Israël: Ehud Barak fait planer la menace d'élections anticipées

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           Israël: Ehud Barak fait planer la menace d'élections anticipées

JERUSALEM, le 09/05/07 - L'ancien chef de gouvernement travailliste Ehud Barak fait planer en Israël la menace d'élections anticipées, alors que le cabinet d'Ehud Olmert examinait mercredi la partie secrète du rapport Winograd.

Prenant acte du rapport intérimaire accablant de la commission gouvernementale d'enquête du juge Eliahou Winograd rendu public lundi dernier sur les ratés de la guerre au Liban, M. Barak a fait son retour politique mardi soir en affirmant qu'il appellera à un scrutin anticipé s'il emporte les primaires travaillistes prévues le 28 mai. Il s'est cependant abstenu de fixer la date de cette éventuelle consultation, tout en se disant prêt "à assumer durant cette période transitoire les fonctions de ministre de la Défense" actuellement exercées par le numéro un travailliste Amir Peretz.

Ex-chef d'état-major, couvert de médailles, M. Barak figure parmi les favoris des primaires travaillistes. Son nom reste lié à l'échec des négociations de Camp David de juillet 2000 avec Yasser Arafat et le président américain Bill Clinton, alors qu'il était Premier ministre. Selon un sondage publié mercredi par le Yédiot Aharonot, il obtiendrait au premier tour, 32% des suffrages, contre 29% à Ami Ayalon, un ex-chef du Shin Beth (sécurité intérieure), et 18% à Amir Peretz. Pour emporter ce scrutin dès le premier tour, il faut recueillir au moins 40% des suffrages exprimés.

Toujours selon ce sondage, c'est M. Ayalon qui s'imposerait au second tour avec 45% contre 41% à M. Barak et 14% d'indécis. Par ailleurs, seuls 32% des membres du parti recommandent de rejoindre l'opposition, contre 55%, et 13% d'indécis. Le comité central travailliste doit se réunir dimanche pour discuter du rapport Winograd qui a sévèrement épinglé MM. Olmert et Peretz, ainsi que l'ancien chef d'état-major Dan Haloutz. Durant cette réunion, un vote sur le maintien ou non du parti dans la majorité pourrait intervenir. S'il devait se prononcer contre la cohabitation avec M. Olmert, "le parti fixerait une date à son départ", a indiqué sous condition d'anonymat un officiel travailliste. Le chef de l'opposition, Benjamin Netanyahu, numéro un du Likoud (droite), s'est aussi prononcé pour une consultation anticipée, dont il serait le grand vainqueur selon les sondages. Privé des 19 élus travaillistes, l'assise de M. Olmert à la Knesset serait de 59 députés, sur 120 à la Chambre. Il disposerait dans ce cas de figure de trois options: sa démission, un remaniement du cabinet ou des élections anticipées.

Selon les commentateurs, en gérant la Défense pour un temps, M. Barak espère inverser la tendance et damer le pion à Netanyahu lors d'une future confrontation. De son côté, M. Ayalon s'arrangerait d'une cohabitation avec le Kadima doté d'une nouvelle direction jusqu'à la fin de la législature en 2010. La rivale la plus en vue de M. Olmert au Kadima est la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni.

Le cabinet de sécurité s'est réuni mercredi à huis-clos pour examiner la partie secrète du rapport Winograd. "Il n'y aura pas de communiqué sur ces discussions, à moins qu'elles ne fassent l'objet de décisions opérationnelles", a indiqué à l'AFP, Miri Eisin, porte-parole de M. Olmert. Cette réunion se tenait alors que, selon les médias israéliens, la commission Winograd s'apprêtait à publier les témoignages de MM. Olmert, Peretz et Haloutz. M. Olmert, qui bat des records d'impopularité, s'accroche au pouvoir "pour corriger les erreurs" constatées dans les conclusions intérimaires de la commission Winograd, qui rendra son rapport définitif en juillet-août.

 



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