Yossi Fattal dénonce : “Israël oublie ses touristes pendant que ses avions repartent à vide”

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Yossi Fattal dénonce : “Israël oublie ses touristes pendant que ses avions repartent à vide”

Touristes piégés en Israël : Yossi Fattal dénonce l’aveuglement de l’administration israélienne

Alors que l’espace aérien israélien reste fermé depuis plusieurs jours suite aux frappes iraniennes, une double tragédie silencieuse se joue : près de 100 000 Israéliens bloqués à l’étranger, et surtout 35 000 touristes prisonniers à l’intérieur du pays, sans solution pour partir. Une absurdité logistique qui suscite incompréhension, colère et peur.

Des touristes pris au piège, sans plan de sortie

« Ils veulent juste s’échapper », martèle Yossi Fattal, directeur du Bureau des organisateurs du tourisme entrant. Ces 35 000 touristes, venus visiter la Terre Sainte, se retrouvent piégés au cœur d’un conflit, sans aucune communication, ni voie de sortie. Dans une lettre adressée au directeur de l’Autorité de l’aviation civile (CAA), Fattal alerte : « Beaucoup de ces touristes souhaitent quitter Israël immédiatement. »

Mais voilà le scandale : l’État a bien prévu des vols de sauvetage, mais uniquement pour les Israéliens bloqués à l’étranger. Les avions qui reviennent vides n’ont pas l’autorisation de rapatrier les touristes coincés sur place. Un non-sens humain et diplomatique, selon Fattal, qui qualifie cette politique de « déconnectée de la réalité ».

Le silence irresponsable de l’État

Dans un contexte où des pays comme la France ou les États-Unis évacuent leurs ressortissants à la première alerte, Israël donne l’image d’un État bureaucratique, figé, incapable de mettre en œuvre un plan cohérent. Fattal plaide pour une décision simple : embarquer les touristes sur les vols de retour déjà prévus. Il souligne que « leur inclusion dans les avions vides est une nécessité humanitaire, mais aussi une question d’image pour Israël ».

Le ministère du Tourisme, pourtant sollicité, reste inerte. Quant à l’Autorité de l’aviation civile, elle affirme n’avoir aucune intention d’autoriser les départs depuis Israël dans le cadre des évacuations. Un mur d’indifférence qui fait enrager les professionnels du secteur.

Miri Regev promet, mais rien ne bouge

Face à la pression, la ministre des Transports Miri Regev a présenté un plan de sauvetage ambitieux, mobilisant toute la flotte d’Israir, El Al et Arkia. Des avions stationnés à New York, Bangkok, Rome ou Chypre n’attendent que l’ordre de décoller. Pourtant, aucune autorisation de vol n’a encore été donnée, en raison d’obstacles sécuritaires mal définis. Les compagnies ont beau se préparer, sans feu vert de l’armée ni du commandement du front intérieur, rien ne bouge.

« Cela prendra des semaines, pas des jours », avertit Shmuel Zakai, ancien directeur de l’aéroport Ben Gourion, sur la chaîne 12. Mais pendant ce temps, des dizaines de milliers de personnes attendent dans un flou angoissant, sans information claire, ni moyen de quitter le pays ou de rentrer chez eux.

Un avion sur le tarmac, des passagers sans issue

C’est l’image du chaos israélien actuel : des avions à disposition, des équipages prêts, mais des passagers qui dorment à l’aéroport ou errent sans espoir. L’aéroport Ben Gourion, dans un message glaçant, appelle les passagers à ne pas s’y rendre. Chaque vol est confirmé, ou annulé, seulement six heures avant le décollage. Personne ne sait qui partira, quand, ni comment.

Pour tenter une sortie, certains passagers prennent des risques inconsidérés, se dirigeant vers la Jordanie, Chypre ou l’Égypte, malgré les mises en garde sévères des autorités. Le ministère israélien du Tourisme, censé coordonner cette crise, se tait ou se perd en procédures.

Israël face à lui-même

En refusant de secourir les touristes présents sur son sol, Israël viole les principes d’hospitalité, de responsabilité et d’image internationale. Comment peut-on défendre un État juif souverain si ce dernier se montre incapable de gérer une urgence aussi basique que le retour de ses visiteurs ? L’absurdité administrative, dénoncée avec force par Yossi Fattal, devient ici un révélateur national.

Car au fond, ce n’est pas une question de logistique. C’est une question de choix. De dignité. De lucidité.

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