Revue de presse israélienne 28 octobre 2026 : l'appel panique de Netanyahou aux haredim,

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Revue de presse israélienne 28 octobre 2026 : l'appel panique de Netanyahou aux haredim,

Revue de presse israélienne d'Alliance, 28 octobre 2026 : l'appel paniqué de Netanyahou aux haredim, Hébron sans une seule voix pour Eisenkot

Par Claudine Douillet

Au lendemain du scrutin pour la 26e Knesset, aucun bloc n'atteint la majorité. Derrière les chiffres, les médias israéliens révèlent un Premier ministre suppliant au téléphone, un parti ultra-orthodoxe rappelé à l'ordre par la justice, et des centaines de milliers de bulletins encore à compter.

« Nous allons mourir » : l'appel de Netanyahou à un militant de Gour, 90 minutes avant la fermeture des bureaux

C'est l'enregistrement qui circule depuis la nuit dans tout Israël. Une heure et demie avant la fin du vote, le Premier ministre a joint un membre de la hassidout Gour pour comprendre pourquoi les ultra-orthodoxes ne se rendaient pas aux urnes. Son interlocuteur, Itché Dzialowski, dirige une ligne d'information téléphonique haredi. Netanyahou lui demande ce qui se passe, et l'homme répond que la base est furieuse des promesses non tenues sur la conscription. Le Premier ministre explose : « Ils sont fous ? Nous allons mourir ».

Selon la transcription publiée par Ynet, Netanyahou agite la menace d'un gouvernement de Mansour Abbas qui, selon lui, veut liquider le monde de la Torah. Dzialowski ne cède pas : il évoque quatre années de promesses systématiquement rompues, explique que les électeurs ne croient plus que quiconque tiendra parole, et suggère d'appeler les membres du Conseil des Grands de la Torah pour leur offrir des garanties. Netanyahou demande s'il est censé fournir des garanties en une heure et demie, puis conclut que rien ne peut plus être fait et raccroche.

L'épisode éclaire une donnée centrale du scrutin. Israel Hayom constate que les partis ultra-orthodoxes encaissent un coup sérieux selon les sondages de sortie des urnes, et s'interroge : est-ce l'effet d'une participation nationale très élevée, ou un désaveu des partis de l'establishment haredi au profit de petites listes, après l'échec de la loi sur la conscription. Le contexte est connu : quelques jours plus tôt, Netanyahou avait lui-même durci le ton en affirmant à la radio que quiconque proclame « nous mourrons plutôt que de nous enrôler » ira en prison. La stratégie consistant à séduire le centre en malmenant ses alliés religieux s'est retournée contre lui à l'heure du vote.

Sources : Ynet, Israel Hayom

Suivi des électeurs en temps réel : le juge Solberg arrête Judaïsme unifié de la Torah en plein jour de vote

Autre affaire ultra-orthodoxe . Au matin du scrutin, Ynet révélait que Degel HaTorah, la branche lituanienne de Judaïsme unifié de la Torah, avait ordonné à ses membres des commissions de bureaux de vote de transmettre tout au long de la journée les taux de participation, en violation d'un arrêt de la Cour suprême. Ce dernier interdit la pratique au motif qu'elle porte atteinte à la vie privée des électeurs.

Le dispositif était méthodique. Les représentants avaient reçu un « formulaire de suivi du taux de participation » leur demandant de cocher chaque électeur ayant voté, d'en noter l'heure, puis de sortir du bureau pour communiquer les chiffres par téléphone. Objectif : relancer les quartiers et les communautés où la mobilisation faiblissait. Saisi par le Mouvement pour un gouvernement de qualité, le président de la Commission électorale centrale, le juge Noam Solberg, a émis vers 13 h 30 une ordonnance provisoire interdisant au parti et à ses représentants tout signalement du nombre de votants.

L'intégrité du scrutin a été mise à l'épreuve ailleurs aussi. Dans le Néguev, trois suspects ont été arrêtés en possession d'enveloppes contenant de l'argent et des bulletins du parti arabe Ra'am, destinées selon la police à être distribuées aux électeurs.

Sources : Ynet, Ynet, dossier élections

Hébron, Tel Aviv, Sdérot : la carte électorale d'un pays coupé en deux

Les résultats par localité publiés par Ynet dessinent deux Israël qui ne se parlent plus. À Hébron, où réside la ministre Orit Strock, le Sionisme religieux remporte 63,9 % des voix, devant Otzma Yehudit à 22,7 %, Noam à 5,9 % et le Likoud à 4,6 %. Les partis de Gadi Eisenkot, Naftali Bennett, Avigdor Liberman et Yaïr Golan n'y ont pas obtenu une seule voix.

À l'autre extrémité, Tel Aviv vote massivement pour l'opposition : avec 62 % des voix dépouillées, Yashar d'Eisenkot mène avec 27,8 %, suivi des Démocrates de Golan à 21,7 % et de Beyachad de Bennett à 17,3 %, le Likoud plafonnant à 13,6 %. Jérusalem confirme son poids religieux, Judaïsme unifié de la Torah y arrivant en tête avec 20 % devant le Likoud à 15,1 %.

Les villes du Sud, frappées depuis le 7 octobre, restent fidèles à Netanyahou. À Sdérot, le Likoud obtient 37,8 % et Otzma Yehudit 17,6 %, tandis qu'Ashkelon donne 39,5 % au Likoud. Exception notable au Nord : à Métoula, ville frontalière du Liban, c'est Yashar qui prend la tête avec 31,1 %. Le tout sur fond de mobilisation record, avec une participation quasi définitive de 77,7 %, la plus élevée depuis 25 ans.

Source : Ynet

650 000 « doubles enveloppes » : le vote des réservistes et des évacués peut encore tout changer

Pendant que les états-majors proclament victoire, le résultat réel reste suspendu à une particularité du système israélien. Jusqu'à 650 000 électeurs ont voté loin de chez eux, parmi lesquels des réservistes et des évacués, soit l'équivalent d'environ 15 sièges susceptibles de modifier la carte des partis. Ces bulletins, glissés dans une double enveloppe, sont comptés à part. Le directeur du centre de contrôle de la Commission électorale, Elad Naveh, a précisé sur Ynet que leur décompte commencerait vers minuit pour s'achever probablement le lendemain soir, et que les résultats ne seraient alors que « quasi définitifs », un contrôle des bureaux devant suivre la semaine prochaine.

Les petites listes jouent leur survie sur ces voix. Après 60,2 % des bulletins comptés, le parti des réservistes de Yoaz Hendel et Yaron Zelekha manquait le seuil d'éligibilité de 19 803 voix, tandis que la liste du général Ofer Winter en était à 54 888 voix et ne devrait pas entrer à la Knesset. Côté présidence, Isaac Herzog devrait entamer des contacts discrets dès les résultats définitifs vendredi, les consultations formelles des partis ne commençant qu'après mercredi prochain. Washington pèse déjà : selon Ynet, l'entourage de Donald Trump veut s'assurer que Netanyahou n'intègre ni Itamar Ben Gvir, ni probablement Bezalel Smotrich dans son prochain gouvernement.

Sources : Ynet, résultats en direct, Ynet

Iran : Washington demande aux pays du Golfe de se préparer à une campagne courte et intense

La nuit électorale israélienne a été doublée d'une information venue de Washington et largement reprise par Maariv, Walla, Mako et Haaretz. D'après le Wall Street Journal, les États-Unis ont prévenu plusieurs pays du Golfe de se tenir prêts à une campagne militaire courte et intense contre l'Iran après les élections américaines de mi-mandat. Le président Trump n'a pas encore tranché, mais pencherait pour une frappe large visant infrastructures et sites nucléaires.

Les préparatifs sont concrets : l'armée américaine fait venir du Texas une batterie Patriot et a évacué des soldats de bases exposées. Selon CNN, cité par Walla, les forces américaines au Moyen-Orient seraient en mesure d'agir dans les 96 heures suivant un ordre présidentiel. En pleine campagne, le ministre de la Défense Israël Katz a tenu à affirmer qu'Israël n'avait jamais eu l'intention de lancer une attaque contre l'Iran avant ses propres élections. Le débat reste vif : Netanyahou estime que face à l'Iran « ce n'est pas encore terminé », tandis qu'Eisenkot l'a sommé de ne pas instrumentaliser la sécurité d'Israël à des fins politiques.

Sources : Walla, Israel Hayom, Ynet

Discover-Tech : une société israélienne aurait traqué les utilisateurs de Starlink dans plus de 100 pays

L'affaire Discover-Tech, déjà accusée mi-octobre d'espionnage par la publicité en ligne, prend une dimension nouvelle. Des chercheurs de TrendAI, filiale du groupe japonais de cybersécurité Trend Micro, ont conclu que la société israélienne était l'une des principales sources de publicités affichées aux utilisateurs de Starlink, vraisemblablement pour les géolocaliser ou les surveiller. Elle aurait été le premier enchérisseur sur le trafic Starlink dans plus de 100 pays, dont plusieurs où le service est interdit ou restreint.

Le mécanisme est redoutablement simple : lors des enchères publicitaires, des données sur l'internaute remontent vers l'acheteur, qui peut les recouper pour lever l'anonymat. Le rapport, qui désignait l'acteur sous le nom de code « Shadow-Earth-79 », relève qu'il était le premier acheteur de publicités en Syrie, en Libye, au Yémen et au Soudan du Sud, des marchés quasi inexistants pour la publicité occidentale. Les chercheurs ont renoncé à nommer publiquement Discover-Tech après des réserves juridiques de leur direction. L'enjeu dépasse le cas d'une entreprise : Starlink, qui contourne les réseaux nationaux, est devenu un outil vital sur les champs de bataille et pour les opposants aux régimes qui coupent internet.

Sources : Jerusalem Post, Calcalist

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