Les ravisseurs d'Al-Qaïda des 2 touristes autrichiens seraient au Mali

International - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

ALGER ,le 12/03/08- Les ravisseurs de deux touristes autrichiens enlevés le 22 février en Tunisie par un groupe d'Al-Qaïda auraient rejoint le Mali avec leurs otages après avoir traversé l'Algérie et la Libye, a annoncé mardi le quotidien algérien Annahar sur son site internet.

"Les ravisseurs des deux touristes autrichiens ont réussi à rejoindre le Sahel, à travers l'Algérie et la Libye et regagné leur base arrière au Mali", a affirmé Annahar, citant des "sources concordantes" en Algérie. La traversée a duré quatre jours, a-t-il précisé.

Ces informations n'avaient pu être confirmées mardi en fin d'après-midi de sources officielles à Alger, Bamako ou Vienne. "Nous ne sommes pas encore informés de la présence des Autrichiens et de leurs supposés ravisseurs sur notre territoire", a indiqué une source des services de sécurité maliens.

Les ravisseurs et leurs otages avaient été auparavant signalés dans la zone frontalière de Tébessa et Oued Souf, à l'est de l'Algérie, où l'armée tentait de les localiser, selon Annahar.

Andrea Kloiber, 44 ans, et Wolfgang Ebner, 51 ans, enlevés en Tunisie, avaient été conduits en territoire algérien dans une zone "chaude", théâtre depuis quatre semaines d'une vaste traque contre les islamistes, visant notamment Oum Kmakem, une région montagneuse dont Al-Qaïda voudrait faire un "sanctuaire" pour ses opérations dans les deux pays voisins.

Les ravisseurs, dont le nombre n'est pas connu, relèveraient de la région sud d'Al-Qaïda, placée sous le commandement de l'"émir" (chef) Yahyia Abou Ammar, selon le quotidien.

Le groupe d'Abou Ammar est l'instigateur présumé de l'assassinat de quatre touristes français, tués en Mauritanie le 24 décembre 2007.

L'armée algérienne aurait "canalisé les ravisseurs vers la Libye et le Mali où les possibilités de négociation avec les autorités autrichiennes pour une éventuelle libération des otages sont plus grandes", a indiqué à l'AFP Anis Rahmani, directeur d'Annahar.

Alger aurait ainsi évité d'encercler les ravisseurs au risque de mettre en danger les otages, et ne voulait pas abriter sur son territoire une négociation pour leur libération, selon M. Rahmani.

L'Autriche "n'a pas encore reçu de revendication" des ravisseurs, a déclaré mardi le ministre de l'Intérieur Günther Platter.

Dans un communiqué diffusé sur internet, Al-Qaïda avait averti lundi que "toute tentative d'intervention militaire de l'Algérie mettrait en danger la vie des deux Autrichiens", laissant entendre que les deux otages se trouvaient encore dans ce pays.

L'Autriche avait demandé à l'Algérie et à la Tunisie de ne pas intervenir militairement pour protéger la vie des otages.

Selon la presse autrichienne, le couple avait donné signe de vie pour la dernière fois le 18 février, en appelant depuis Tataouine (sud-est tunisien), Bernhard Ebner, fils d'un spécialiste allemand du désert. Il devait rappeler le 25, mais ne l'a pas fait, lançant les recherches.

En mai 2003, l'armée algérienne était intervenue pour libérer des otages occidentaux enlevés par le Groupe salafistes pour la prédication et le combat (GSPC), rallié en septembre 2006 à Al-Qaïda. Dix-sept de ces 32 touristes suisses, allemands et néerlandais avaient été libérés au nord de Tamanrasset (extrême-sud algérien) par l'armée algérienne.

Quatorze autres avaient été libérés le 18 août suivant à Kidal (Mali) après le versement par Berlin d'une rançon de près de 5 millions d'euros, selon des informations jamais confirmées officiellement. Une otage allemande avait trouvé la mort dans le désert fin juin des suites d'une insolation.

Le principal instigateur de cette prise d'otages spectaculaire était l'islamiste algérien Amari Saïfi, dit Abderrazak "El Para", arrêté au Tchad en 2004 et remis à l'Algérie. Il est depuis en détention dans l'attente d'un procès annoncé et remis à plusieurs reprises.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi