Chypre, l'eldorado des Israéliens : Pourquoi un tel attachement des Israéliens pour Chypre

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Chypre, l'eldorado des Israéliens : Pourquoi un tel attachement des Israéliens pour Chypre

Un touriste israélien sur cinq séjournait à Chypre en juillet dernier. Selon les derniers chiffres de l'office chypriote de statistique, il est aussi celui qui dépense le plus, avec une moyenne journalière de 174,27 euros, devant tous les autres pays recensés.

Un record de dépenses confirmé par les statistiques officielles

Les nouvelles données publiées par le service central de statistique de Chypre livrent un enseignement sans appel. En juin, le touriste israélien a dépensé en moyenne 174,27 euros par jour sur l'île, un montant supérieur à celui de toutes les autres nationalités pour lesquelles des données fiables ont été communiquées. À titre de comparaison, un touriste polonais dépense 84,37 euros par jour et un Britannique 103,98 euros. Même les Norvégiens, pourtant bien placés dans ce classement avec 143,28 euros quotidiens, restent loin derrière les visiteurs israéliens.

Des séjours courts mais intenses

Cette dépense journalière élevée ne raconte cependant qu'une partie de l'histoire.
Les touristes israéliens ne restent à Chypre que 3,9 jours en moyenne en juin, contre 8,2 jours pour l'ensemble du marché touristique de l'île.
La dépense totale par séjour s'établit donc à 679,65 euros, un montant en réalité inférieur à la moyenne générale de 863,62 euros par touriste, toutes nationalités confondues. Autrement dit, les visiteurs israéliens dépensent vite et beaucoup, mais sur un temps très court, ce qui correspond au profil d'une escapade plutôt qu'à celui d'un long séjour.

L'écart avec d'autres nationalités reste néanmoins spectaculaire. Le touriste israélien dépense près de trois fois plus qu'un Américain, dont la moyenne journalière atteint 62,17 euros, plus du double d'un Grec, à 76,63 euros, et près de deux fois et demie plus qu'un Finlandais, à 70,73 euros.

Une présence israélienne en forte progression

Le rapport chypriote révèle également l'ampleur de la présence israélienne sur l'île.
En juin, 80 343 touristes israéliens ont foulé le sol chypriote, soit 16,4 % de l'ensemble des visiteurs, plaçant Israël au deuxième rang des marchés émetteurs, juste derrière le Royaume-Uni. En juillet, cette présence s'est encore renforcée avec 119 293 Israéliens recensés, soit 20,5 % de la fréquentation totale de l'île. Concrètement, environ un touriste sur cinq présent à Chypre au mois de juillet était israélien.

Pour mesurer la progression, il suffit de comparer avec l'année 2025 dans son ensemble, où les Israéliens représentaient 13 % des touristes de l'île, soit environ un visiteur sur huit. Israël occupait déjà la deuxième place des marchés touristiques chypriotes, derrière le Royaume-Uni. Le bond enregistré cet été illustre le poids grandissant de la clientèle israélienne dans l'économie touristique chypriote pendant la haute saison.

Pourquoi un tel attachement des Israéliens pour Chypre

Cette affinité n'a rien d'un hasard statistique. Chypre est la destination étrangère la plus proche d'Israël accessible en avion, avec des vols directs de moins d'une heure depuis Tel-Aviv, ce qui en fait une escapade de week-end idéale pour des vacanciers disposant de peu de jours. L'île bénéficie aussi d'une entrée sans visa pour les citoyens israéliens, d'un décalage horaire nul et d'un climat méditerranéen très semblable à celui d'Israël, ce qui limite les frictions logistiques d'un séjour éclair.

S'y ajoute un facteur religieux et communautaire important. Larnaca et Paphos abritent des synagogues actives et une infrastructure casher bien développée, ce qui rassure une partie de la clientèle religieuse israélienne, notamment lors des fêtes juives où de nombreux hôtels proposent des offres spécifiques. Chypre a également profité, ces dernières années, de la baisse de fréquentation israélienne vers certaines destinations jugées moins sûres ou plus coûteuses, renforçant son statut de valeur refuge régionale.

Enfin, le pouvoir d'achat relativement élevé du touriste israélien, combiné à une propension à consommer rapidement pendant un séjour court, explique ce paradoxe apparent d'une dépense journalière record mais d'une dépense totale inférieure à la moyenne du marché.
Ce comportement de consommation, souvent qualifié localement de "fast and generous", façonne désormais une part significative de l'économie touristique de l'île durant les mois d'été.

Une économie touristique chypriote en repli malgré tout

Sur le plan macroéconomique, les recettes touristiques de Chypre se sont élevées à 423,1 millions d'euros en juin, une progression minime de 0,2 % par rapport à juin de l'année précédente. Sur l'ensemble du premier semestre 2026, ces recettes atteignent 1,22 milliard d'euros, en recul de 11,4 % par rapport à la même période l'an dernier. La hausse de la présence israélienne ne suffit donc pas, à elle seule, à compenser un ralentissement plus large du secteur.

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