« Haaretz » ou la presse côté sombre

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                                          « Haaretz » ou la presse côté sombre

Article paru dans "Aroutz7", le 19/11/07

Le quotidien Haaretz est sans doute le journal israélien le plus connu à l’étranger, et ici en Israël, il fait figure de journal de référence. Bien qu’étant situé politiquement à gauche, il est indéniable que la plupart des articles et dossiers sont la plupart du temps écrits pas des plumes de qualité, et il est considéré - contrairement à ses concurrents plus « populaires » - comme très influent auprès des preneurs de décisions, et lu par les chancelleries occidentales.

Ce journal, comme d’autres en Israël, a permis de diffuser l’image d’une presse « libre, inquisitrice et parfois insolente », détachée des pressions gouvernementales, à l’image d’un « New York Times », et à l’opposé de ses homologues des pays non démocratiques.

Mais est-ce vraiment le cas pour Haaretz ? C’est à travers sa ligne éditoriale que l’on peut déceler les côtés pervers d’une presse engagée, malgré une objectivité de façade, parfois au mépris de l’honnêteté la plus élémentaire, et au service de causes bien éloignées de l’intérêt national.

Depuis quelques années, la « sympathie » du journal envers les idées à tendance post-sioniste, anti-religieuses et pro-arabes se fait de plus en plus sentir. Ce n’est pas pour rien, par exemple, qu’Avram Burg a choisi de déverser son fiel dans les colonnes de ce journal. Ce qui fait que même un Nahum Barnéa, de « Yedioth Ah’aronot » peu soupçonné de sympathies droitières, accuse trois journalistes de politique étrangère connus de Haaretz, Akiva Eldar, Guidon Lévy et Amira Hass, de « n’être même pas capables de condamner le lynch de Ramallah » (ou habite d’ailleurs Amira Hass).

Tout ceci est d’autant plus étrange que le rédacteur en chef actuel de ce quotidien, David Landau…est un Juif très religieux, mais qui ne cache pas son antipathie pour le monde orthodoxe et pour les Juifs qui habitent « au-delà de la ligne verte ». Allez comprendre !

Mais pis encore, voilà ce même David Landau, pris d’un élan de confession toute religieuse, vient d’avouer récemment qu’il a volontairement « dépassé la ligne qui sépare le reportage journalistique de l’activisme politique ».

C’est lors d’un colloque journalistique qui s’est tenu à Moscou (rien ne s’invente !), que David Landau a lancé « une bombe » qui a laissé ses interlocuteurs pantois : il s’est ouvertement targué que son journal avait sciemment décidé de « ne pas insister sur les affaires de corruption dans lesquelles étaient mêlés les Premiers ministres Ariel Sharon et Ehoud Olmert, car la politique de ces deux hommes allait dans le sens du processus de paix préconisé par Haaretz » !!! Attaqué sur ce point par des collègues, sur la moralité d’un tel choix, Landau, sans se démonter, a eu cette réponse stupéfiante : « Ce qui se passe chaque jour aux barrages et sur les routes de Judée-Samarie est bien plus immoral que tous ces scandales réunis ! » Et de rajouter avec le même aplomb « que Haaretz est prêt à adopter la même politique pour que réussisse la Conférence d’Annapolis »

Inutile de dire que si certaines journalistes ont du voir rouge à ce moment-là, et à l'opposé, les quelques nostalgiques du bolchevisme qui devaient être présents dans la salle moscovite, ont du respirer de soulagement en constatant que leurs pratiques étaient encore en vigueur, même dans un pays dit démocratique !

C’est peut-être là que s’arrête la comparaison avec le « New York Times » à laquelle tient tant le Haaretz. On ne verra jamais un grand quotidien américain faire l’impasse ou du moins épargner un président impliqué dans des scandales financiers ou autres. On l’a vu.

La Fédération des Journalistes va-t-elle enfin réagir et condamner cette attitude indigne du code d’éthique journalistique ? Ou est-elle également gangrenée par des intérêts politiques et philosophiques d’un autre temps ? Ce qui est vérifié pour ce journal, la aussi été pour la télévision, puisque Amnon Abramovitz, de Arutz 2, avait tenu exactement les mêmes propos concernant son « code journalistique ». Ce phénomène est d’autant plus grave que les enjeux de politique étrangère sont extrêmement délicats ici, et une collusion d’intérêts entre le milieu journalistique, le monde de affaires et les pays occidentaux peut s’avérer très nuisible pour le pays.
Les journalistes de Haaretz ont évidement le droit d’avoir leurs idées, mais de deux choses l’unes : soit ils déclarent officiellement que leur journal est un journal d’opinion, de gauche en l’occurrence, soit qu’ils aillent pratiquer un autre métier.

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