Frapper l’Iran, oui, mais pour obtenir quoi ? Pas de frappe inutile selon Eyal Hulata

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Iran : l’ancien chef du Conseil de sécurité nationale met Israël en garde contre une frappe inutile

Par Claudine Douillet

Frapper l’Iran, oui, mais pour obtenir quoi ? C’est la question que pose Eyal Hulata, et elle tranche avec le climat ambiant. Hulata a dirigé le Conseil de sécurité nationale après de longues années au Mossad. Interrogé ce dimanche matin sur la radio 103FM, il appelle les dirigeants israéliens à mesurer froidement ce qu’une nouvelle opération rapporterait vraiment.

Le risque d’une frappe qui manque sa cible

Pour lui, le critère est simple : une attaque qui n’endommage pas sérieusement le programme nucléaire iranien ne vaut pas les risques qu’elle fait courir. La vraie question, selon lui, est de savoir si l’opération mènerait à une meilleure situation stratégique ou à un meilleur accord. Si la réponse est non, elle risque de renforcer la détermination de Téhéran sans l’empêcher d’avancer.

Il s’inquiète particulièrement d’un scénario précis. L’Iran pourrait conclure qu’Israël et les États Unis sont incapables d’atteindre son installation la plus profondément enfouie, et y regrouper l’essentiel de son activité nucléaire. Une telle concentration hors de portée serait, selon lui, extrêmement dangereuse.

La bombe comme assurance vie du régime

Eyal Hulata va plus loin. Après les campagnes militaires successives et les tentatives de déstabilisation, une partie des dirigeants iraniens pourrait voir l’arme nucléaire comme le seul moyen d’empêcher de nouvelles frappes ou un renversement du régime. Il prévient qu’Israël pourrait ne pas détecter à temps un tel basculement, et rappelle les échecs passés du renseignement.

Washington moins pressé que Jérusalem

Sur le volet américain, l’ancien conseiller estime que Donald Trump est moins proche d’une décision de frapper qu’on ne le dit, surtout depuis les élections de mi mandat. Le président américain a d’ailleurs affirmé ces derniers jours que les progrès avec l’Iran étaient significatifs, comme l’a rapporté Israel Hayom. Pour Hulata, les intérêts des deux alliés divergent : Washington a d’autres options, alors qu’Israël considère n’avoir aucune solution de rechange.

Il observe enfin un changement de climat à Washington. Le soutien sans réserve de Trump à Benjamin Netanyahou n’a pas aidé les républicains dans les urnes, et les critiques contre Israël se font plus fortes aux États Unis. Selon lui, le vice président JD Vance ferait partie de ceux qui imputent à Israël une part de la défaite républicaine. C’est un signal à prendre au sérieux au moment où Jérusalem attend un feu vert américain sur le dossier iranien.

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