Pour Paris, tout est lié à Gaza

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                                         Pour Paris, tout est lié à Gaza

Lors d'une conférence de presse à Troyes, le chef de la diplomatie française a estimé que le conflit israélo-libanais ne pourra pas être réglé si on ignore « la catastrophe humanitaire et politique » qui frappe Gaza.

C’est une antienne, une obsession de la diplomatie française. Pour le Quai d’Orsay, comme pour l’Elysée, tous les problèmes qui agitent le Proche-Orient trouvent leur origine dans le conflit israélo-palestinien. A chaque crise, cette idée revient : la racine du mal est à Gaza. « Il n'est pas possible de régler le conflit israélo-libanais si on ne se rend pas compte de la catastrophe humanitaire, sanitaire et politique qui est en train de se dérouler aujourd'hui à Gaza, a dit Philippe Douste-Blazy. Les projecteurs sont allés sur le Liban. Pendant ce temps à Gaza, il y a toujours une catastrophe ». Que Gaza soit dans un gouffre, personne ne l’ignore, pas même les Israéliens. On se souvient évidemment qu’Ehoud Olmert avait centré toute sa campagne électorale sur la question palestinienne en affirmant qu’il fallait rendre la majorité des territoires de Judée-Samarie, y compris, si nécessaire, sans l’accord des Palestiniens.

On se rappelle également qu’il n’avait même pas prononcé le mot « Liban » lors de son discours d’investiture à la Knesset. A l’époque, pour lui comme pour P. Douste-Blazy aujourd’hui, le nœud du problème se trouvait à Ramallah et Gaza. Mais ce qui inquiète dans les déclarations françaises, c’est cette propension à imaginer que tout vient de là. L’Irak, l’islamisme, la corruption, le terrorisme, tout ou presque… Il serait inutile de rappeler aux autorités de Paris que les Tsahal avait quitté jusqu’au dernier centimètre du territoire libanais, tout comme elle avait restitué chaque pouce de la bande de Gaza.
Jusqu’à ce que deux mouvements islamistes, le Hamas d’abord puis le Hezbollah, aient pris la décision de venir en terre sainte enlever des soldats qui n’avaient agressé personne. Mais la France ne veut pas entendre ce genre d’argument. Dès la guerre du Golfe, le président François Mitterrand avait provoqué la colère américaine en soutenant que le problème irakien était lié à la question palestinienne et que les deux dossiers devaient être traités ensemble. Et durant des années, même si c’est un peu moins vrai aujourd’hui, on a trouvé des centaines d’intellectuels français arabisants affirmer que la tourmente qui a toujours agité le monde arabe était la conséquence de « l’occupation israélienne de la Palestine ».
Qu’on nous explique pourtant en quoi les meurtres quotidiens de dizaines d’innocents en Irak ont un rapport avec l’Etat hébreu. Et il a fallu que les attentats du 11 septembre, dont on va commémorer le cinquième anniversaire, soient le fait d’un milliardaire terroriste saoudien pour qu’on réalise enfin que l’islamisme pouvait se nourrir d’autres terreaux que celui d’Israël.

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