Les articles de Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juif : Jossef Krispel incertitudes programmées

Artiste juif : Jossef Krispel incertitudes programmées

Jossef Krispel :  incertitudes programmées

Comme il l'écrit lui-même, Jossef Krispel  cherche à "peindre à nouveau tout, sans hiérarchie, comme un index d’informations concises." Dans sa série de peintures vibrantes intitulée Make Up, il  créé des fragments d’images qui ont perdu tout semblant d’appartenir à l’ensemble duquel ils ont été retirés. Quant à ses portraits ils sont là pour transformer la figuration en vision.

 

L'artiste reste un marginal qui tord le cou à la maladie de la matérialité comme à celle de l’idéalité. L’image chez lui est à la fois un parfait contre-feu mais aussi un incendie suprême face à ce qui nous fascine habituellement sans besoin d’interprétation.

 

Ici le voyeur est obligé de reconstruire son champ de vision.  Pour le réveiller l'artiste propose des suites de cohérences défaites où tout recommence. En noir et blanc ou en couleur, le monde se diffracte mais toute une logique y rampe. Preuve que ce qu’on prend pour habituel désordre n’est qu’apparence.

L’artiste le recompose entre expressionnisme et impressionnisme particuliers. Il secoue le voyeur sans pour autant faire usage de violence. Il se contente de diffractions révélatrices là où les détails donnent paradoxalement des ouvertures à la vue d’ensemble. Le créateur joue de dislocations, d'absorptions et de métamorphoses.

Artiste juif : Jossef Krispel incertitudes programmées

Artiste juif : Jossef Krispel incertitudes programmées

 

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Artiste juif : Daniel Wolf vient de mourir

Artiste juif : Daniel Wolf vient de mourir

Daniel Wolf et les murs blancs

Daniel Wolf vient de mourir. Il a commencé sa carrière comme marchand de photographies du 19e siècle et a ouvert sa propre galerie à New York en 1977. Puis il s’intéresse à la photographie contemporaine et a contribué à donner naissance au marché d'un genre jusque-là jugé secondaire.

Il est considéré comme l’un des marchands les plus influents du monde et a joué un grand rôle dans le développement de la collection du Getty Museum avant de devenir courtier privé spécialisé dans la photographie.

Toujours intéressé par un genre de regroupement de choses qui ont un sens il est devenu collectionneur. Il a toujours estimé qu’il n’y a aucune différence entre collectionner à l’époque de la Renaissance et collectionner aujourd’hui. Pour lui cette "mania" a toujours été étroitement liée à l’ego. Mis ajoutait-il “Il est très rare de voir une collection qui ait de la fraîcheur.".

 

Il est venu à la photographie contemporaine en découvrant en Bretagne des preuves faites il y a cent ans : "Elles étaient plus belles que toutes les autres impressions que je pouvais imaginer. J’ai juste pensé – que se passe-t-il ici ?" Et tout un système de connexions à la photographie s'est enclenché. Mais ajoute-t-il  : "il m’a fallu quarante ans pour réaliser que la majorité du marché de l’art concerne la décoration pour les riches."

 

Mais il comprit aussi que pour beaucoup, le but n’est pas que la décoration en surface mais un regard en profondeur. Il a donc toujours cherché à défendre les photographes qui donnent des clés d’un monde dans lequel nous ne pouvons entrer autrement.

 

C'est pourquoi jusqu'à sa mort il a passé son temps à "Regarder, regarder et regarder." Le domaine de la photographie contemporaine sera restée sa passion dominante et non sans humour :

"Les gens riches ont de grands murs blancs et ils doivent les remplir d’art. Et il y a beaucoup de galeries vendant de l’art pour les murs blancs. Il y a un grand phénomène de mur blanc en cours". Et cela justifie certaines errances. Wolf a su les éviter et trouver les créateurs dont les images ne sont pas forcément faites pour de tels murs mais pour ce qui se passe dedans.

 

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Artiste juif : les canulars de Sacha Goldberger

Artiste juif : Les canulars de Sacha Golberger

Les "canulars " de Sacha Goldberger

 

Sacha Goldberger, "The 770: Lubavitchs of Brooklyn", exposition en ligne www.28vignonstreet.com

 

Cette série a été photographiée à Brooklyn, au centre de la communauté Loubavitch, au 770 Eastern Parkway, NY. Et le photographe veut montrer une autre vision du judaïsme, dans une période où l'antisémitisme devient banal.

 

Ces photographies ont pour but de donner la religion juive, un regard positif, poétique, spirituel et humoristique. Les hommes en noir qui portent des chapeaux s’amusent devant l’objectif.

Les uns coincent leurs longues barbes dans les portes d’entrée ou de voiture, un autre porte une pile de livres grosse comme une montagne, un autre encore lit assis sur une machine à laver d’un Lavomatic.

 

Sacha Goldberger suggère une joie, un plaisir et aussi la foi, la connaissance et la passion de la transmission. C’est souvent drôle et parfois émouvant.  Et c'est surtout une façon de lutter contre les idées reçues.

 

Face aux préjugés ou aux fantasmes qui s’accrochent aux croyants, le photographe montre quelque chose dont seuls ils sont capables et que souvent on se plaît à leur retirer : l’humour.

 

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Artiste juive : Yehudit Sasportas : forêt des signes

Yehudit Sasportas : forêt des signes Yehudit Sasportas, "Liquid Desert", Sommer Gallery, Tel-Aviv, 2020-2021.

Yehudit Sasportas : forêt des signes
Yehudit Sasportas, "Liquid Desert", Sommer Gallery, Tel-Aviv, 2020-2021.

 

Née en 1969 àAshdod en Israël, la créatrice vit à  Berlin art Tel Aviv . Elle est aussi professeur à la Bezalel Academy for Art and Design à Jerusalem. Elle développe une oeuvre d'envergure à travers de multiples médiums (vidéo, dessin, sculptures, photos).

 

Dans ses premiers travaux et installations-  ("Arisa"  et "Trash-Can Scale" (À l'échelle d'une poubelle) -  elle  réalisa des sculptures en trompe-l'œil. Elle a créé diverses installations en combinant la sculpture et le dessin. Et depuis la décennie 2000, elle inclut dans son travail des évocations de la nature, essentiellement des images d'arbres selon des dimensions aussi concrètes ou métaphoriques.

 

La créatrice rappelle que les arbres restent les fidèles piliers témoins d'un temps qui voudrait échapper à l'Apocalypse brutal. Il s'agit de chercher comment les images pourraient réinventer une forme de vie dans l'appel à une tendresse et une harmonie globale.

 

Une telle approche en inventant de nouveaux "contrats" crée des interactions qui remodèleraient le monde en arbre de vie au sein d'une "écologie dernière" (Jean-Claude Pinson). L'image fait comprendre la  puissance du végétal  selon une pastorale inédite.

 

En écho implicite à Thoreau et autres bucoliques, la forêt devient le lieu où le réel revient désirable et vivable pour lutter contre la détérioration de la planète par ceux qui s'en estiment les propriétaires.

L'humanité a peut-être encore une chance. Et l'art doit y contribuer. L'arbre s'accorde à une nature première.

Et pour que le monde continue à être habitable, la créatrice "joue" avec les arbres dans la  puissance vibratoire de ses oeuvres. Il faut se laisser happer par une contemplation lente et patiente de prises au noir qui restent d’une beauté poétique inépuisable.

 

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Artiste juif : Première exposition de Dorian Cohen à Paris

Première exposition de Dorian Cohen à Paris

Première exposition de Dorian Cohen à Paris

Dorian Cohen, "Bien que cela soit naturel", Galerie Patis-Beijing", du 23 janvier au 6 mars 2021.

 

Diplômé en génie urbain et urbanisme, autodidacte en peinture,  Dorian Cohen est apparu sur la scène artistique en 2017.  Un an plus tard il est lauréat du prix de la Fondation Colas puis est nominé à la 10ème édition du Prix Sciences PO pour l’Art Contemporain.

 

En cette première exposition personnelle à Paris, le peintre  poursuit ses récits urbains à travers paysages et scènes de genre où sont suggérées des difficultés voire des petits drames du temps. Se découvrent par exemple la tristesse d’un homme posant dans l’atelier d’un artiste, celle de deux trentenaires dans un restaurant, ou encore l'errance d'un vieillard en déambulateur dans sa chambre

 

L’artiste propose une chronique contemporaine des fondamentaux du mouvement naturaliste  littéraire et pictural du 19ème siècle. La dramatisation des thèmes joue entre l'actualité du sujet et son traitement classique. C'est une manière moins de psychologiser les représentations que d'insister sur  une critique sociale de l’individualisme progressif qui  rend les êtres muets au sein même des les lieux de sociabilité.

 

Existe dans ce travail un traitement théâtral voire cinématographique parfois  en clair-obscur. Le beau n’est jamais évident pas plus que le laid. Et Dorian Cohen révèle des visions très particulière d'un Paris rarement saisi en de tels contrastes. Le désenchantement est patent dans une telle peinture. Elle témoigne de la vision d'une jeune génération de peintres. Ceux-ci font retour vers une figuration mais pour mieux souligner la différence qu'il existe entre l'image habituelle et l'image picturale.

J.P.G.P.

Artiste juive : Les robes de mariées de Nirit Levav Packer

Les robes de mariées de Nirit Levav Packer Nirit Levav Packer, "Dresses Series", Tel-Aviv

Les robes de mariées de Nirit Levav Packer

Nirit Levav Packer, "Dresses Series", Tel-Aviv

Nirit Levav Packer est une artiste qui a étudié la mode à la "Parsons School of Design" de New-York. Elle a commencé à créer des robes avant d'étendre ses activités en créant des sculptures en fer, céramique et divers objets dans un travail expérimental.

Elle recycle les matériaux. Ils deviennent la substance de ses créations à Tel Aviv où elle commença son travail de couture puis d'art qui a pris le pas sur sa première activité. "Je suis devenu une sorte de psychologue des femmes et de leurs familles" dit-elle.

Les séries de robes qu'elle a créées le sont toujours avec un clin d’oeil au monde de la robe de mariée design. Il y a là des créations qui ne sont pas forcément faites pour être portées mais qui peuvent correspondre aux gouts particuliers de certains clients. En tout état de cause tout un art particulier avance.

 

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Artiste juive : Renée Lévy dédie son exposition à Aimé Stitelmann

Artiste juive : Renée Lévy dédie son exposition à Aimé Stitelmann

Les sororités  de Renée Levi

Renée Levi, "Aimée", Villa du Parc, Annemasse, du 23 janvier au 2 mai 2021

Renée Levi a éprouvé  sa joie d’avoir découvert l’existence d’Aimée, une genevoise franco-suisse, qui, dès 1942, à l’âge de 17 ans, a aidé des enfants juifs et des résistant(e)s à passer illégalement la frontière depuis Annemasse pour se réfugier en Suisse.

Condamnée à l’époque par les autorités helvétiques, Aimée Stitelmann (1925-2004), communiste et antifasciste, devint après la guerre enseignante à Genève et fut réhabilitée en 2004 par une loi d’amnistie votée par le Conseil fédéral suisse en faveur des militants anti-nazis.

"L’exposition pourrait porter son prénom" avait précisé Renée Levi qui ajoute  "Elle serait ainsi dédiée à cette femme courageuse et inspirante, avec un si beau prénom, qui plus est en « ée »". Cette coïncidence homonymique, heureuse, n’est en rien hasardeuse.

Renée Levi porte une attention profonde, scripturale et picturale, au nom – et particulièrement au prénom, qui est propre à chaque femme. Et ce sans rattachement patrimonial à ce qu’il évoque de l’identité, de la mémoire et à la force que son affirmation impose. De Renée à Aimée une langue genrée comme le français ne cesse pourtant de l’oublier. Mais ici la voyelle "e" inclusive se peint et s’universalise en une sororité.

 

L’exposition se prolongera ensuite à l’extérieur, avec la réalisation de l’œuvre monumentale sur la façade, synthétisant ces nouvelles recherches expressives et fonctionnant dans l’espace public comme peinture, hommage et signature.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juive : Sara Cwynar, prix Shpilman de la Photographie

Artiste juive : Sara Cwynar, prix Shpilman de la Photographie

Sara Cwynar: Prix Shpilman de la Photographie

Le Israel Museum de Jerusalem a décerné à Sara Cwynar le Prix International Shpilman 2020 de la Photographie.

Native de Vancouver l'artiste est une vidéaste et photographe conceptuelle. Sa pratique a pour but de perturber l'impeccabilité de l'image par divers systèmes de cassures et collages en mêlant l’histoire de l’art et de la culture populaire.

Un certain néo-psychédélisme apparaît avec ironie là où Sara Cwynar semble divaguer entre manipulation numérique et style documentaire impassible.

Tout dans ce travail joue de l’ambivalence et de l'ambiguïté pour générer un discours iconographique dissident. A travers les torsions des icones, une certaine intimité transparaît. Elle aussi avec ironie et irrévérence.

 

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Livre juif majeur et impressionnant : Ruines bien rangées de Hélène Cixous

Auteure juive : Hélène Cixous -Ruines bien rangées-

Hélène Cixous, "Ruines bien rangées", coll. Blanche, Gallimard, Paris, 2020.

Dans le plus beau et le plus riche quartier d’Osnabrück, en Basse-Saxe et en plein centre-ville, rue de la Vieille-Synagogue, il y a un espace rasé entre deux élégantes demeures : "Les Ruines". "On passe devant sans les voir" dit Hélène Cixous : mais ce lieu devient le fondement de son récit trans-historique.

Ce fut l'endroit de persécution jadis des sorcières et plus près de nous des juifs. Il existe là pour l'auteure - à l'ombre de sa famille allemande - l'espace de ses revenants comme ceux de l'Histoire en leurs "différences" (Derrida) pour réviser et corriger une mémoire de l'Occident médiéval et contemporain

Au moment où nous sommes replongés dans des guerres de religions l'auteur revient à leurs modèles plus reculés dont la cité fut le modèle. Fondée en 783 par Charlemagne,

Osnabrück fut l'endroit où fut signé en 1648 le traité de Westphalie pour mettre fin à la guerre de trente ans qui laissa des millions de fantômes à qui succédèrent d'autres assassinés.

Non seulement dans le VIIIème siècle mais - via des pogroms - au XXème "notre belle ville est nazie" écrit l'auteure : "en 1938 la cité a mis le feu à ses Juifs". Et ce comme jadis furent brûlées les sorcières jetées ensuite dans la rivière.

Cette cité "comme un Phénix" écrit encore Hélène Cixous a désormais transformé la haine et la peste brune à la paix et l’hospitalité "pour une petite éternité". Mais restent bien des questions : entre autres que disent ces "Ruines" élégantes bien soignées et "L'Allée des sorcières " ? Est-on devant ou dedans?

Se concentrant sur ce lieu et ses pavés qui furent martelés par les boucs émissaires d'une haine ordinaire, Hélène Cixous embrasse plusieurs siècles à la fois (le nôtre compris). Dans son obsession du temps, l'auteure appelle à la vie, là où sont ses morts au moment où son livre se mesure au présent en une multi chronicité : l'écriture parle plusieurs siècles pour faire jaillir des taches aveugles des noyés, brûlés, exterminés qui hurlent encore leur détresse.

La créatrice s'engage dans le vivant - via le passé - pour l'ouvrir. Elle sait que la haine n'est pas un possible mais un ferment de guerre, un refus de la création de l'autre, une revendication éliminatrice qui témoigne d'une toute puissance masculine. Elle prouve que la haine est narcissique : celle-ci s'attaque à tout ce qui est la vie parce qu'elle s'en croit privée. C'est la preuve que depuis la nuit des temps elle demeure une consommatrice jalouse.

Face à ses saccages, Hélène Cixous invente - par la dimension poétique de sa parole et contre la mort qui est donnée - une chronique exhaustive d'un familier aussi lointain que proche. Derrière la glaciation du lieu qui se fossilise en une certaine beauté touristique, l'auteure incarne le statut plus "primitif" d'une ville où se concentrait toutes les contradictions et toxicités du monde.

Un tel récit devient une manière de lutter pour une ouverture aux altérités bien. Et ce, bien au delà de ce à quoi on voulut réduire la créatrice en la faisant la dépositaire de "l'écriture féminine". Il existe certes chez elle une combat contre le "phallogocentrisme". Mais celle qui reste une des pionnières des études de genre continue par son superbe récit de porter regard et fer contre le racisme, l'antisémitisme et la misogynie.

Du soupir à une ample symphonie tragique du monde et de l'intime Hélène Cixous tente de recoudre les blessures qui malgré tout suintent encore d'autant qu'elles ne sont pas particulière mais générale. L'odeur humaine est là et l'auteure en appelle à une nouvelle version du monde et un terrain dégagé de la haine.

C'est pourquoi - et surtout au nom des femmes - les familiers de la créatrice deviennent des âmes à demi transparentes, des corps sensuels même s'ils sont toujours sur le point de disparaître - comme Derrida le lui rappela. A travers eux, un tel récit rassemble - par ses divers temps - qui nous sommes - entourés de notre solitude, de notre inquiétude, de notre présence comme de notre effacement.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juive : Ne plus cacher ce qu'on ne saurait voir - Nadia Lee Cohen

Artiste juive : Ne plus cacher ce qu'on ne saurait voir - Nadia Lee Cohen

Ne plus cacher ce qu'on ne saurait voir - Nadia Lee Cohen

Nadia Lee Cohen, "Women", Préface d’Ellen von Unwerth, Vogue (Italie), 216 p., 2021.

Dans ce livre, le premier à être publié par la photographe britannique basée à Los Angeles, la créatrice renverse la célèbre phrase de Tartuffe. Ce travail est autant ambitieux que choquant - du moins pour certain(e)s.

Il est le résultat de six ans de travail et ses images sont restées secrètes pendant tout ce temps. La carrière de la photographe a prospéré au cours de cette période et c'est pourquoi le  livre est moins un premier livre qu'un ouvrage majeur.

 

"Women" est en effet  une iconographie pop hyper-surréaliste. Mais à bien regarder se cache une vision émouvante qui échappe au voyeurisme basique. La nudité possède ici une honnêteté et déchirante.

 

Le mot "Women"  ici "est une idée liée à une série de "caractères". Il ne réside pas dans le monde dans lequel nous vivons, et ne partage pas ses normes "politiques" ou valeurs de beauté. Il est conçu comme une représentation d’une forte féminité dans 100 mises-en-scène.

 

Et si la nudité est commune à toutes les images, comme l’explique la photographe, " le niveau de nudité est déterminé par ce que l’individu pense être personnellement le déshabillé".  Le caractère dominant de l'ouvrage est consacré au fait que les femmes montrées ici ne sont pas faibles. Elles se sentent autonomes en conséquence autonomisent le regard.

 

Preuve que la nudité possède d'autres ingrédients à cultiver que des fantasmes. Elle peut devenir une revendication féministe. Particulière certes mais féministe tout de même.