Israël envisage une grâce pour Ami Popper face aux libérations de terroristes palestiniens

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Israël envisage une grâce pour Ami Popper face aux libérations de terroristes palestiniens

Sous condition d’un accord : Herzog envisage de réduire la peine d’Ami Popper

Un geste politique dans l’ombre des négociations sur les otages

Le président israélien Isaac Herzog pourrait réduire la peine d’Ami Popper, meurtrier de sept travailleurs palestiniens en 1990, dans le cadre d’un geste de « réconciliation nationale » à condition qu’un accord sur les otages actuellement en cours de négociation aboutisse.
Selon des sources proches du dossier, « la décision n’a pas encore été prise », mais l’option est sérieusement examinée. L’idée serait d’offrir une contrepartie symbolique à la libération de prisonniers palestiniens, comme cela a été fait par le passé, tout en maintenant un équilibre politique et judiciaire.

Une demande portée par la droite religieuse et l’ONG Honenu

Ami Popper purge sept peines de prison à perpétuité pour avoir abattu de sang-froid, en 1990, sept ouvriers palestiniens dans la zone industrielle de Gan HaVradim, à Rishon LeZion. Déjà bénéficiaire en 1999 d’une réduction de peine signée par le président de l’époque, Ezer Weizman, Popper pourrait voir sa peine ramenée à 40 ans.
Selon ses avocats,
il ne lui resterait alors que cinq années à purger, jusqu’en 2030.

L’ONG Honenu, qui défend les droits des détenus juifs condamnés pour terrorisme, mène actuellement un véritable lobbying auprès de la présidence, du ministère de la Justice et des responsables religieux, pour obtenir une clémence présidentielle. Ils s’appuient sur le précédent de Weizman qui, en 1999, avait allégé les peines de plusieurs Juifs condamnés pour des crimes à caractère nationaliste, au nom d’un « équilibre moral » face à la libération de terroristes palestiniens.

« Lorsqu’on allège et libère des détenus arabes, on ne peut ignorer les détenus juifs qui ont commis leurs actes dans un contexte de confrontation nationale », avait justifié Tzachi Hanegbi, alors ministre de la Justice.

Des arguments psychologiques et personnels avancés par la défense

Les avocats d’Ami Popper ont plaidé que leur client avait été victime dans son enfance d’une agression sexuelle par un travailleur palestinien, ce qui aurait laissé chez lui un traumatisme durable. Ils ajoutent que Popper bénéficie déjà de permissions de sortie quotidiennes pour aller travailler, et qu’il est inséré dans la vie sociale hors prison.

Ils rappellent également qu’il a été condamné à six mois de prison supplémentaires pour avoir provoqué la mort de son épouse et de son fils dans un accident de voiture en 2007, alors qu’il conduisait sans permis. Malgré cette récidive judiciaire, ils affirment que Popper a changé, s’est repenti, et constitue un profil à faible risque de récidive.

Les autorités sécuritaires restent fermement opposées à une libération

Mais cette vision est loin de faire l’unanimité. En novembre dernier, le Shin Bet (service de sécurité intérieure) et le parquet israélien ont rejeté une première demande de libération anticipée, craignant qu’elle ne serve de modèle à d’autres terroristes juifs et n’encourage des actes similaires. Le comité de libération avait conclu que « sa sortie anticipée porterait atteinte à la dissuasion et à l’ordre public ».

La présidence confirme une demande, mais temporise

Le bureau du président Herzog a confirmé avoir reçu une demande officielle de réduction de peine. Mais il insiste sur le fait que « toute décision sera prise uniquement si un accord global est conclu pour la libération des otages », et qu’elle tiendra compte des avis d’experts juridiques et sécuritaires compétents.

« La décision n’a pas encore été prise et ne sera rendue qu’en fonction des conditions réunies », souligne la présidence.

De son côté, le ministère de la Justice, dirigé par Yariv Levin, n’a émis aucune déclaration publique à ce stade. Les débats se déroulent dans une opacité volontaire, alors que les familles des otages maintiennent une pression croissante sur le gouvernement pour obtenir des avancées concrètes.

Un enjeu politique et symbolique majeur pour le camp national-religieux

Cette possible clémence présidentielle envers Ami Popper est au cœur d’un affrontement idéologique entre les partisans d’une stricte égalité devant la loi, et ceux qui estiment que les crimes commis par des Juifs dans un contexte de conflit devraient être considérés autrement. Pour la droite religieuse, il ne peut y avoir de paix durable sans équité dans la manière dont Israël traite ses prisonniers, y compris les siens.

Mais pour d’autres, une telle décision pourrait raviver les tensions internes et entacher l’image morale de l’État d’Israël, qui cherche à prouver à la communauté internationale sa rigueur démocratique face à ses ennemis.

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