Artiste juif : Arnaud Cohen "sombre éros"

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Sombre éros : Arnaud Cohen

Arnaud Cohen, « Remission + Retrospection, Musées de Sens et Palais Synodal, Sens,14 juin 2015 – 20 septembre 2015, « A l’ombre d’Eros - une histoire d’amour et de mort», Monastère Royal de Brou, Bourg-En-Bresse, 19 juin 2015 - 4 janvier 2016

Apparemment moulées dans les lutrins paisibles du langage admis, les sculptures d’Arnaud Cohen créent un psautier du silence où l’Eros prend des accents différents selon les expositions du créateur. Celui-là est parfois rose et enjoué. Mais parfois il se fait plus grave et impressionnant. A Sens les femmes de l’artiste regarde le spectateur : il est soumis à leur majesté érotique .

Toutefois, séductrices mais belles indifférentes, les femmes toisent de haut le regardeur. Leurs pauses n’appellent pas la caresse. De leurs « mains runiques » elles semblent les éloigner. En groupe mais dans leur splendide isolement elles sont une suite d’odalisques, de Lilith.

Elles provoquent des interrogations. Fantomales, plus rien ne les agitent même si elles jouent de leurs charmes. Mais les éventuels fornicateurs sont révolus et les Janus somnolents.
Face à elles ils ne sont qu’amas de brindilles même si des ténèbres de l’être surgissent frissons et rafales glacés dont il faut subir l’impact.

Une forme d’éternité s’impose mais aucune clé ne peut en forcer le passage. Chaque sculpture porte la femme au zénith : mais pas celui espéré : seule la médiation s’impose.
Arnaud Cohen fait remonter à une connaissance diffuse et oubliée.

Elle est récoltée à l’aube de nos peurs et de nos attentes. A la pesanteur de viscères s’oppose une froideur majestueuse qui rappelle l’homme l’ordre là où, pourtant, louvoie une forme de volupté. Toutefois seule la caresse du regard est permis.

Elle passe sur la peau du temps afin de remonter l’histoire - du moins ce qu’on en sait. Il convient de se laisser emporter en une sensation de vertige pour la pure émergence. Elle est proposée non pour supporter l’existence mais pour la soulever.

Jean-Paul Gavard-Perrret

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