Gaza : le Hamas somme les États arabes de lâcher Israël au Conseil de la paix

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Gaza : le Hamas somme les États arabes de lâcher Israël au Conseil de la paix

Par Claudine Douillet

Le Hamas exige des pays arabes et musulmans membres du Conseil de la paix qu'ils cessent de « couvrir » Israël. Son porte-parole Hazem Qassem accuse cette instance, chargée de stabiliser Gaza après la guerre, de « participation au crime » face aux inondations des camps de déplacés. L'objectif est clair : briser l'appui arabe au plan américain pour l'après-guerre.

Une charge frontale contre le Conseil de la paix

La déclaration a été relayée le 7 novembre 2026 par l'agence Shehab, proche du mouvement islamiste. Hazem Qassem, l'un des principaux porte-parole du Hamas à Gaza, y vise nommément les capitales arabes et musulmanes qui siègent au Conseil de la paix. Selon lui, le silence de cette instance face aux pluies qui ont submergé les tentes des déplacés vaut « participation au crime ». Il affirme que ce mutisme sert de paravent à la poursuite de ce qu'il appelle « le génocide, le siège et la famine ».

Le porte-parole réclame de ces États une « position ferme » à l'égard d'Israël. Le message ne s'adresse donc ni à Washington ni à Jérusalem, mais aux partenaires arabes du processus, que le Hamas tente de placer face à leur opinion publique.

Ce qu'est le Conseil de la paix

Le Conseil de la paix (Board of Peace) est né du plan en vingt points présenté par Donald Trump pour mettre fin à la guerre de Gaza, plan accepté par Israël et par le Hamas en octobre 2025. Le Conseil de sécurité de l'ONU a endossé sa création à la mi-novembre 2025, en l'autorisant notamment à appuyer la mise en place d'une force internationale de stabilisation.

La charte du Conseil a été signée le 22 janvier 2026 à Davos, en marge du Forum économique mondial, sous la présidence de Donald Trump. Sa mission initiale consiste à superviser le cessez-le-feu, à piloter la reconstruction et à accompagner une administration de transition à Gaza. Lors de sa première réunion formelle à Washington, le 19 février 2026, plusieurs pays ont annoncé plus de 17 milliards de dollars d'aide pour l'enclave.

Les pays arabes directement visés

La cible du Hamas est précise. En janvier 2026, l'Arabie saoudite, l'Égypte, la Jordanie, le Qatar, les Émirats arabes unis, la Turquie, l'Indonésie et le Pakistan ont annoncé ensemble leur adhésion au Conseil. Bahreïn, le Koweït et le Maroc figurent également parmi les membres fondateurs. Israël siège lui aussi au sein de l'instance.

Dans leur déclaration commune, les ministres des Affaires étrangères de ces pays s'étaient engagés à soutenir la mission du Conseil comme organe de transition, à consolider un cessez-le-feu permanent et à financer la reconstruction. C'est précisément cet engagement aux côtés de Washington, et donc dans un cadre où Israël est partie prenante, que le Hamas cherche aujourd'hui à fissurer.

L'arme humanitaire des inondations

Le Hamas n'en est pas à son coup d'essai. Dès l'hiver 2025, lorsque les premières pluies ont inondé les camps de tentes d'Al-Mawasi et de la ville de Gaza, Hazem Qassem avait relancé la campagne « Gaza se noie » en appelant Arabes et musulmans du monde entier à protester. La méthode reste la même : imputer à Israël l'intégralité de la détresse des déplacés et transformer chaque épisode climatique en levier politique.

La détresse est réelle. Une grande partie de la population vit toujours sous des abris de fortune, et les pluies d'hiver submergent régulièrement les camps faute de drainage et d'infrastructures. Mais le discours du Hamas passe sous silence sa propre responsabilité : c'est le massacre du 7 octobre 2023 qui a déclenché la guerre, et c'est le refus du mouvement de rendre les armes qui bloque le passage à la deuxième phase du plan, celle qui doit ouvrir la voie à la reconstruction à grande échelle.

Une stratégie d'isolement d'Israël

Sur le fond, l'appel répond à un objectif politique cohérent. Le plan américain prévoit la démilitarisation de Gaza et la mise à l'écart du Hamas de toute gouvernance future. Tant que les capitales arabes soutiennent ce cadre, le mouvement islamiste se retrouve isolé, y compris face à ses parrains régionaux comme le Qatar et la Turquie, eux-mêmes membres du Conseil.

En accusant ces États de complicité, le Hamas tente d'inverser la pression : faire du soutien arabe au processus de paix un fardeau politique intérieur, et pousser ces gouvernements à prendre leurs distances avec Jérusalem. Le procédé vise à dissuader toute coopération durable entre Israël et ses voisins arabes, coopération que le mouvement considère comme une menace existentielle.

Ce que révèle cet appel

L'offensive verbale du Hamas traduit d'abord une fragilité. Exclu du dispositif de transition, contesté sur le terrain et soumis à l'exigence de désarmement, le mouvement cherche à reprendre la main par la seule arme qui lui reste : la pression sur les opinions arabes. Reste à savoir si les gouvernements visés, qui ont lié leur crédit diplomatique et leurs financements au succès du Conseil de la paix, céderont à cette rhétorique ou maintiendront leur engagement aux côtés de Washington.

Source : Shehab News Agency, 7 novembre 2026 : https://shehabnews.com/post/167582/

Sources :
Israel Hayom : 8 pays arabes et musulmans rejoignent le Board of Peace
Dawn : les 26 membres fondateurs

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