Polémique maigreur en Israël : le mannequin Eden Pines brise le silence

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Polémique maigreur en Israël : le mannequin Eden Pines brise le silence

Le mannequin israélien Eden Pines, 29 ans, a répliqué avec force dimanche soir aux critiques visant sa silhouette, dénonçant un déferlement qui transforme les troubles alimentaires en simple ragot people.

Une polémique née de photos de vacances

Tout est parti de clichés publiés par Eden Pines depuis Paris, où le mannequin de 29 ans passait des vacances. Ces images, montrant une silhouette particulièrement mince, ont suscité une vague de commentaires sur les réseaux sociaux, relayés notamment par le photographe et militant social Adi Barkan puis par la star de téléréalité Liat Belo. Face à l'ampleur de la controverse, Eden Pines a choisi de répondre directement, dans une vidéo publiée sur son compte Instagram.

Le déclencheur : un post du photographe Adi Barkan

C'est Adi Barkan qui a lancé le débat en publiant un message où il évoquait le passé d'Eden Pines, rappelant qu'elle avait déjà parlé publiquement de troubles alimentaires traversés par le passé. Il écrivait espérer que son mariage récent aurait apaisé son stress et que le bonheur conjugal aurait, selon ses mots, « ouvert l'appétit ». Le message se terminait par un message de soutien adressé à ses abonnées.

Liat Belo entre dans le débat

La star de téléréalité Liat Belo, connue pour son passage dans l'émission « Hadognaniot » (Les Mannequins), a ensuite pris la parole pour dénoncer ce qu'elle appelle une culture qui sacralise la maigreur extrême. Elle-même confie avoir traversé des troubles alimentaires, avoir été hospitalisée et continuer à y faire face aujourd'hui. Selon elle, les adolescentes qui voient ce type d'images n'y perçoivent pas une simple question de génétique, mais un objectif à atteindre coûte que coûte. Elle a appelé à cesser de glorifier la minceur pour valoriser la santé, rappelant que les troubles alimentaires comptent parmi les maladies psychiques aux taux de mortalité les plus élevés.

La réponse d'Eden Pines : « Mon corps n'est pas un sujet »

Dans sa vidéo de réponse, Eden Pines n'a pas mâché ses mots. Elle a d'abord ironisé sur le fait que ce soit justement quelqu'un qui parle d'idéal de beauté qui s'estime en droit d'analyser le corps d'une femme qui ne lui a rien demandé. Selon elle, « celui qui ressent le besoin de juger le corps d'une autre personne en dit bien plus sur lui-même que sur la personne en face de lui ».

Elle poursuit en s'étonnant de la facilité avec laquelle certains se permettent de diagnostiquer un état médical ou psychologique à partir d'une seule photo ou d'une vidéo de quelques secondes. Pour elle, les troubles alimentaires sont un sujet réel, complexe et douloureux, et les utiliser comme hypothèse ou comme ragot sur une autre personne ne relève ni de la sensibilisation ni de l'aide. Elle y voit au contraire une banalisation d'un sujet qui mériterait un traitement professionnel et sensible, et non un titre accrocheur balancé au passage.

« La body shaming ne se mesure pas au sens de l'aiguille sur la balance »

Eden Pines a livré l'une des formules les plus marquantes de sa réponse : le body shaming ne se mesure pas à la direction que prend l'aiguille de la balance, mais commence au moment où une personne estime avoir un droit de regard sur le corps d'une autre. Elle rappelle qu'elle est, elle aussi, un être humain, avec une âme et des émotions, avant d'ajouter, non sans ironie, que celles qui souffrent de troubles alimentaires ne sont pas nécessairement des femmes minces.

Un appel à ne plus commenter le corps des femmes

Le mannequin demande que l'on cesse purement et simplement de commenter le corps d'une femme, qu'elle soit mince ou plus enveloppée. Selon elle, chaque femme a le droit fondamental d'exister en paix dans son propre corps, et si elle n'y est pas encore parvenue, d'être au moins en chemin vers cette paix, sans qu'une seule personne ne puisse ébranler toute sa confiance en une seconde. Elle affirme aller bien elle-même, ayant développé au fil des années une peau d'éléphant et donc savoir résister aux attaques.
Mais elle s'inquiète pour une autre fillette, assise devant son écran, qui suivrait aujourd'hui ce déferlement de publications, et se demande comment elle terminerait sa journée si ces attaques la visaient elle.

« Je m'aime plus que jamais »

Eden Pines confie traverser une période où elle s'aime plus que jamais, se sentant enfin en paix avec elle-même et ayant appris, pour la première fois depuis longtemps, à se sentir chez elle dans son propre corps, un cheminement qu'elle décrit comme loin d'avoir été simple. Elle conclut en estimant que ce sont précisément ces réactions et ce type de débat public qui réveillent des démons et rouvrent des fissures qu'elle avait pourtant recouvertes de ciment depuis longtemps, rappelant que même lorsqu'on croit avoir appris à s'aimer, des mots peuvent suffire à nous ramener à des moments que l'on pensait révolus.

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