Phuket : la rue thaïlandaise s'en prend aux Israéliens et réclame la fermeture de Habbad

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Plusieurs centaines de manifestants ont exigé samedi à Phuket la fermeture de toutes les maisons Habad de Thaïlande. Le même jour, Bangkok a annoncé l'examen de 19 sociétés liées au rabbin Yosef Haïm Kantor, chef de Habad dans le pays, déchu cette semaine de sa nationalité thaïlandaise.

Par Claudine Douillet

Thaïlande : à Phuket, des manifestants exigent la fermeture des maisons Habad

Phuket, l'île la plus touristique de Thaïlande, a été samedi 31 octobre le théâtre d'un rassemblement d'une rare hostilité envers la communauté israélienne. Plusieurs centaines d'habitants ont répondu à l'appel des organisateurs sous le mot d'ordre « Rendez-nous notre Thaïlande ». Officiellement, la manifestation visait les capitaux étrangers et les prête-noms thaïlandais qui permettent à des étrangers d'acheter des biens immobiliers et de gérer des commerces en contournant la loi. Selon les manifestants, ces pratiques privent les habitants de leurs revenus et dénaturent le caractère de l'île.

Très vite pourtant, les discours ont changé de cible. Les orateurs ont directement visé les Israéliens installés sur place et ont exigé du gouvernement thaïlandais la fermeture des maisons Habad dans tout le pays.

Un appel à expulser le « réseau israélien »

L'un des meneurs du mouvement, Saichol Nuchet, a appelé à chasser de Thaïlande ce qu'il appelle le « réseau israélien ». Les organisateurs accusent Habad et d'autres acteurs israéliens de mener des activités commerciales illégales et de s'approprier des biens immobiliers. Ces accusations n'ont été confirmées par aucune enquête des autorités thaïlandaises.

Parmi les participants figurait Sondhi Limthongkul, figure politique connue en Thaïlande et ancien dirigeant du mouvement des « Chemises jaunes », qui a marqué la vie politique du royaume dans les années 2000. Sa présence donne au rassemblement une portée politique qui dépasse largement le cadre d'une colère locale.

Une hostilité qui monte depuis septembre

Ce rassemblement n'est pas un épisode isolé. En septembre, plusieurs centaines de personnes avaient déjà manifesté devant la maison Habad de Patong, la grande station balnéaire de Phuket, où des slogans hostiles à Israël et aux Juifs avaient été scandés. Par crainte de violences, le repas de Roch Hachana prévu pour plusieurs centaines d'Israéliens avait alors été annulé.

Pour les milliers de jeunes Israéliens qui choisissent chaque année la Thaïlande après leur service militaire, les maisons Habad sont bien plus qu'un lieu de culte. Elles servent de point d'accueil, de repas de Chabbat, d'aide en cas d'accident ou de difficulté. C'est précisément ce réseau d'entraide que les manifestants veulent faire disparaître.

Le rabbin Kantor déchu de sa nationalité thaïlandaise

Les organisateurs justifient leur revendication par la décision prise cette semaine contre le rabbin Yosef Haïm Kantor, président de Habad en Thaïlande, présent dans le pays depuis plus de trente ans. Le Premier ministre Anutin Charnvirakul lui a retiré sa nationalité thaïlandaise, en lui reprochant d'avoir continué à utiliser sa nationalité américaine après sa naturalisation en Thaïlande en 2013. Les manifestants affirment de leur côté que cette décision fait suite à une enquête liée à la sécurité nationale.

19 sociétés examinées par le ministère de l'Intérieur

Le même jour, le vice-ministre thaïlandais de l'Intérieur a annoncé que les autorités examinaient 19 sociétés liées au rabbin Kantor, ainsi que des biens immobiliers et le statut de nationalité de membres de sa famille. Bangkok prévient qu'en cas d'infraction avérée, un gel des avoirs et une vente forcée des terrains pourraient être ordonnés.

À ce stade, aucun bien n'a été saisi et aucune poursuite pénale n'a été engagée contre le rabbin dans le cadre de cette enquête sur les sociétés.

Habad conteste et maintient ses activités

Habad a fait savoir qu'il contestait la déchéance de nationalité devant la justice et que ses centres en Thaïlande continuaient à fonctionner normalement.

Reste une inquiétude réelle pour les Israéliens et les Juifs du pays. Un litige administratif visant un homme est en train d'être transformé, dans la rue, en accusation collective contre toute une communauté. Le passage d'une procédure sur des prête-noms à un appel à fermer des lieux de culte et à expulser des Israéliens marque une escalade que Jérusalem suivra de près.

Source : N12 / Mako, 31 octobre 2026
https://www.mako.co.il/news-world/2026_q4/Article-0247930eb4291a1026.htm

 

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