Argent de poche : ce que les enfants israéliens enseignent aux adultes sur l'épargne -vidéo-

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Argent de poche : ce que les enfants israéliens enseignent aux adultes sur l'épargne -vidéo-

Une enveloppe de 50 shekels, une envie irrésistible et une question toute simple : que feriez-vous de cet argent ? Dans un pays où les enfants grandissent connectés en permanence, exposés aux tendances et aux achats en un clic, leurs réponses bousculent les idées reçues sur la génération Z israélienne et l'argent.

Un site organisé par la Banque Hapoalim, baptisé Junior City, a servi de terrain d'observation grandeur nature. Objectif : comprendre comment les enfants et préadolescents israéliens raisonnent réellement lorsqu'il s'agit de leur propre argent, loin des injonctions parentales habituelles. Le résultat surprend par sa maturité.

Cinquante shekels, mille façons de choisir

La première question posée aux jeunes participants était d'une simplicité désarmante : que feriez-vous de 50 shekels qui vous appartiennent en propre ?
Les réponses ont immédiatement dessiné deux tempéraments opposés. Niko Friedman, neuf ans et demi, savait exactement quoi acheter : un tee-shirt.
Ariel Cohen, douze ans, comptait filer vers le magasin PlayStation pour voir ce que son budget lui permettait.
D'autres, à l'inverse, ont choisi de ne rien dépenser du tout. Arbel Bardugo, huit ans et demi, préférait garder la somme "dans la tirelire, pour quelque chose de spécial", tandis que Lorin Dan, douze ans, avait déjà un objectif précis en tête : économiser en vue d'un voyage à Eilat.

Quand il manque trente shekels

Le dilemme suivant se corsait un peu. Un objet convoité coûte 130 shekels, mais il n'en reste que 100 en poche. Que faire ? Arbel optait pour la patience : attendre d'avoir gagné exactement la somme manquante avant d'acheter. Alin Dan, treize ans, proposait deux issues : patienter jusqu'à la prochaine occasion ou demander un complément aux parents. Interrogé sur ce qu'il préférait entre 100 shekels immédiats et 120 shekels dans une ou deux semaines, Ariel a résumé tout le principe de la gratification différée en trois mots : "la patience rapporte davantage".

Cette phrase mérite qu'on s'y arrête. Les enfants d'aujourd'hui grandissent dans un monde où tout, ou presque, est instantané : un film à regarder, un jeu à télécharger, un produit à commander en un clic. C'est précisément dans cet environnement que la capacité d'attendre devient une compétence financière à part entière.

"Tout le monde en a" ne suffit plus comme argument

Réseaux sociaux, influenceurs et effet de groupe exposent les enfants à un flux constant de tentations d'achat. À la question de savoir si le fait que tous leurs amis possèdent un objet les oblige eux-mêmes à l'acquérir, les réponses ont surpris par leur discernement.
Une adolescente a répondu que si l'objet ne lui convenait pas, elle ne l'achèterait pas, mais que s'il lui plaisait vraiment, elle le ferait pour elle-même, non par mimétisme. Ariel s'est montré un peu plus nuancé : pas forcément, sauf s'il en avait vraiment envie au point de ne plus pouvoir s'en passer.

Le regret aussi fait partie de l'apprentissage

Que se passe-t-il lorsqu'un achat déçoit ? Interrogée sur ses éventuels regrets, Arbel avait déjà tiré sa propre règle pour l'avenir : d'abord vérifier si l'envie est réelle, plutôt que de dépenser pour des choses superflues. Une autre participante, visiblement marquée par l'expérience, confiait avoir compris qu'il fallait réfléchir bien davantage avant chaque achat.

Peut-être faut-il, ici aussi, changer légèrement de discours. L'objectif n'est pas qu'un enfant ne "gaspille" jamais son argent ou ne prenne jamais une mauvaise décision. Au contraire : lorsque les sommes sont modestes et que la décision leur appartient, le regret lui-même devient une leçon pour l'avenir. On achète, on est déçu, et la prochaine fois, on réfléchit un peu plus longtemps avant de sortir son argent.

Et quand l'argent est vraiment le leur ?

Interrogés sur une éventuelle épargne dirigée vers un objectif précis, les enfants ont révélé qu'il n'était pas toujours nécessaire de connaître ce but à l'avance. Arbel épargnait sans savoir exactement pourquoi, en expliquant qu'un anniversaire approchant lui apporterait sans doute de l'argent, qu'elle mettrait de côté jusqu'à ce qu'une envie spéciale se présente.
Ariel, lui, gardait systématiquement une réserve, au cas où un livre tant attendu sortirait un jour.
Une autre fillette avait transformé l'épargne en habitude : chaque mois, lorsque ses parents lui versaient 150 shekels sur sa carte jeunesse, elle leur demandait de les orienter directement vers une option d'épargne.

Ce sont précisément ces moments qui permettent de transformer le discours sur l'argent, de le faire passer d'une série d'interdictions telles que "ne gaspille pas", "économise" ou "c'est trop cher", à une véritable expérience vécue : donner un budget aux enfants, les laisser choisir, leur permettre d'épargner pour un but et aussi d'assumer des décisions parfois imparfaites.

Plutôt que "non", parler du "comment"

Les enfants eux-mêmes ont déjà mis au point des stratégies de négociation avec leurs parents. Chez Niko et Arbel, la méthode classique fonctionne toujours : supplier.
Alin, treize ans, propose une approche différente, expliquer aux parents pourquoi elle a réellement besoin ou envie de l'objet, ou négocier un partage moitié-moitié. Niko, de son côté, avait une solution radicale en cas de refus parental : demander à ses parents d'acheter l'objet directement avec son propre argent.

Plutôt que de clore chaque discussion par un "oui" ou un "non" définitif, il est possible de renvoyer une partie de la question aux enfants eux-mêmes : à quel point cet objet compte-t-il vraiment pour toi ? Combien es-tu prêt à mettre de ta poche ?
Et si tu l'achètes, à quoi devras-tu renoncer en échange ? Une gestion adaptée de l'argent de poche, associée à un suivi des dépenses, des rentrées et de l'épargne, peut permettre aux plus jeunes d'apprivoiser très tôt la dynamique de l'argent, et de devenir, demain, des adultes plus responsables.

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