Beit Shemesh : une adolescente de 16 ans tabassée dans un bus pour un sac posé sur un siège

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Beit Shemesh : une adolescente de 16 ans tabassée dans un bus pour un sac posé sur un siège

Par Claudine Douillet

Violence des adolescents en Israël : une lycéenne de 16 ans frappée dans un bus à Beit Shemesh pour une place assise, un garçon roué de coups à un arrêt à Petah Tikv

Israël : bus, arrêts, rues, la violence des mineurs explose et choque le pays
« Ma fille aurait pu être tuée » : l'agression d'une lycéenne dans un bus de Beit Shemesh bouleverse Israël

Une lycéenne de 16 ans a été frappée à la tête par un groupe de filles dans un bus de Beit Shemesh, dimanche 18 octobre, pour une simple place assise. Trois jours plus tôt, un garçon de 15 ans était roué de coups à un arrêt de bus de Petah Tikva. Deux scènes filmées, deux familles sous le choc, et un pays qui découvre l'ampleur de la violence de ses adolescents.

Un sac posé sur un siège, et tout bascule

Tout part d'un geste banal. Dimanche 18 octobre 2026, A., 16 ans, monte dans un bus à Beit Shemesh, à l'arrêt proche de son établissement scolaire. Son sac est posé sur le siège voisin. Selon sa mère, Topaz, interrogée par Ynet, d'autres filles voulaient cette place. A. s'apprêtait à déplacer son sac lorsque l'une d'elles l'a prise à partie, l'a insultée et a commencé à toucher ses affaires. L'adolescente a repoussé sa main. En quelques secondes, la dispute a dégénéré.

D'autres filles se sont jointes à l'agression. D'après le récit de la famille rapporté par la chaîne N12, près d'une vingtaine d'adolescentes auraient participé aux coups. Les images, filmées dans le bus et largement diffusées sur les réseaux sociaux, montrent la lycéenne blessée à la tête, le visage en sang. Son père affirme qu'on lui a ouvert le crâne avec un téléphone portable. A. a été prise en charge médicalement et a dû recevoir des points de suture.

« Ce qui a été fait à ma fille, c'est un lynchage »

La mère n'emploie pas le mot à la légère. Pour elle, ce qui s'est produit dans ce bus n'est rien d'autre qu'un lynchage. Elle raconte avoir reçu un appel vidéo depuis le téléphone de sa fille. C'est une passagère adulte qui a répondu, et derrière elle, Topaz a aperçu son enfant ensanglantée. Elle est aussitôt sortie dans la rue pour retrouver les agresseuses.

Aujourd'hui, A. souffre surtout de douleurs et n'a pas encore pris la mesure de ce qu'elle a vécu. Elle a peur de reprendre le bus. Ses parents assurent qu'elle ne retournera pas en classe aux côtés des jeunes filles impliquées.

La famille dénonce également une tentative de renversement des rôles. Selon la mère, celle de l'agresseuse principale, au lieu de présenter des excuses, chercherait à faire croire que c'est A. qui a attaqué la première. La vidéo, estime Topaz, parle d'elle-même.

Le chauffeur mis en cause, une plainte déposée

La colère des parents vise aussi le conducteur du bus. D'après la mère, des passagers lui ont crié de s'arrêter pendant l'agression, mais il a poursuivi sa route sans intervenir ni appeler la police. La famille a donc déposé plainte au commissariat de Beit Shemesh contre les agresseuses, mais aussi contre le chauffeur.

La police israélienne indique qu'une enquête a été ouverte dès réception de la plainte, que des témoignages ont été recueillis et que d'autres actes d'enquête sont en cours. Le ministère de l'Éducation dit considérer l'incident avec une grande gravité. L'élève blessée bénéficie d'un accompagnement professionnel, les jeunes filles impliquées font l'objet d'une procédure disciplinaire, et des discussions sur la prévention de la violence ont été organisées dans toutes les classes de l'établissement.

Petah Tikva : roué de coups à un arrêt, « sans aucune raison »

Trois jours plus tôt, jeudi 15 octobre, une autre scène a frappé Petah Tikva. Un adolescent de 15 ans attendait le bus avec un ami à un arrêt du secteur Yakhin-BSR. Selon le récit de sa mère, publié par le site d'information local Petah Tikva News, un garçon a soudain donné un coup de tête dans le ventre de son camarade. Lorsque l'adolescent a demandé pourquoi, une bande de jeunes a surgi en moins d'une minute et l'a frappé à coups de poing.

Sa mère décrit une violence gratuite et d'une brutalité terrible. Elle affirme que son fils aurait pu être tué et qu'il ne doit son salut qu'à un passant qui s'est interposé. Elle accuse la police de ne rien faire. Celle-ci n'avait pas encore réagi lors de la publication.

Une série noire qui ne cesse de s'allonger

Ces deux agressions ne sont pas des cas isolés. À Petah Tikva déjà, en juin dernier, un adolescent de 15 ans avait été encerclé rue Jabotinsky par des jeunes âgés de 14 à 17 ans, frappé à coups de poing et de pied, puis hospitalisé à Beilinson avec des blessures à la tête, aux côtes et à la main. Les agresseurs avaient filmé la scène et diffusé les vidéos dans les groupes de messagerie de leur école. Ses parents dénonçaient alors des jeunes qui transforment la souffrance d'un autre en contenu pour réseaux sociaux, au lieu de lui porter secours.

Les transports publics sont devenus l'un des théâtres privilégiés de cette violence. Les syndicats de chauffeurs multiplient les alertes depuis des mois. En décembre 2025, un conducteur de Jérusalem a eu le bras cassé par des adolescents. Quelques semaines plus tôt, à Netanya, un chauffeur de 70 ans avait été poignardé en plein service, selon les soupçons de la police, par deux garçons de 15 ans. Selon un décompte rapporté par Ynet, au moins deux chauffeurs de bus sont agressés chaque jour en Israël, et une enquête citée par Calcalist indique que plus de la moitié des conducteurs du transport public ont déjà subi une agression physique.

Des parents qui ont peur d'éduquer

Au delà de l'enquête, la mère de la lycéenne de Beit Shemesh a lancé un appel qui résonne bien au delà de sa ville. Elle se dit horrifiée et sous le choc, et rappelle que ce type de drame peut arriver partout. Son message s'adresse directement aux parents : cesser d'avoir peur de leurs enfants. C'est aux adultes d'éduquer les jeunes, et non l'inverse. Le désir d'être l'ami de ses enfants, insiste-t-elle, ne peut pas passer avant le devoir de les éduquer. Pour elle, la violence filmée dans ce bus est le résultat direct de parents qui veulent être des copains avant d'être des parents.

Une question de société posée à tout Israël

Bus, arrêts, centres commerciaux, cours d'école : la violence des mineurs gagne tous les espaces du quotidien, et la caméra du téléphone en est devenue le prolongement. Les vidéos choquent l'opinion, mais elles exposent aussi la lenteur des réponses. Les familles réclament des sanctions rapides, une présence policière renforcée et un véritable engagement du système éducatif. Les enquêtes ouvertes à Beit Shemesh et à Petah Tikva diront si les agresseurs seront poursuivis. En attendant, une lycéenne n'ose plus monter dans un bus, et un adolescent a appris qu'attendre à un arrêt peut coûter très cher.

Une lycéenne de 16 ans frappée dans un bus à Beit Shemesh pour une place assise, un garçon roué de coups à un arrêt à Petah Tikva : la violence des adolescents choque Israël.

Sources :
Ynet, agression dans un bus à Beit Shemesh

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