Netanyahou dans un viseur : une militante étrangère arrêtée près d'Hébron et menacée d'expulsion

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La police israélienne a arrêté mardi soir, dans la région du mont Hébron, une militante étrangère soupçonnée de soutenir Addameer, organisation classée terroriste par Israël. Une vidéo tournée hors d'Israël la montre vêtue d'un t-shirt où Benjamin Netanyahou apparaît dans le réticule d'un viseur de tireur d'élite. Elle a été remise ce mercredi matin à l'Autorité de la population et de l'immigration, qui examine son expulsion.

Par Claudine Douillet I 14 octobre 2026

Une arrestation préparée par le renseignement policier

L'affaire, révélée ce mercredi 14 octobre par le quotidien Maariv sous la plume d'Alon Hakmon, commence bien avant l'interpellation. Le bureau des étrangers de l'unité centrale de la police du district de Judée-Samarie s'est intéressé à cette ressortissante étrangère après avoir relevé des indices de soutien à l'organisation Addameer. Les enquêteurs ont mené un travail de renseignement et passé au crible ses publications sur les réseaux sociaux.

La police n'a communiqué ni son nom, ni son âge, ni sa nationalité. Elle a été arrêtée mardi soir par des policiers du commissariat d'Hébron, puis conduite en interrogatoire.

Le Premier ministre dans la ligne de mire

C'est une vidéo qui a fait basculer le dossier. Tournée à l'étranger, elle montre la militante portant un t-shirt imprimé du portrait de Benjamin Netanyahou, avec un marquage semblable à celui d'une lunette de tir pointé sur sa tête et sur son corps. Pour la police, cette image constitue une incitation contre le chef du gouvernement en exercice.

En Israël, ce type de représentation n'a rien d'anodin. Le pays garde en mémoire le climat de haine qui avait précédé l'assassinat d'Yitzhak Rabin en novembre 1995, lorsque des photomontages visant le Premier ministre circulaient dans des manifestations. Depuis, la frontière entre critique politique et désignation d'une cible est surveillée de près par les autorités.

Addameer, une ONG classée terroriste depuis 2021

Addameer se présente comme une association de soutien juridique aux prisonniers palestiniens. En octobre 2021, le ministère israélien de la Défense l'a inscrite, avec cinq autres organisations palestiniennes, sur la liste des organisations terroristes. Israël l'accuse de servir de façade au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), mouvement armé responsable de nombreux attentats, et de contribuer à son financement par le biais de fonds destinés à l'aide humanitaire.

Cette décision a été contestée par plusieurs gouvernements européens, qui ont affirmé en 2022 ne pas avoir reçu d'éléments suffisants pour revoir leur coopération avec ces ONG. Israël maintient sa position et considère tout soutien à ces structures comme un appui à une organisation terroriste.

Génocide et « camps de concentration » en interrogatoire

Selon la police, la suspecte a tenu pendant son audition un discours violemment hostile à Israël, l'accusant notamment de commettre un génocide. Elle aurait expliqué être venue dans le pays pour effectuer un stage au sein d'Addameer et apporter une aide juridique aux détenus palestiniens, qu'elle a décrits comme enfermés dans des « camps de concentration ».

L'emploi de ce terme, qui renvoie directement à la Shoah, illustre un vocabulaire devenu courant dans certains milieux militants depuis le 7 octobre 2023. Il assimile l'État juif aux bourreaux nazis et alimente un discours que de nombreux observateurs rangent dans l'antisémitisme contemporain.

Vers une expulsion et une interdiction de territoire

À l'issue de son interrogatoire, la militante a été placée en détention. Ce mercredi matin, elle a été transférée à l'Autorité de la population et de l'immigration, qui doit l'entendre lors d'une audition préalable. L'objectif affiché est son expulsion d'Israël et une interdiction d'y revenir. Aucune décision définitive n'avait été prise à la mi-journée et la procédure se poursuit.

160 militants refoulés et plus de 60 expulsés depuis janvier

La police inscrit cette arrestation dans une action plus large menée par le district de Judée-Samarie contre les militants étrangers qui se rendent dans la région pour participer à des points de friction et à des troubles à l'ordre public. Depuis le début de l'année 2026, 160 activistes étrangers se sont vu refuser l'entrée en Israël et plus de 60 autres ont été expulsés.

Le bureau des étrangers de l'unité centrale du district a pour mission d'empêcher ces militants d'atteindre les zones de tension. Leur présence est régulièrement dénoncée par les autorités, qui y voient un facteur d'escalade et parfois un appui logistique ou médiatique à des organisations hostiles.

« Une ligne a été franchie »

Cité par Maariv, le responsable policier Pinchi souligne le caractère exceptionnel du dossier. Selon lui, au-delà du soutien et de l'identification au terrorisme, il y a ici une incitation visant un Premier ministre israélien en fonction, ce qu'il qualifie de franchissement d'une ligne rouge.

Pour les autorités israéliennes, l'affaire montre que l'engagement militant de certains étrangers ne se limite plus au terrain humanitaire affiché, mais peut glisser vers la légitimation de la violence contre les dirigeants du pays.

Source : Maariv, Alon Hakmon, 14 octobre 2026. Photo : porte-parole de la police israélienne.

Une militante étrangère liée à Addameer arrêtée près d'Hébron pour un t-shirt montrant Netanyahou dans un viseur. Israël envisage son expulsion.

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