cylindre et son but premier, à savoir son rôle de récipient.

 

Elle a gravé dans l'argile un nombre en chiffre croissant avant la  cuisson. Il donne  à chaque bol son caractère unique dans l'ensemble d’éléments apparemment identiques.

 

Le rapprochement avec l'Holocauste n'a rien d'accidentel.  Chaque numéro est destiné à effacer l’identité individuelle. Empilés, les récipients créent un paysage humain, une collection d’individus, qui forment un groupe qui partage un destin commun, malgré leur unicité.

 

Un tel ensemble reste aussi émouvant que fascinant en dépit des objets anecdotiques qui à priori le fondent.

 

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Artiste juive : Gal Leshem, rouge textile

Artiste juive : Gal Leshem, rouge textile

Gal Leshem : rouge textile

Gal Leshem, "Looking for Rubia Tinctorum", Huxley Parlour, Londres, du 19 janvier au 27 mars 2020.

Gal Leshem est née en Israël en 1988 s'intéresse particulièrement au rouge et "Rubia Tinctorum" suit son propre trajet de migrante installée à Londres depuis une dizaine d'années et prouve son engagement social marqué de son travail.

Elle a été présentée récemment et entre autres au Jerusalem Film Festival (2019), au CCA Video Greenhouse à Fresh Paint Fair (Tel Aviv ), comme à la Wesserhale de Berlin , à l'APT Gallery et à la White House Dagenham de Londres ou encore au Israeli Centre for Digital Art, (Holon,) et à la Tate Modern de Londres.

Tout le travail de Gal Leshem s'intéresse à l'histoire et la politique des couleurs dans le Moyen-Orient. A l'aide de la video, du textile et des imprimés la plasticienne explore aussi le rôle du folklore et des matériaux culturels dans la création, la perpétuation et l'orientation des identités.

Après avoir étudié la philosophie, elle a travaillé en Israël en kibboutz au sein d'un collectif d'artistes pour générer un mode qui s'éloigne de l'aspect de l'artiste enfermé dans sa tour d'ivoire. Son travail à travers l'utilisation du textile est un clin d’œil à l’abstraction géométrique du début du XXe siècle.

Son intérêt pour cette école est née lorsqu'elle vivait en kibboutz où les immigrants d'Europe de l'Est étaient intéressés par l'idéologie marxiste et les expérimentations révolutionnaires du Constructivisme.

Pour ceux-ci la géométrie était utilisée comme langage visuel au service d'une utopie politique idéale et générale.

Cette universalité de la géométrie en tant qu’outil politique reste néanmoins pour une telle artiste complexe.

D’une part, il s’agit d’un langage inclusif accessible à tous, mais d’autre part, il peut être considéré comme ignorant toute différence dans la lutte pour l’égalité.

"Quand je pense à l’identité et à la collectivité, je m’interroge sur les individus dans ces structures révolutionnaires" écrit la plasticienne.

Elle rappelle les façons dont l’idéologie est incarnée et marquée sur les corps individuels.

C’est là que l’utilisation du tissu entre en jeu en apportant à toutes ces questions des références dans le domaine du corps. Le tissu enveloppe toujours le corps, c’est le vêtement, la tente, la couverture.

L’utilisation de textiles permet donc à ses œuvres de fonctionner comme un moule symbolique pour le corps tout en offrant un espace au corps pour réagir ou déformer la rigueur de la géométrie.

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Artiste juive : L'humanisme de Lawrence Wiener

Artiste juive : L'humanisme de Lawrence Wiener

L'humanisme de Lawrence Wiener

Lawrence Weiner, "ALL THE STARS IN THE SKY HAVE THE SAME FACE", Jewish Museum, New York, décembre 2020 - janvier 2021.

Né dans le Bronx, Lawrence Wiener a donc grandi dans New York qui a influencé par son spectacle quotidien son approche de plasticien : "L’art était autre chose; les notes sur un mur, ou les messages laissés par d’autres personnes. J’ai grandi dans une ville où j’avais lu les murs. Je lis encore les murs. J’aime mettre mon travail sur les murs et laisser les autres le lire. » écrit Lawrence Weiner.

Il est largement considéré comme un pionnier et une figure de proue du mouvement artistique conceptuel, élargissant les paramètres de ce qui constitue l’art. Il utilise un langage sur support flexible pour permettre au spectateur de penser de manière nouvelle, stimulante et souvent inattendue.

Son travail se veut fondamentalement social. Il estime qu'il est complet que lorsqu’elle est vue par les autres; lorsque les téléspectateurs peuvent l’interpréter, s’y engager et la mettre en action. Tout au long de ses 60 ans de carrière, l'artiste s’est penché à travers lui sur des histoires chargées et des questions urgentes

Weiner conserve une longue histoire avec le Musée juif, son oeuvre fut déjà le sujet de cinq expositions (à partir de 1970). Pour celle-ci l'artiste a dessiné sur les façades du musée une phrase en yiddish qu'il a souvent entendu dans son enfance : "Ale Yevanim habn eyn punim," ( a savoir que les Grecques - I.E. les non juifs) se ressemblent tous.

Ces paroles sont l'expression de l’auto-isolement et de l’anxiété des Juifs, en réponse à la longue histoire d’antisémitisme dupliquant l’insularité et la suspicion des « autres » auxquels ils étaient soumis.

L'artiste  a reconçu ce texte pour le transformer en " TOUTES LES ÉTOILES DU CIEL ONT LE MÊME VISAGE". Il l’a traduit simultanément en anglais, en hébreu et en arabe sur un champ de bleu vif.

Le texte de la bannière apparaît dans la police sans empattement caractéristique en lignes horizontales et gestuelles imprimées sur une maille de vinyle et mesure environ 30 mètres sur 10.

Pour Weiner la réinvention des effets de l’antisémitisme est indissociable de la résurgence de la xénophobie et du racisme qui apparaît à New York comme dans le monde entier et exhorte à réexaminer qui nous sommes et où nous voulons être aujourd’hui.

L’œuvre de Weiner témoigne en conséquence d’un sentiment réparateur et unificateur; elle pousse à penser collectivement, à imaginer tout ce que l'humanité peut accomplir si elle travaille ensemble.

Par ailleurs, et toujours à New York, Wiener a fait l’objet d’une rétrospective au Whitney Museum of American Art en 2007. Au cours de cette exposition, il avait présenté "FAR AS THE EYE CAN SEE" (2007) sur la façade de l’édifice historique Marcel Breuer de Whitney, sur l’avenue Madison.

Tous ces travaux sont réalisés dans l’intérêt de l’humanité et le renforcement des relations entre les peuples, Weiner considère l’actuel projet du Musée juif comme une avancée de son engagement envers ces idéaux et une façon dont il peut continuer à défendre cet honneur.

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Artiste juif : Thomas Zipp, exercices d'étrangeté

Artiste juif : Thomas Zipp, exercices d'étrangeté

Thomas Zipp : exercices d'étrangeté

Thomas Zipp, Oeuvres, Sommer Gallery, tel aviv

Thomas Zipp invente une nouvelle subjectivité esthétique selon diverses forces et fragments ouverts sur la réalité afin d'en suggérer l'énigme. Et ce pour atteindre aussi une sensation impalpable qui apparaît dans chacune des oeuvres.

C'est pourquoi il ne cesse d'étonner en tant que peintre, dessinateur, sculpteur, inventeur de machines singulières à la fois "célibataires" et insolites.

Il avait créé l'événement à Venise en 2013 avec une étonnante installation d'une clinique fictive intitulée : "Comparative Investigation about the Disposition of the Width of a Circle" (Enquête Comparative sur l'Utilisation de la Largeur d'un Cercle). Il faisait là référence aux recherches de Charcot sur l'hystérie, à la chanson de Bowie qui évoquait sa lutte contre les affres de la drogue ainsi qu'à la figure du diable.

Ses peintures présentée à Tel Aviv renouent avec la figure, le portrait et les signes. La recherche de la sensation y est toujours prégnante. Le regard de ses portraits fixe le spectateur et les fonds du tableau sont souvent tramés comme des strates de chiffrement des messages informatiques.

La lumière est une autre préoccupation de l'artiste. Il cherche toujours à créer des impressions de mouvement dans une quête qui le rapproche de Leonard de Vinci comme des théories empiriques de Karl Theodor Fechner sur la psychophysiologie où la relation entre l'aspect physique et les stimuli mentaux sur le sujet provoquent des changements de visage. Preuve que les recherches scientifiques d'hier et d'aujourd'hui et les interfaces entre les différents médiums "jouent" constamment dans cette oeuvre aussi originale qu'étrange.

Artiste juive et israélienne : Talia Israeli,métamorphoses du paysage

Artiste juive et israélienne

Talia Israeli : métamorphoses du paysage

Talia Israeli est née à Jerusalem en 1976 où elle obtint son diplôme supérieur d'art à Bezalel Academy of Art & Design qu'elle compléta à Glasgow puis Londres. Elle vit actuellement à Herzeliya et travaille à la Basis School for Art and Culture.

Déjà lors de ses études elle expose à Londres et depuis multiplie ses expositions dont "One of the Mountains" à l'Artists House Jerusalem ou encore "Black Light" à la Maya Galley, Tel-Aviv.

Se sont suivis plusieurs expositions à Paris (Fondation Taylor et Artpkazce) et à Tel-Aviv : Tavi Art Gallery, Alon Segev Gallery.

L'art paysager se transforme et transcende la simple capture par des feux d’artifice des couleurs et de formes inattendues. La prise devient« opérante » car il existe à travers son motif et sa tranformation, un retournement de la vue : elle interroge le regard.

De l'œil au regard s'instruit la médiation de l'oeuvre : soudain c'est elle qui fissure énigmatiquement les certitudes trop facilement acquises de la contemplation fétichiste du paysage tel qu'il est coutumier de le voir et de l'envisager. Ici à l'inverse, un dévisagement a lieu.

Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juif : David Moritz Oppenheim peintre de la synthèse

Artiste juif : David Moritz Oppenheim peintre de la synthèse
David Moritz Oppenheim peintre de la synthèse

"Moritz Daniel Oppenheim ; le premier peintre juif", Musée Juif de Franchort, hiver 2020-2021

Moritz Daniel Oppenheim (1800 - 1882 ) fut le premier artiste juif de l'ère moderne et  le premier à recevoir une formation académique classique. Il obtint un grand succès en tant que portraitiste et peintre de scène biblique comme des célébrations traditionnelles de sa communauté.

Un tiers au moins de ses 350 peintures sont considérées comme perdues.

Certaines après 1933 elles furent sauvées car emmenées dans le bagages de ceux qui ont fuit  l'Allemagne. C'est pourquoi les oeuvres restantes sont à trouver dans le Musée Juif et New York et au Musée d'Israël à Jérusalem.

Néanmoins le Museum Schloss Philippsruhe de Hanau - ville de naissance du peintre et le Musée Juif de Francfort (où il vécut et travailla) ont construit dans les dernières décades une importante collection de ses oeuvres en leurs  différentes époques .

Les scènes de vie familiale juive traditionnelle peuvent être interprété-e comme le signe de leur affiliation dans la culture germanique. S'y retrouvent les valeurs bourgeoises poussées  presqu'au bord du cliché . Mais le sens de la piété et de la famille forment une peinture historique qui s'aligne sur la peinture chrétienne traditionnelle.

Cela contraste avec l'Orientalisme qui était à la mode à l'époque qui cultivait un sentiment d'exotisme. Les peintures d'Oppenheim dans leur apparentement  permirent à la majorité de s'identifier avec les traditions juives. Et ses séries  furent reproduites selon différentes techniques dans le but d'être diffusées de manière massive dans la population.

A l'inverse de beaucoup de peintres juifs de l'époque Oppenheim ne s'est pas converti au christianisme. Et ses peintures jouèrent un rôle dans l'émancipation des juifs allemands et leur lutte pour l'égalité des droits -  ce qui ne fut pas la cas avant la création de l'Empire en 1871.

Imitant les classiques et influencé par Raphael, l'artiste sut transformer les signes chrétiens pour que sa peinture se distingue de la tradition. Il devint la coqueluche de la classe moyenne établies en Francfort après les conquêtes et la défaite napoléonienne.

Ce fut une époque où beaucoup de restrictions envers les juifs furent supprimées au moment où ils jouèrent un rôle culturel et  économique important.   Oppenheim accompagne ce mouvement et devient le confident d'une classe qui luttait contre toute discrimination juridique et sociale

Tous ses portraits prennent une dimension générale. Ils  lient tradition et progressisme et ils accompagnèrent les travaux de sa communauté dans d'autres domaines. Ceux de  la famille Rothschild et son ascension comme ceux  des intellectuels  Heinrich Heine, Ludwig Börne, Jakob Weil entre autres.

Existe par ailleurs dans cette oeuvre une dimension faite autant pour valoriser les vertus de la bourgeoisie moyenne que de mettre l'accent sur le rôle de l'éducation et de l'harmonie des  cultures

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Artiste juif : Samson Pollen, Femmes Sans Influences

Artiste juif : Samson Pollen, Femmes Sans Influences

Femmes sans influences : Samson Pollen

Samson Pollen, "Action", Daniel Cooney; New York, hiver 2020-2021

Le peintre Samson Pollen fut connut dès les années 50.

Après la guerre de Corée où il devint il devint l'illustrateur de l'officiel "Coast Guard magazine" de l'armée américaine, la new yorkais crée des illustrations extraordinaires pour les "Men’s Action Magazines (MAM)" du groupe créé par Martin Goodman et sa pléthore de titres. Tous visaient entre autres les 16 millions de vétérans de retour chez eux. Ils contenaient des récits d'aventures et une noria de pin-up. C'était alors l'âge d'or de tels magazines. Et les kiosques à journaux étaient remplis de tels "bonbons pour les yeux"

Les oeuvres de Pollen était bien au-dessu de la concurrence. Créant certains des visions accrocheuses voire racoleuses il apportait de la vie aux histoires écrites par des écrivains tels que Norman Mailer, Richard Wright, Ed McBain, Mario Puzo, etc.. Sans pouvoir bénéficier de lire l’histoire en premier et en n'ayant pour tout viatique quelques lignes de leur script, Pollen a néanmoins tissé des récit visuel envoûtant pour des histoires avec des titres comme "Nights of a Nympho Nurse". C'était là un challenge que peu d'artistes réussirent à tenir. Pollen le fit à merveille.

Visualisant les scènes en son imaginaire, il les vivait comme acteur à la fois éveillé et rêveur. Il créa son propre style qui s'imposa comme un courant majeur de la narration plastique populaire. Hommes virils, femmes fatales sont au service d'une sexualite particuière. Les secondes sont dangereuses et puissantes, sexuellement agressives et ne sont jamais été des victimes impuissantes du désir masculin. Une telle œuvre luxuriante et picturale était certes conçue pour attirer l’attention, intriguer, provoquer et attiser le désir nécessaire pour inciter à la vente du magazine. Mais ce tart commercial renié par l'intelligenzia américaine l'époque donnait déjà la part belle aux femmes. Et l'oeuvre est désormais reconnue pour son langage inventif.

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Artiste juif : Michael Kerstgens et la "trivialité positive"

Artiste juif : Michael Kerstgens et la "trivialité positive"

Michael Kerstgens et la "trivialité positive"

Né en 1950 à Llanelli au pays de Galles Michael Kerstgens vit depuis son adolescence en Allemagne. Il a couronné ses études de photographie à l'Université d'Essen par un projet "La vie des Juifs en Allemagne" qui le fait remarquer.

Il devient d'abord photographe freelance pour des éditions et entreprises nationales et internationales puis, après de nombreux périples en tant que reporter, il est devenu professeur de "photographie documentaire" à la faculté Hochschule Darmstadt. Il vit désormais à Oberhausen.

Influencé par sa culture juive, il la défend et l'illustre dans des photos documentaires d'une qualité exemplaire. Existe en elles de l'émotion mais sans le moindre pathos. Ses prises recèlent souvent de fabuleux reliefs tourmentés de la vie de divers groupes entre autres en Allemagne, Royaume-Uni et en ex URSS.

Les photographies sont parfaitement structurées et sont là pour soustraire le regardeur à toute propension à l’indifférence. Au radicalisme minimalisme, l'artiste préfère la saisie du monde dans tous ses états offerte en noir et blanc pour dégager des échos particulier.

La pâle existence périurbaine, l’ennui des campagnes, la banalité sont transformés jusqu'à créer un "trivial spiritual" capable de générer des émotions profondes. C'est pourquoi l'expression "trivialité positive" de Baudelaire convient parfaitement à une telle approche.

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Artiste juive : Le hameçon lumineux de Brigitte Kowanz

L'artiste autrichienne Brigitte Kowanz

Le hameçon lumineux de Brigitte Kowanz

Brigitte Kowanz, Installation lumineuse "Museum", Musée Juif de Vienne, Permanent

L'artiste autrichienne Brigitte Kowanz propose une installation lumineuse au "Musée juif de Vienne". Le premier mot est transcrit en hébreu sur la façade du Palais Eskeles au 11 de la Dorotheergasse. Elle a été créé à l'initiative de Danielle Spera, Directeur du lieu et a été sponsorisée par le cercle des Amis du Musée Juif de Bienne

Brigitte Kowanz, né à Vienne est une des artistes les plus reconnues pour ses installations lumineuses et ses interventions en architecture.

Elle étudia à l'Université des Arts Appliqués de Vienne. Certaines de ses structures ont déjà été présentées à la Biennale de Venise dès 1984. Elle a exposé aussi et entre autres à Eindhoven, Munich, Berlin, Bruxelles, Tel Aviv et Vienne.

Pour elle la lumière est synonyme de mesure, forme et existence. C'est une manière de proposer des "Situations" dans l'espace publique et en conciliant ses propositions avec l'espace architectural.

Il s'agit plus particulièrement ici de réconcilier les normes d'un art nouveau et un art ancien de manière à créer un équilibre et une attention réciproque aux deux postulations : celle de l'oeuvre d'art et celle du bâtiment.

La théorie de la créatrice est simple et se résume à un "Je montre, vous regardez". Il s'agit dans un appel à venir voir au delà de l'annonce et derrière les murs. L'oeuvre par son aspect particulier est là pour inciter la curiosité et à la nécessité de voir plus grâce à cet hameçon lumineux.

 

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Artiste juif : Israël selon Ralph Gibson

Artiste juif : Israël selon Ralph Gibson

Israël selon Ralph Gibson

Ralph Gibson, "Sacred Land : Israel Before and After Time"', Editeur Lustrum Press, 2020

Pour son nouveau livre commandé par Martin Cohen, Ralph Gibson a choisi une présentation en diptyques d’Israël, afin de souligner l'aspect contemporain mais aussi ancien de cette terre.

Le photographe américain l' a parcourue afin de monter un ensemble où le passé appartient au présent et vice versa. Les images couleur et noir et blanc se font face en double page.

Gibson souligne la présence du calcaire sur lequel le pays est construit. Et cette roche qui durcit à l'air libre porte les tatouage de l'histoire du pays.

Tout dans ce livre est sous lumière solaire et méditerranéenne. Elle semble s'étendre sur la mythologie et la sagesse biblique.

Les mots gravés dans la pierre résonnent avec les narrations du temps présent et ses technologies avancées.

Si bien que pour Gibson Israël est "le pays le plus ancien et le plus jeune du monde. Il lutte pour sa survie vis a vis l’extérieur et pour sa définition de l’intérieur".

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