Le nouveau gouvernement jordanien prête serment

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gjord.jpgLe nouveau gouvernement jordanien, formé la semaine dernière en réponse aux manifestations inspirées par les exemples tunisien et égyptien, a prêté serment mercredi.

Le roi Abdallah de Jordanie a nommé le 1er février un nouveau chef du gouvernement, Marouf Bakhit, ancien Premier ministre conservateur issu de l'armée, en remplacement de Samir Rifaï dont les manifestants réclamaient la démission.

Des islamistes ont dénoncé cette nomination, rappelant que le gouvernement de Bakhit avait supervisé en 2007 des élections locales et législatives marquées selon eux par des fraudes qui les avaient privés d'une grande partie des sièges qu'ils espéraient remporter.

Le cabinet de Bakhit, qui compte 27 membres, est dominé par des hommes politiques conservateurs alors que le gouvernement Rifaï comptait une majorité de réformistes pro-occidentaux, dit-on dans les milieux politiques.

Néanmoins, les portefeuilles clés de l'Intérieur, des Affaires étrangères et des Finances n'ont pas changé de titulaire et le gouvernement devrait maintenir le soutien traditionnel d'Amman à la politique américaine dans la région, estiment des analystes.

Ils ajoutent que le souverain a choisi Bakhit, connu pour son hostilité au secteur privé, plutôt qu'une personnalité plus libérale afin d'apaiser les puissantes tribus bédouines, piliers du trône jordanien.

Leurs critiques des réformes économiques entreprises dans le royaume se sont intensifiées à la suite de la contestation qui a eu raison du régime de Zine ben Ali en Tunisie à la mi-janvier et fait vaciller Hosni Moubarak en Egypte.

ASSOUPLISSEMENT DE LA CENSURE

Les tribus imputent au libéralisme économique la corruption et le creusement du fossé entre riches et pauvres.

Le choix de Bakhit reflète aussi l'importance accordée par le souverain hachémite à l'apaisement des Jordaniens de souche, qui détiennent le pouvoir politique bien que la population d'origine palestinienne constitue la majorité des sept millions d'habitants du pays.

La composition du nouveau gouvernement maintient aussi la sous-représentation des citoyens d'origine palestinienne qui dépendent pour leur subsistance d'emplois dans le secteur privé et d'argent envoyé par des proches travaillant dans le Golfe.

Les Jordaniens de souche, qui bénéficient traditionnellement de davantage d'emplois dans la fonction publique et d'allocations, se sont inquiétés de la menace que la récession et la libéralisation économique prônée par Rifaï faisaient peser sur leur niveau de vie.

Bakhit a consacré la semaine dernière à de larges consultations avec la société civile, les groupes d'opposition et des dirigeants syndicalistes et patronaux. Il a promis un assouplissement de la censure et de la limitation des libertés politiques et publiques.

Il a même offert des portefeuilles dans son gouvernement à l'opposition islamiste, qui avait boycotté les élections législatives de novembre pour protester contre l'érosion de l'indépendance du Parlement.

Les islamistes ont refusé en disant qu'ils ne participeraient qu'à un gouvernement démocratiquement élu et non nommé par le roi.

Bakhit devrait ralentir le rythme des réformes de marché encouragées par le Fonds monétaire international et élargir le programme de subventions aux zones rurales habitées par des tribus bédouines, alors que la population d'origine palestinienne se concentre dans les villes.

Selon des analystes, l'interventionnisme de l'Etat dans l'économie prôné par le nouveau Premier ministre pourrait rapprocher le déficit budgétaire de 2011 du niveau record de deux milliards de dollars - soit 9% du PIB - qu'il avait atteint en 2009.

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