Un petit coin d'Arabie dans l'Orient extrême

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                          Un petit coin d'Arabie dans l'Orient extrême


Article paru dans le "Courrier International", le 11/07/07

Un journaliste du quotidien saoudien Al-Watan a été reçu dans la résidence de l'ambassadeur de son pays à Tokyo. Il raconte l'ambiance saoudienne qui règne dans ce morceau de gratte-ciel tokyoïte.
L'ambassade saoudienne à Tokyo est installée dans le quartier des ambassades, au centre de la capitale nippone, tout en haut d'un bel immeuble de douze étages qui abrite également les logements des employés et la résidence privée de son excellence Faisal Hassan Trad. C'est là qu'a été récemment accueilli l'envoyé spécial d'Al-Watan. Cet appartement ressemble à un morceau d'Arabie transplanté au Japon.

Quand on arrive, la première chose qui frappe est l'odeur de l'oud [parfum traditionnel et prestigieux utilisé dans la péninsule Arabique] qui flotte dans toutes les pièces. Dans un coin est aménagé un endroit avec des tapis de prière brodés orientés en direction de La Mecque. Dans une autre pièce, une tente bédouine est suspendue au plafond ; un peu partout, on remarque des vases traditionnels de prestige avec des fleurs japonaises. Dans le salon, le mur est couvert d'une broderie décorée d'arabesques, qui mêle tradition et modernité.

L'eau d'une fontaine murmure doucement pour accompagner le café arabe et les dattes que nous proposent l'ambassadeur et son épouse. Celle-ci nous explique qu'on "vit à l'étroit à Tokyo, parce que la ville est une des plus chères au monde". De son côté, l'ambassadeur souligne qu'il ne sent pas de grande différence entre l'Arabie Saoudite et le Japon en ce qui concerne le style et les mœurs, puisque les deux pays partagent certaines coutumes, telles que l'habitude d'enlever ses chaussures avant d'entrer dans une maison. Quand nous leur demandons s'ils n'ont pas peur de vivre au dernier étage dans une ville régulièrement touchée par des tremblements de terre, ils nous répondent par un sourire : "C'est Dieu qui décide de notre vie ou de notre mort. Certes, nous sommes parfois gagnés par la peur, mais l'immeuble est aux normes. Pour le reste, on s'en remet à Dieu."

L'ambassadeur souligne également que son "épouse est présidente de l'association des conjointes d'ambassadeurs arabes. A ce titre, elle parle beaucoup aux médias japonais. Elle leur explique surtout que 95 % des femmes saoudiennes sont instruites, que 15 % travaillent et que l'islam leur permet d'être héritières, contrairement aux femmes européennes."

Au moment de passer au thé saoudien à la menthe de Médine, l'épouse nous ramène aux questions de décoration intérieure : "La maison exprime la convivialité orientale. Dès qu'on entre, on se rappelle le bon vieux temps. Pour obtenir cet effet, nous avons choisi des couleurs orientales sombres pour les meubles et de la peinture comme le rouge et le vert. Les tissus se distinguent par des couleurs dorées et des arabesques. Aux murs ou sur les abat-jour, il y a de la calligraphie arabe, qui exprime si bien la particularité de la civilisation arabe par rapport aux autres cultures. Que ce soit dans une maison ancienne ou moderne, on peut atteindre le but recherché avec un unique objet ; il faut éviter tout excès dans les accessoires. Un élément important de la décoration orientale : les images de vieilles mosquées ou de souks. Par ailleurs, le parfum est un élément essentiel. Il faut utiliser des senteurs traditionnelles comme l'encens, le bakhour, ou des huiles essentielles à brûler sur une bougie."   

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