Ambassade de Colombie à Jérusalem : et que la fête commence ! Un carnaval qui interpelle

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Ambassade de Colombie à Jérusalem : et que la fête commence ! Un carnaval qui interpelle

La Colombie ouvre son ambassade à Jérusalem. Pour fêter l'événement, le ministère israélien des Affaires étrangères a engagé une société de production extérieure.

Par Claudine Douillet I 14 octobre 2026

Le ministère israélien des Affaires étrangères célèbre ce mercredi l'ouverture de l'ambassade de Colombie à Jérusalem par une soirée façon carnaval latino. Fait inhabituel, il a confié l'organisation à une société de production extérieure. La facture se chiffre en dizaines de milliers de shekels, et des diplomates du ministère contestent la dépense.

Une dixième ambassade dans la capitale d'Israël

La Colombie inaugure ce mercredi 14 octobre son ambassade à Jérusalem, dans des bureaux de la rue Rabbi Akiva, en plein centre de la ville. Elle devient la dixième représentation diplomatique étrangère installée dans la capitale israélienne. La cérémonie se tient en présence du ministre colombien des Affaires étrangères, Omar Bula Escobar, venu spécialement en Israël, et de son homologue israélien Gideon Saar.

Arrivé mardi, le chef de la diplomatie colombienne a été accueilli par l'ambassadrice d'Israël en Colombie, Vivian Aisen. Sur X, elle a salué une visite appelée selon elle à renforcer l'amitié et la coopération entre les deux pays, avant de conclure en espagnol : « ¡Israel y Colombia, siempre unidas! ».

L'ouverture de l'ambassade était attendue. Ce que révèle le journaliste Itamar Eichner dans le quotidien Ynet, c'est la manière dont Jérusalem a choisi de la fêter.

Un carnaval latino confié à un prestataire extérieur

Le soir venu, le ministère organise dans ses locaux une réception présentée en interne comme particulièrement festive, dans l'esprit d'un carnaval latino-américain. Autour des deux ministres sont attendus des maires, des entrepreneurs actifs en Colombie, des diplomates étrangers et de nombreux invités.

D'ordinaire, les événements du ministère des Affaires étrangères sont produits par ses propres services. Cette fois, il a engagé une société de production extérieure, pour un montant de plusieurs dizaines de milliers de shekels. Selon Ynet, l'échelon professionnel du ministère a même été tenu à l'écart du contenu de la soirée.

Des diplomates sceptiques sur les économies annoncées

Interrogé, le ministère a refusé de révéler la somme versée au prestataire. Il soutient au contraire que ce choix a permis de faire baisser les coûts des fournisseurs. Des responsables du ministère cités par Ynet mettent en doute cet argument et ne voient pas comment un producteur extérieur rendrait la cérémonie moins chère.

Dans sa réponse officielle, le ministère explique qu'il recourt ponctuellement à des services de conseil et de production, selon les besoins et des critères professionnels. Un consultant expérimenté, fait-il valoir, permet de coordonner les aspects administratifs d'un événement complexe et de négocier les prix.

Israël veut entraîner d'autres capitales latino-américaines

Pour le ministère, la soirée dépasse la simple fête. Il la présente comme une pièce d'un mouvement diplomatique de grande ampleur destiné à renforcer la place d'Israël en Amérique latine, et comme un moyen d'inciter d'autres pays à transférer à leur tour leur ambassade à Jérusalem.

Cet effort ne se limite pas aux réceptions. Comme pour la plupart des pays qui se sont installés dans la ville, c'est le ministère israélien qui finance la location du bâtiment occupé par la Colombie, afin d'encourager le déménagement.

De la rupture sous Petro au rapprochement avec De la Espriella

Le symbole est d'autant plus fort que la relation revient de loin. Sous la présidence de Gustavo Petro, Bogota avait rompu ses relations diplomatiques avec Israël en mai 2024 et multiplié les accusations contre l'État hébreu pendant la guerre à Gaza.

Le ministère israélien salue désormais la Colombie du président Abelardo de la Espriella, qui fait selon lui preuve d'une amitié courageuse envers Israël à travers une série de décisions, après les années difficiles de son prédécesseur. Gideon Saar et Omar Bula Escobar s'étaient déjà rencontrés à Washington cet été, alors que ce dernier n'était encore que ministre désigné.

Une question reste sans réponse

Pour Jérusalem, chaque nouvelle ambassade dans la capitale est une victoire diplomatique, et celle de la Colombie, après des années de rupture, a une portée particulière. La polémique sur le carnaval reste modeste au regard de l'enjeu. Mais une question demeure : combien a coûté la fête. Tant que le chiffre n'est pas publié, l'argument des économies reste invérifiable.

Source : Ynet, Itamar Eichner

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